‹ La revision du procès de RennesChapitre 16 sur 117 · ER 9 TERRES · texte numérisé non relu

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pas eu connaissance du dossier, 1l était convaincu que les preuves du crime de Dreyfus étaient écrasantes.

Une des premières recommandalions que je lui fis, a dit à Rennes le général de Boisdffre, comme je l'avais faite avant lui au général Gonse et au colonel Sandherr, fut de continuer à suivre l'affaire Dreyfus.

J'avais, en effel, un grand intérêt à savoir si les fuites étaient plus nombreuses et d’une autre nalure que celles que nous avions vues dans le bordereau.

J'avais, en outre, je le déclare, trouvé que l'instruction judiciaire qui avait été faite était insuffisante au point de vue de ce qui concernait le jeu, la moralité, les femmes, etc. e

J'avais donc prié le colonel Picquart de continuer ces investigations comme j avais prié son prédécesseur de le faire.

J'ai lu; depuis que je suis ici, la déposition de M. Delaroche-Vernet. Je me demande si ces poursuites et ces investigations ont été faites avec tout le zèle désirable.

Le colonel Picquart s’est expliqué sur son refus de donner suite à des indications que lui avait fournies M. Delaroche- Vernet. Il s'agissait de relations que Dreyfus aurait eues avec un officier italien et dont une dame d’origine italienne devait, moyennant argent, procurer la preuve. Renseigné sur le degré de confiance que méritait la dame italienne, le colonel Picquart pensa qu’il se trouvait en présence d’une tentative d’escroquerie ou d’un roman et sa perspicacité n'avait pas été en défaut ; car on peut tenir pour certain que si les renseignements offerts par la dame italienne avaient eu une valeur quelconque, on les aurait, depuis cette époque, retrouvés et produits.

Les investigations sur la vie privée de Dreyfus furent confiés à Guénée, qui était l'homme de confiance du Ministère. Suivant son habitude il apporta des racontars ramassés dans les tripots. « Lorsqu'on voulait le pousser à des preuves, tout aboutissait à rien ». Les investigations durèrent jusqu’au milieu de 1896.

Au mois de mars de la même année, Henry reçut par la voie ordinaire des paquets de papiers provenant de l'attaché militaire A. Ces paquets furent remis par Henry, qui ne faisait que passer à Paris entre deux trains, au colonel Picquart, lequel confia au capitaine Lauth la reconstitution des fragments qu'ils renfermaient.

Dans l’un de ces paquets se trouvaient les morceaux d’une carte télégramme. Le fait était fréquent : le dossier secret en a donné la preuve.

Cette carte télégramme, connue depuis sous le nom de « petit

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