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Nous ferons usage, au cours de cette étude, des documents contenus au dossier de celte affaire et des affaires qui lui sont connexes, ainsi que des procès-verbaux de vos enquêtes.
Nous devrons aussi fréquemment nous reporter au compte rendu sténographique du procès de Rennes publié en trois volumes. Ainsi que l’a fait remarquer M. le conseiller Boyer, ce compte rendu n’est pas un document officiel comme les notes d'audience dont la tenue devant les tribunaux correctionnels est prescrite par l’art. 155 du Code d'instruction criminelle, Cependant, il paraît avoir été revisé par les témoins et contrôlé par le Président du Conseil de guerre et il présente par suite des garanties d’exactitude qui nous autorisent à y puiser des renseignements.
Remis au général Renouard, qui faisait alors fonction de Chef d’Etat-Major en l'absence du général de Boisdeffre, le Bordereau fut présenté aux divers chefs de service, qui n’en reconnurent pas l'écriture.
Le 6 octobre, le colonel Fabre, chef du 4° Bureau, en montra un exemplaire photographique à son sous-chef, le lieutenantcolonel d’Aboville, qui rentrait de permission.
L'examen qu’en fit cet officier supérieur l’amena à penser qu'il avait été écrit, ainsi que l’idée en avait déjà été émise, par un officier d'artillerie très versé dans les questions techniques, ayant eu successivement des relations dans les divers bureaux de l'Etat-Major, et, par conséquent, d’un stagiaire.
En outre, le colonel d’Aboville, traduisant le mot « manœuvres », par « voyage d'état-major », estimait qu'il fallait chercher parmi les officiers ayant fait partie d’un voyage d’'Etat- Major aux mois de juin et juillet 1894. La date du bordereau était ainsi fixée aux mois d'avril ou de mai 1894.
Parmi les officiers d'artillerie stagiaires qui avaient participé à un voyage d’Etat-Major en juin 1894, se trouvait Alfred Dreyfus.
Il appartenait à une famille israélite et était né à Mulhouse