‹ La revision du procès de RennesChapitre 82 sur 117 · AE MC · texte numérisé non relu

AE MC

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Et quant à la lettre de Dreyfus, il est certain, contrairement à ce que prétend le général Mercier, que Dreyfus affirme « n'avoir jamais commis aucune imprudence. »

J'ai recu par votre ordre la visite de M. le commandant du Paly de Clam, auquel j'ai déclaré que j'étais innocent et que je n’avais même jamais commis aucune imprudence.

Comment expliquer cela si M. du Paty ne l’avait pas inter- . rogé sur ce point ?

Le général Mercier dit que Dreyfus a fait ainsi allusion à l’interrogatoire de M. Cochefert. Quoi ! à l’interrogatoire du 15 octobre (2 mois 1/2 plus tôt), au lieu de se référer à ce qui vient de se passer, à ce qui fait l’objet de sa lettre même ? c’est inadmissible (1).

Et c’est de plus inexact: M. du Paty l’a reconnu devant la Chambre criminelle, le 27 mars 1904.

Nous avons causé une heure à peu près. Je lui ai demandé sil n'avait pas commis quelque imprudence chez Mme Dery qu'il avait qualifiée lui-même d’esp'onne. Il s’est levé, s’est promené les bras croisés pendant un moment; puis m'a dit: « Non, je ne veux pas plaider les circonslances atténuantes... » (2)

Le fait d’avoir parlé d’imprudence est done bien venu de M. du Paty, ainsi que l’avait déjà dit la lettre de Dreyfus à M° Demange, et la critique du général Mercier manque de base.

N’est-il pas infiniment plus raisonnable de s’en tenir à ce que nous disait votre rapporteur de 1899. C'est conforme aux faits rapportés par Dreyfus dès la première heure, redits par lui à Forzinetti, par lui à M° Demange, reconnus maintenant par M. du Paty. C’est surtout conforme au bon sens; et les critiques intéressées de M. Cavaignac et du général Mercier n’y peuvent rien.

Quant au propos rapporté par le capitaine d’Attel, sa déformation est encore plus manifeste, s’il est possible.

Remarquons en premier lieu que la déposition de M. d’Attel n’a jamais été recueillie par la Justice. Ce n’est que deux ans après sa mort qu'on s’est préoccupé d’en rétablir la teneur.

Les témoins qui la rapportent sont-ils au moins sûrs de leurs souvenirs ?

(1) Rennes IIL, 102.

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