C) COMPLEXITÉ ET INUTILITÉ DE LA QUESTION
Nous voyons combien cette question du bilan du régime de 1892 est complexe, comment chaque parti a essayé de démontrer, chiffres à l’appui, les heureuses ou les funestes conséquences du système protectionniste.
Il n’est pas de travail plus difficile, plus délicat, de lâche plus malaisée à accomplir que de vouloir déterminer dans quelle mesure l'application d'un régime douanier a pu aider ou
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nuire au développement économique d'un pays; on ne peut aboutir qu'à des résultats bien peu probants. Les causes qui influent sur la prospérité ou la décadence commerciale d'un peuple sont si nombreuses, si variées que l’on hésite avant de se prononcer, lorsque l'on veut porter de sang-froid un jugement impartial. ;
De plus, est-il bien nécessaire de dresser un pareil bilan? Admettons que le régime de 1892 ait eu une influence favorable à l'essor économique de la France; la question se posait de savoir si nous devions persister dans la voie protectionniste où nous nous étions engagés et aggraver les taxes douanières exislantes.
Or, la prospérité actuelle de la France en ses diverses branches de la production, et notamment de la production agricole, qu’elle soit ou non le résultat de l'application de la loi du 11 janvier 1892, nous servira d’argument pour combattre la revision proteclionniste du 30 mars dernier.
Sinous avons parlé de cette question, c’est surtout pour montrer comment on a tenté d’émerveiller nos parlementaires en leur exposant les bienfaits d’un régime qui tendait à rétablir l'équilibre rompu de la balance de notre commerce, qui assurait l'augmentation des recettes des théâtres, des encaisses du pari mutuel et la prospérité du Métropolitain; c'est ensuite, et surtout, parce que l’on a voulu trouver dans les statistiques dressées la justification de certains arguments théoriques dont nous devons maintenant aborder l’examen.