‹ La revision du procès de RennesChapitre 112 sur 117 · AE UE · texte numérisé non relu

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les bureaux de l'Etat-Major, sans que le fait soit aussitôt stgnülé.

C’est le général Gonse qui se charge de prouver le coutraire :

Jai expliqué au Conseil, dit-il, qu'il y a dans les bureaux des agents de chemins d>2 fer, du réseau de l'Est par exemple. Quand ces messieurs ont besoin de voir les inspecteurs du chemin de fer, on ne les fait pas attendre indéfiniment à la porte. Quand is viennent, ce n'est pas pour causer de la pluie ou du beau temps. On cherche à faciliter leur entrée le plus possible, Il y en a qui ont des laissez-passer permanents, et alors cela va de soi. Mais pour faire entrer un ami au 4 bureax avec un laissez-passer, c'est facile en raison de ce qu'il y a des employés de chemin de fer qui viennent fréquemment au Ministère.

Le Président. — Esi-ce que ces laissez-passer permanents ont des pholographies ? Est-ce qu'il nv a pas de cartes d'identité ? Le général Gonse. — Ce sont des laissez-passer permanents. Je crois

que les laissez-passer du Ministère de la Guerre sont des laissez-passer sans photographie.

Le capitaine Dreyfus. — Encore fallait-il avoir demandé un laissezpasser, el j'affirme que je n'en ai jamais demandé pour personne.

Le général Gonse. — On peut parfaitement laisser entrer quelqu'un sans laisséz-passer, et cela est très facile.

Le capilaine Dreyfus. -— Dans ces conditions, on peut faire entrer toul ce qu'on veul. Il n'y a pas de discussion possible (1).

Ce fait, que nous apprend ainsi le général Gonse, est corroboré par les attestations de M. Lechatellier, ingénieur en chef des ponts chargé du contrôle de l'Est, et de M. Revoii, ingénieur de la marine, qui affirment être entrés plus de cent fois au Ministère sans avoir eu à présenter leurs permissions (2); par la déclaration du capitaine Junck qui, à maintes reprises, a vu des officiers en civil, ayant ou non appartenu au Ministère, entrer librement par la porte de la rue Saint-Dominique, et qui ajoute que le fait était possible pour des eivils aussi bien que pour des militaires (3); par la déposition du commandant Bertin-Mourot rappelant que les députés et sénateurs entraient sans laissez-passer (4).

Il est donc établi que, si les instructions ministérielles interdisaient l'entrée dans les bureaux sans permission spéciale, i] en était de celles-là comme de tant d’autres qui ne sont faites que pour être violées. « On entrait au Ministère comme au moulin», a dit M° Labori (5). C’est peut-être aller un peu

(1) Rennes I, 562, 563.

(2) Rennes II, 35, 36.

(3) Rennes I, 651, 654.

(4) Rennes II, 42.

(5) Rennes II, 206.

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