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nombre de cinq : les chevaux, les bovins, les fromages, les tulles et les dentelles. Or, malgré ces spécialisations qui devaient si cruellement nous atteindre, nos importations en Allemagne ont augmenté pour les chevaux ; elles ont augmenté aussi pour les fromages. Elles sont restées stationnaires pour les bovins. Enfin, si l'on peut constater une diminution pour les tissus de soie, il convient de remarquer que pour la moyenne des lulles, dentelles et tissus, les chiffres sont à peu près toujours les mêmes. En second lieu, il est assez compréhensible que dans un pays aussi protectionniste que l'Allemagne, on s’irrite de cette altitude de la France, refusant obstinément toute concession sur son tarif minimum el profitant malgré tout, en vertu de la clause de la nation la plus favorisée, des avantages consentis, au prix de sacrifices parfois considérables, dans les lraités de commerce passés avec l'étranger.
M. Luzzati disait à ce propos dans une interview du Temps (29 avril 4905) : «Jusqu'ici l'Europe a travaillé pour la France, car la France, bénéficiant de la clause de la nation la plus favorisée, a fini par jouir sans compensation des adoucissements réciproques que les Etats d'Europe ont introduits dans les tarifs généraux et conventionnels.
» Cependant, d’une part, l'isolement de la France ôte à ce grand pays toute action hégémonique dans les échanges commerciaux, d'autre part, si elle voulait profiter de sa situation privilégiée pour augmenter ses droits de douane, elle pourrait provoquer des représailles que la sagesse politique de l’Europe a empêché jusqu'ici de s’exercer dans les dérniers arrangements...»
En dehors des spécialisations, on a reproché à divers pays l'emploi de certaines habiles manœuvres pour se défendre contre nos importations.
La Suisse était, nous l'avons vu, au premier rang des nations visées, pour sa taxation au poids brut et son système du poids arrondi.
Faisons tout d’abord remarquer que le mode de perception des taxes douanières en vigueur dans ce pays ne constitue point un procédé arbitraire; il est déterminé dans tous ses
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détails par la loi fédérale. En second lieu, il ne faut pas oublier que, même en tenant compte de ces aggravations, le taux moyen de protection perçu par la Suisse sur nos importations ne s'élève qu'à 4 1/2 pour 100, tandis que nous percevons du 8 pour 400 sur les marchandises que nos voisins envoient chez nous.
Cependant il faut reconnaitre que certaines des manœuvres dénoncées sont vraiment critiquables. Mais on peut se demander si la France a toujours eu de son côté une politique à l'abri de toute critique. À ses protestations d'aujourd'hui contre linterdiction de l'entrée de nos fourrages et de notre bétail dans la Grande-Bretagne, par exemple, ne pourrait-on pas répondre par le rappel des prohibilions sanitaires prises par elle pour les besliaux et maintenues alors que tout danger depuis longtemps était écarté?
En tous cas, le remède au mal dénoncé ne peut être dans une aggravation de nos tarifs. Sans doute, en repoussant les produits étrangers, nous portons préjudice à nos rivaux; mais nous nous nuisons doublement; nous diminuons par ce fait la puissance d'achat des pays contre lesquels nous nous défendons et qui, nous vendant moins, nous achèterons moins; nous nous condamnons enfin à payer plus cher les matières ou marchandises dont nous ne pouvons nous passer.
En présence de mesures arbitraires, l'intervention habile et soutenue de notre diplomatie sera le plus souvent suivie de résullats heureux. Mais la solution vraiment désirable, la solulion d’un avenir prochain, souhaitons-le, serait dans la réunion de conférences internationales ayant pour but une certaine unification dans l'application des tarifs des différentes nations et dans la constitution d’un tribunal permanent, où seraient portés les conflits douaniers que pourraient provoquer des mesures injustes et vexatoires.
QE