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payés par les dix départements dévastés s’élevaient déjà au chiffre respectable de 3 milliards. Les statistiques précédentes prouvent que la France n’a rien perdu de ses qualités traditionnelles, c’est surtout l'étranger qui s’est étonné d’un relèvement économique aussi rapide.
Cette œuvre de renaissance économique a été dirigée et accélérée par le ministère de Régions libérées dont l’administration centrale a été organisée par le décret du 19 février 1920 ; le ministère comprenait un contrôle administratif ayant mission de vérifier les travaux d'évaluations des 700 commissions cantonales, un contrôle financier chargé de la tenue des comptes individuels de chaque sinisiré, enfin de nombreux services divers tels que les cessions de dommages, travaux agricoles, coopératives de reconstruction, etc., etc.
En 1923 la première étape des travaux, c’est-à-dire l'évaluation des dommages était atteinte, au 17 septembre 1923 861.000 décisions étaient rendues correspondant à 62 milliards de francs, 442.000 étaient en instance soit environ 22 milliards ; en cette même année 66 milliards environ furent dépensés. Ces quelques chiffres suffisent à montrer la cadence à laquelle s’opérait l’œuvre salutaire de reconstitution, cependant il ne faudrait pas se hâter de conclure et de porter un jugement trop optimiste sur l’œuvre administrative en cette matière ; nous aurons l’occasion de voir plus loin comment trop souvent, parfois à mesure que les caisses du Trésor se vidaient,l’administration usa de pratiques restrictives, parfois même illégales pour le plus grand détriment de la saine application de la loi. De là surtout vinrent les doléances des con- -tribuables saignés à blanc et les lamentations de nombreux sinistrés lésés.
Dans le chapitre IT de notre deuxième partie nous aurons loccasion de relever les principaux abus reprochés à l’administration, abus qui se firent sentir surtout à partir de 1922.