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ouvert. Celte confection consiste, d'après M. Cochefert, à placer les pièces dans une chemise servant d’'enveloppe, en pratiquant dans le bas une entaille triangulaire destinée à retenir la ficelle du scellé à sa place ; cetteficelle passe d’ailleurs dans un trou perçant la chemise et loutes les pièces, puis les extrémités de la ficelle sont fixées au dos de la chemise et cachetées.
La chemise retrouvée répond parfaitement à ce signalement. Les pièces qu’elle contenait avaient été divisées en deux parties ; les unes avaient été rendues à Mme Dreyfus ; les autres étaient restées au dossier de l'affaire, comme la lettre des obligations, la letire des fusils de chasse, etc.
Or, toutes ces pièces portent les trous de la ficelle à la même place que la chemise, et toutes celles d’entre elles dont le format est assez grand pour qu'elles alteignent le bas de la chemise portent l'encoche à la même place que la chemise avec la même forme. Ainsi sur la lettre des fusils de chasse, on voit l'encoche comme sur celle des obligalions, et le trou de la ficelle au point correspondant au trou du mot « puisque » de la lettre des obligations, à peu près à 105 millimètres au-dessus du fond de lencoche.
Un détail mérile d’être retenu, comme montrant bien le défaut de méthode de M. Bertillon ; c’est qu'il a reconnu avoir remarqué l’encoche sur les lettres qui lui ont élé remises, celle des obligations et des deux autres! Tout autre à sa place aurait cherché si ces encoches n’existaient pas également sur d’autres pièces du dossier.
En résumé, les encoches du Bordereau et de la leltre des obligations ont été faites toutes deux après la saisie de ces pièces ; les théories développées à ce sujet par M. Bertillon et ses disciples non seulement n’ont aucun fondement, mais elles montrent, sur un exemple qui peut êlre compris de tout le monde, le parti pris, le manque absolu de critique et d'esprit scientifique, le goût de l'absurde que nous avons constatés dans toutes les parties du système soumis à notre examen.
La brochure verte a été bientôt suivie d’une publication dont. les démonstrations sont beaucoup plus sommaires.
Elle est signée du pseudonyme « $cio » et a paru avec une préface de M. de Marcère, sénateur mamovible.
L'auteur de cett: brochure estime que le Bordereau et la lettre du buvard sont écrits d’après le même procédé de déformation qui défigure le « facies » général de l'écriture, tout en lui laissant l'apparence d’avoir été tracée couramment ; le gabarit est le même. L’encoche du Bordereau est calquée sur l’échancrure de la lettre du buvard. Enfin, l’encoche était un signe de reconnaissance convenu entre l’auteur et. le destinataire du Bordereau. Elle tenait lieu de certificat d'origine et de laissez-passer ; c'était ce qu’en langage maçonnique on appelle « un tuilage ».
La défense opposa à ces attaques diverses de savantes réfutations de M. Molinier, de M. Bernard, de M. Painlevé et, comme M. Bertillon avait déclaré, dans un mémoire publié par la Revue Scientifique en 1898, qu’à sa connaissance le docteur Emile Javal, de l'Académie de Médecine, et le docteur Héricourt, chef du Laboratoire de la Faculté de Médecine avaient seuls
étudié la physiologie de l'écriture, elle leur a demandé de faire connaître leur sentiment.
Les docteurs Javal et Héricourt ont répondu par une courte notice, avec pièces à l'appui, dans laquelle ils expriment l'avis. que la planche XH de FAllas de la brochure verte (prétendu facsimilé de l'écriture kutschique tracée à Rennes par M. Berüllon) est un faux grossier.
En présence de ces controverses qui prétendaient transporter la discussion sur Île terrain de la science, la Chambre crimmelle a cru devoir vous éclairer en faisant appel aux plus hautes personnalités de la science mathématique en France : M. Darboux, secrétaire perpétuel de l'Académie des Sciences, M. Appel, de l'Institut, doyen de la Faculté des Sciences de l’Académie de Paris, M. Poincaré, de l’Institut.
Par ordonnance du 18 avril 1904, elle leur a confié la mission de procéder à l'examen critique des divers systèmes ou études graphiques auxquels le Bordereau a donné lieu, de ceux notamment qui ont été présentés soit officiellement, soit officieusement, par MM. Bertüllon, Valério, Corps et par &« Un ancien élève de l'Ecole Polytechnique ». Les experts étaient autorisés à provoquer les explications des auteurs de ces systèmes, à faire appel aux concours techniques qui leur paraîlraient uliles, tels que celui du Bureau des Longitudes, à mettre en œuvre, en un mot, tous moyens d'ordre scienlfique pouvant contribuer à la mamifestation pleine et entière de la vérité. Le Bordereau, les leltres signées Esterhazy des 17 avril 1892 et 17 août 1894, la lettre de M. Mathieu Dreyfus, ainsi que toutes les pièces de comparaison, comprises dans les procédures où qui seraient ultérieurement placées sous la main de la justice, étaient mises au greffe de la Chambre criminelle à la disposition des experts.
MM. Darboux, Appel et Poincaré ont déposé leur rapport le 2 août 1904,après avoir entendu M. Berüllon et le commandant Corps dans leurs explications el usé de tous les moyens d’instruction qui leur étaient offerts ; ils avaient, notamment, fait procéder par le Bureau des Longitudes aux mesures de précision que comportait l'examen des divers systèmes.
Tous les problèmes soulevés par l'examen graphologique du Bordereau sont étudiés et résolus dans leur rapport avec une prudence et une rigueur qui ne laissent subsister dans l'esprit aucune indécision.
Vous avez sous les yeux cette œuvre de vraie science ; nous
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wavons pas, par conséquent, à vous en donner lecture. Il nous suffira de rappeler ses conclusions qui ruinent entièrement les
systèmes examinés.