CRISE
() Proc. Ravary : cote 170 : Rennes I, 389
rellement de la part d’un officier étranger au Ministère, d’un officier de troupes, surtout d’un major, qui, lisant la circulaire du 20 juin 1894, adressée aux corps d'armée et annonçant un nouveau plan de mobilisation a pu et dû croire et dire que des modifications seraient apportées au dispositif des troupes de couverture.
4 Poussons au reste l'examen. La circulaire que vise le général Mercier est la marque de fabrique du Bordereau ? C'est /à que l’auteur du bordereau a copié la phrase: « Quel- «a ques modihcations seront apportées par le nouveau plan « aux troupes de couverture. »
Lisons la circulaire! La phrase n’y est pas!! Elle n'y pouvait pas être ! ! elle eût été en contradiction flagrante avec le texte même du document qui contient lui-même les modifcations du nouveau plan. Si, comme le soutient le général Mercier, l’auteur du Bordereau eût eu la circulaire sous les yeux, ce n’est pas des modifications futures qu’il eût parlé, c’eussent été les modifications actuelles qu'il eût livrées! Il n’eût pas copié la phrase: « Quelques modifications seront apportées » qui n’y est pas, mais celle que je lis: « Le dispositif que je vous envoie n'entrera en vigueur qu'avec le nouveau plan. »
Ajoutons enfin que, si la circulaire annonce pourtant quelques modifications futures, elle précise nettement l’objet sur lequel celles-ci porteront: non pas la couverture, comme le dit le Bordereau, mais « la constitution des centres de fabrication ».
Disons-le done sans crainte! Pour fonder son raisonnement, le général Mercier dénature le document qu'il invoque, en altère le sens, en falsifie les termes! Une fois de plus, c'est la même bonne foi qui l’inspire pour les besoins de la cause ! À
Je passe à: « 4 Une note relative à Madagascar. » Ce sont les termes mêmes dont le Bordereau se sert pour désigner ce document. Pas un mot de plus!
Reconnaissons qu’ils ne nous fournissent aucune indication sur la nature de la note, et que, si l’attention de M. Hanotaux, ministre des Affaires Etrangères, a été particulièrement éveillée par elle, M. Cavaignac déclare au contraire « qu'elle: pouvait avoir un intérêt d'actualité et de curiosité
a pour les gouvernements étrangers, mais que ce n'était peut- « étre pas un document tout à fait essentiel au point de vue « du secret et de l’intérêt qu'il présente » (1).
C'est qu’en effet on s'explique bien ce qui, très vraisemblablement, a dû se passer pour cette note.
À ce moment, l'attention publique se portait vivement sur les complications diplomatiques qui s'étaient élevées entre la France et le gouvernement Hova... On parlait tout haut d’une expédition possible. Et tous les journaux, toutes les revues fourmillaient d'articles donnant sur Madagascar des renseignements de toutes sortes: géographiques, statistiques, militaires même, si bien que rien n’était plus facile à n'importe qui de faire sur la grande île de l'Océan Indien une note précise et détaillée, sans que pour cela aucun des renseignements y contenus dût venir du Ministère de la guerre !
Ainsi le Gaulois du 14 juillet 1894 faisait connaître qu'il savait de source certaine qu'on étudiait en haut lieu l’expédition..….; 1l parlait de l’envoi de 10 à 12.000 hommes.
Le Mémorial de l'artillerie de la marine (livraison fin Juin 1894) donnait un article très complet du capitaine Jeannet, intitulé: « Etude géographique et militaire sur Madagascar. »
La France militaire publiait toute une série d’articles sur la même question, de M. Jules Méot:
15-16 août: Aperçu géographique et historique. Les Hovas. Les droiîts de la France. Une expédition s'impose.