‹ La revision du procès de RennesChapitre 101 sur 117 · DRE CE6E · texte numérisé non relu

DRE CE6E

(2) Rennes III, 146; E. c. I, 66. ,. (3) Rennes IIT, 287, 296.

(4) Rennes III, 211.

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est si vrai que, dans un régiment au moins, le 29% d'artillerie, on n'avait pas hésité à faire autographier le projet de 1894 par la presse régimentaire. Il semble qu'il y ait été distribué à profusion, même aux sous-officiers ; car l'exemplaire parvenu à la commission porte la suscriplion :

Maréchal des logis fourrier.

Bien rares eussent élé les officiers disposés à refuser la communi-

cation ou même le prêt de leur manuel à un officier d'une autre arme, et surtout aux officiers supérieurs convoqués pour assister aux écoles à feu; ces officiers n'y viennent pas seulement pour voir les effets des projeciles, mais aussi pour se rendre compte de la plus ou moins grande facilité de réglage, du temps qu'il exige, et par suile des règles de tir.

Les difficullés signalées par l’auteur du Bordereau indiquent seulement qu'ici au moins il a voulu faire valoir sa marchandise. Si par hasard il avait été sincère, en s'imaginant des difficultés qui n'existaient pas, 1l faudrait simplement en conclure qu'il se faisait une idée bien imparfaite des habitudes de l'artillerie, de la préparalion et du fonclhionnement des écoles à feu (1).

C'est ce que nous avait dit le général Sébert, vous vous en souvenez. L’auteur du Bordereau ne signale même pas à son correspondant la réglette de correspondance, cet instrument nouveau à l’aide duquel la méthode de réglage au tir va être changée. C’est qu'il ne sait pas le premier mot de l'artillerie ! (2)

Ainsi donc le projet de manuel de tir n’était pas confidentel. Non seulement il n’eût existé pour Dreyfus aucune difficulté pour se le procurer, mais il n'avait qu’à tendre la main pour le prendre ; il l’avait à sa libre disposition. Attilleur instruit, il était mieux que personne en mesure d’en signaler tous les points intéressants, toutes les nouveautés.

A aucun point de vue il n’a donc pu écrire la phrase du Bordereau, qu'on lui impute contre tout bon sens.

Et tandis que le Bordereau prouve que celui qui l’a écrit est ignorant des choses de l'artillerie, nous verrons qu'Esterhazy étonnait ses interlocuteurs par son ignorance ues choses élémentaires de l’arme. Le Bordereau atteste que son auteur se propose d'emprunter le manuel dans le corps où cela est difficile, dit-il, parce que chaque officier en est responsable. Et voici que, dans la première quinzaine d'avril 1894, Esterhazy demande au lieutenant d'artillerie Bernheim de lui prêter son manuel de 1894.

Je lui répondis, dit le lieutenant, que je ne pourrais pas lui envoyer le manuel, parce que je men considérais comme personnellement responsable (3).

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