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cette autre lors de l’inspection de 1892:
A obtenu le brevet d'Etat-Major avec la mention « Très bien »; tres bon officier, esprit vif, saisissant rapidement les questions, ayant le tra vail facile et l'habitude du travail, très apte au service de 1 Etat-Major (4). comme ces autres notes qui lui ont été données par le général de Boisdeffre lui-même en 1894, écrivant au moment où il allait terminer ses deux années de stage :
Bon officier, esprit vif, saisissant rapidement les questions ; zélé, travailleur, favorablément apprécié partout où il a passé. Fera un bon off cier d'Etat-Major.
Qu'un tel officier ait désiré rester au service pour lequel il était si bien qualifié ! quoi de surprenant, alors surtout qu’il (1) Rennes II, 34, 96 ; Cass. 597.
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(3) Rennes III, 526, 528, 531.
(4) Rennes IT, 60.
ie.
était, ainsi que le capitaine Junck, l'objet d’une proposition favorable (1) ?
Mais quand on est prévenu, rien ne dissuade, tout confirme et la crédulité humaine ne peut se décider que bien difficilement à se dessaisir de l’objet qu’elle a serré!
Cependant à côté de tous ces témoignages qui sont venus dénoncer ainsi le zèle de Dreyfus, les habitudes d'indiscrétion qu'on lui reproche, que d’autres autrement significatifs peuvent être invoqués, qui démontrent sa correction, qui rendent hommage à sa réserve !
C’est le colonel Mercier-Milon qui affirme que Dreyfus a été un soldat fidèle et scrupuleux.
C'est le colonel Collard qui tout en trouvant qu'il était trop sûr de lui pour son âge, le tient pour un officier laborieux, ayant acquis des connaissances sérieuses et qui n'a Jamais eu aucune indiscrétion à lui reprocher (2).
C’est le capitaine Tocanne, celui de tous les témoins qui a le mieux connu Dreyfus, dont il était le camarade à l'Ecole de guerre, au Ministère, et qui, interpellé sur ce qu’il pensait de lui, répond sans hésiter :
Je le crois incapable de félonie (3)!
C’est le commandant Fartmann, qui a appartenu neuf ans à la section technique, de 86 à 95, a passé paï le service du matériel, par celui des études sur les bouches à feu, à dirigé l’atelier de précision; il a eu dans ces services à sa disposition, les documents les plus confidentiels, et nombre d'officiers sont venus lui demander des renseignements. 11 n’a jamais vu Dreyfus ; ii n'a Jamais entendu parler de lui (4).
C’est le commandant Ducros, qui s’occupait d’études sur le matériel d'artillerie de campagne. Inventeur d’un canon qu'il faisait construire en 1891 à l'atelier de Puteaux, il rencontre Dreyfus qui lui parle des leçons qu’on vient de leur faire à l'Ecole de guerre sur son matériel. Le commandant s'aperçoit que les renseignements donnés étaient arriérés. Désireux de faire passer ses idées à l'Ecole de guerre d’où elles se répandront partout, 1l invite Dreyfus à venir le voir à Puteaux, l’invite à déjeuner. Si Dreyfus est l’espion qu'on nous dépeint,
(1) Rennes III, 528.
(2) Cass. 577.
(3) Note Demange. Débats de la C. Cass. en 1899, p. 606. (4) Rennes III, 227.
quelle bonne fortune pour lui! quelle mine à exploiter ! avec quel empressement n’y va-t-il pas courir ?
J1 ne se rend pas à l'invitation. Elle est renouvelée sans plus de succès.
Il m'est resté de là (dit le commandant Ducros), el c'est pour moi une impression très nelle, que Dreyfus ne s’occupait pas des questions d'arüllerie de campagne (1).
C’est le commandant Galopin, qui est un autre inventeur aux talents duquel tous rendent hommage. Il a notamment imaginé tout un système de tourelles destiné à la fortification des forteresses. Il a fréquemment rencontré Dreyfus, avec qui il faisait souvent le trajet de la place de l'Alma au Ministère. Jamais Dreyfus ne lui a demandé un renseignement sur ses découvertes ni sur ses tourelles (2).
Tout cela n’est-il pas nécessaire à rappeler ? Et ne seraitce pas le cas de dire, en la retournant, la phrase célèbre de M. d'Ormescheville ?
Celle attitude est nelle el ne présente pas une grande analogie avec celle des personnes qui pratiquent l'espionnage. »
6° Vous me permettrez de renvoyer à la fin de notre examen l'argument que le général Gonse a tiré de la prétendue uisparition de la note Bayle sur l'artillerie lourde de la 9° armée.
C’est un des faits qui, suivant nous, justifie la revision. Bornons-nous pour l'instant à rappeler que l’aceusation imputait à Dreyfus la disparition de cette note, et en concluait qu'il l'avait livrée à A... alors que la minute est retrouvée, là où elle devait être, où elle a toujours été, et qu'avec elle disparait toute possibilité d'accusation de ce chef.
1° Mais l’aceusation est inlassable, sa fécondité est inépuisable,
Uno avulso, non deñicit alter. Lie général Mercier et le général Gonse ont fait appeler devant le Conseil de guerre de Rennes un nommé Ferret, ancien garde républicain, secrétaire permanent du 4 bureau, qui, à titre de renseignement, est venu déclarer que :
Vers la fin de 1893... revenant de déjeuner vers une heure, il avait apercu dans le 4 bureau un civil qui était assis à droite du bureau du commandant Bertin-Mourot aui faisait face au capilaine Dreyfus, lequel
(1) Rennes III, 182, 183.
(2?) Rennes TITI, 491.
(employé à ce moment même à ce bureau) était debout devant l'armoire où sont renfermés les documents (1).
Ïl a cru reconnaître aux gros traits qu'elles portent extérieurement, dans les pièces qu’il consultait, le graphique des transports de couverture (2).
« C’est extrêmement grave -» vous disent les généraux Mercier et Gonse (3).
Comment donc se fait-il que Ferret, qui prétend en avoir été ému, n'eût rien dit au commandant Bertin-Mourot dès le retour de celui-ci (4) ? quil se soit encore tû pendant toute l'information de 1894, alors que, comme tous au Ministère, 1i savait l’extrême embarras de l'accusation faute de preuves (9) ; qu'il n'en ait parlé pour la première fois qu'en 1895, non pas à ses chefs, mais à un agent de la Compagnie de l'Est (6), qu'il se soit tû de nouveau pendant toute votre enquête de 1899, et qu'il n’ait parlé qu'à la deruierse heure, à la sollicitation des généraux Mercier et Gonse à un moment où toute vérification était à vrai dire impossible.
Dreyfus nie absolument le fait (7), et l'explication qu'il en donne prouve à l’évidence ce qui a dû se passer, et l’équivoque dont on cherche à le rendre victime.
Les ingénieurs et agents de la Compagnie de l'Est venaient sans cesse au Ministère conférer avec le commandant Bertin- Mourot (l’homme au robinet de l’armée) des questions de mobilisation concernant leur réseau. Introduits auprès du commandant quand il était là, ils entraient même quand il était sorti et l’attendaient, assis sur une chaïse près de son bureau. C'est là qu'était l’homme qu'a vu Ferret (8).
On ne l'a pas retrouvé depuis. Comment eut-ce été possible ? Le jour, le mois même de la scène n'est pas précisé. Et le fussent-ils, qui done se fût volontiers mis en avant, quand on sait les poursuites exercées pendant toute une année contre M° Leblois, pour une démarche semblable auprès du colonel Picauart ?
Qu'on ne dise pas davantage qu'on n'entre pas dans
(1) Rennes I, 115, 543 : IL, 29 et suivantes. (2} "Rennes If, 30,31.
S)Renres PSI NS AN NIM 255.
(*) Rennes IT, 32.
(5) Rennes IL 32 ; I, 542 (6) Rennes/1l, "33:01, 2543 (7) Rennes II, 33, 34, 36
(8) Rennes IT, 34.