‹ La Révision Douanière Du 30 Mars 1910Chapitre 33 sur 60 · MEN · texte numérisé non relu

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appels incessants et finalement abusifs au bas de laine français ». Paroles accueillies, constate le Journal Officiel, par des « Très bien, Très bien » sur de nombreux bancs (1).

M. Méline se fit lui aussi en maintes circonstances le défenseur de cette thèse: « C’est l'étranger qui paie les droits de douane », déclarait-il à la tribune de la Chambre, le 28 février 1908. Bismarck, Chamberlain n’ont pas manqué d'exprimer souvent cette même idée avec la même assurance, la même certitude. Fontana Russo voit dans cette cette erreur fondamentale l’une des plus puissantes causes du protectionnisme continental actuel. Les cas où l'étranger paye les droits dont on frappe sa marchandise, sans les recouvrer sur le consommateur du pays où il exporte, sont relativement rares. Presque toujours l’aggravation des tarifs est suivie d’une élévation des prix sur le marché ; parfois l'augmentation est sensiblement égale aux taxes nouvellement votées (2).

On ne conçoit pas enfin que le parti protectionniste se soit ellorcé à chaque revision nouvelle de soutenir une pareille théorie. Le but essentiel des droits de douane est de fournir aux producteurs nationaux les moyens de lulter contre les importations élrangères, en forçant nos rivaux, par l'imposition d’une surcharge, à vendre plus cher leurs produits. Si, au lieu de recouvrer sur le consommateur la taxe perçue, ils l’imputent sur leurs bénéfices, le but mème de la protection est manqué ; l'application des mesures volées ne sera pas suivie d’une hausse des prix des marchandises importées.

On peut conclure avec M. Ashley: « L'idée protectionniste courante que les droits de douane sont payés par les étrangers est une immense exagéralion et elle est d’ailleurs incompatible avec le but même de la protection » (3).

(4) Journal Officiel du 3 juillet 1909. Déb. parl. Ch. des dép. p. 1775.

(2) F. Russo, Op. cit., Répercussion et incidents des droits de douane, p. 563 et suiv.

(3) Ashley, The tariff problem., p. 171.

C) Du SERVICE MILITAIRE OBLIGATOIRE

M. J. Morel accuse le service militaire obligatoire de retarder dans de nombreuses branches spéciales le plein épanouissement des capacités professionnelles. Pour remédier à cel état de choses, il présente un projet d’aggravation douanière, qui aura pour conséquence certaine un ralentissement préjudiciable du progrès dans la plupart des industries protégées. ,

Pour essayer de conjurer le mal signalé, une mesure autrement efficace s’imposait : la mise à l’ordre du jour du remarquable rapport de M. Astier sur «l’enseignement professionnel à tous les degrés ». Cet important travail attend depuis longtemps déjà que le Parlement veuille bien un jour procéder à sa discussion.

Il est permis enfin de trouver singulière la récompense offerte par les proteclionnistes au militaire français, pour les deux années pénibles passées à la caserne : il payera toute sa vie plus cher que l'Anglais par exemple, qui ne fait pas de service, les marchandises dont il aura besoin ! « Bastiat, dit M. Sauvaire- Jourdan (1), eùl écrit des choses amusantes sur ce thème facile. »

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