ANSE
Ainsi, la copie de la pièce N° 371, dressée au moment de ja réception du document pour être envoyée au cabinet du Ministre et qui lui a été en effet envoyée, démontre l’altération de la pièce, la nature et le but de cette altération.
Dira-L-on qu'il n'est point prouvé que la copie trouvée dans le bordereau du 21 mars 1894 soit contemporaine de l'arrivée de la pièce au Service des renseignements ?
La réponse à cetle objection se trouve dans la déposition suivante du commandant Targe
Au début de notre enquête, en cherchant dans les archives du Service des renseignements les documents relatifs à l'affaire Dreylus, nous avions trouvé, le général Zimmer, sous-chef d'Etat-Major de l'armée et moi, une copie faite à la machine à écrire d'une pièce qui a élé visée dans la lettre du Ministre et qui a été relenue, je crois, par M. le Conseiller rapporteur, comme cas de revision; il s’agit de la pièce où il y a un P au lieu d'un D; je dois vous dire que, cette copie ayant été trouvée libre dans un coffre-fort, nous avons craint immédiatement, loflicier général précité et moi, de nous voir accusés de l'y avoir introduite, et c'est la nécessilé dans laquelle nous étions de trouver une copie authenlique, mais de la trouver en présence de témoins, sans soupçons possibles à notre égard, qui m'a fait demander à M. larchiviste Gribelin sil n'existait pas une collection de ces copies. El c’est ainsi que, par M. Gribelin, j'ai été mis sur la voie des copies de tous les bordereaux saisis par la Cour et dans lesquelles nous avons trouvé la pièce dile « des chemins de fer ».
Quoi qu'il en soit, quand nous avons trouvé celle pièce, nous avons établi, le général Zimmer el moi, un procès-verbal qui conslalait les conditions dans lesquelles nous l'avions trouvée. Je verse ce procèsverbal aux débats.
C’est donc une première copie trouvée libre dans un coffrefort, sans témoins autres que le général Zimmer et le commandant Targe, qui met sur la voie. Si leur déclaration ne suffisait pas, la preuve serait encore faite par une seconde copie, décou verte cette fois par les indications de M. Gribelin, en sa présence, en présence de M. Dautriche, dans un dossier ignoré jusque-là des officiers chargés des recherches et où, par suite, elle n'avait pu être glissée.
La pièce est donc contemporaine. Elle a été faite sur une copie de la pièce reconstituée dressée par l'officier qui détenait l'original et elle ne renferme aucune erreur. C’est ce qu'a dit M. Gribelin dans sa déposihion du 21 mars 1904
M. GRIBLIN. — Lorsque le capitaine Targe m'a montré la pièce, il m'a dit : & IL y a un D, il y avait un P. » Moi j'ai dit : « Je ne sais pas. Mais vous, ce que vous pouvez faire, C'est vous assurer, comme il y à une
copie, comment elle est faite. » Le capitaine Targe est allé voir aux archives la pièce sur laquelle il y avait un P, tandis que sur l'original