‹ La revision du procès de RennesChapitre 6 sur 117 · RO AE · texte numérisé non relu

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en 1859. Son père, riche industriel, avait opté pour la nationalité française en 1872 et cette option avait entraîné celle de deux de ses enfants qui étaient alors mineurs. Il était venu résider en France.

Alfred Dreyfus était entré en 1878 à l'Ecole Polytechnique. Devenu capitaine d’arüllerie, il avait été admis à l'Ecole de guerre avec le N° 67 et en était sorti avec le N° 9 et la mention «très bien ». Il avait espéré obtenir un numéro de sortie supérieur et se serait cru victime d’une injustice qu'il attribuait à sa qualité d'israélite. La déception qu'il aurait alors éprouvée serait, ainsi que nous le verrons, l'unique mobile auquel puisse se rattacher l'acte de trahison qui lui a été imputé.

Aux inspections générales de 1891 et 1892, il avait reçu de M. le général Le Belin de Dionne des notes très élogieuses qui restent, bien que celui qui les avait données en ait eu un peu perdu le souvenir devant le Conseil de guerre de Rennes. D’ailleurs, sa nomination à l’Etat-Major de l'Armée est la meilleure preuve de la confiance qu’on avait en lui, ainsi que l’a écrit le général Niox à M. Mathieu Dreyfus dans une lettre produite par M° Mornard.

Il passa au 1% Bureau le premier semestre de 1893. Son chef, le colonel de Germiny, disait de lui

Officier très intelligent, rédige très bien, a déjà des connaissances fort étendues et est à même de traiter bien des questions avec ses idées personnelles : veut et doit arriver.

Pendant le 2° semestre de 1893, il travailla au 4° Bureau. auquel ressortissait le service des chemins de fer. Certaines familiarités, certaines questions considérées, à tort ou à raison, comme déplacées ou indiserètes, une tendance à négliger la besogne ordinaire du bureau pour se consacrer trop exclusivement au perfectionnement de son instruction personnelle déplurent à son chef immédiat, le commandant Bertin-Mourot, et paraissent avoir seules motivé les notes qui lui furent alors données et que le colonel Fabre, chef du Bureau, reproduisit en ces termes :

Officier incomplet. Très intelligent et très bien doué, mais prétentieux et ne remplissant pas au point de vue du caractère, de la conscience et de la manière de servir les conditions nécessaires pour être employé à l'Etat-Major de l’armée.

Il était entré au 4° Bureau le 1% janvier 1894. A la fin du

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