JUGEMENT DU CONSEIL DE «UERHK
nonce son accjuittement et le président ordonne qu'il soit mis en liberté s'il n'est retenu pour autre cause. »
Enjoint au commis >aire du gouvernement de faire donner immédiatement en sa présence lecture du présent jugement à l'acquitté devant la garde assemblée souh les armes.
< le jugement,' ainsi que nous l'avons dit, a été accueilli
ar les applaudissements de la majorité de l'assistance et es cris de : « Vive l'armée ! Vive le commandant ! »
Le président, après avoir de nouveau fait évacuer la salle, ordonne d'introduire l'accusé et, devant lu. garde assemblée sous les armes, le greffier, sur l'ordre du commissaire du gouvernement, donne lecture au commandant Esterhazy du texte de l'arrêt.
Les portes sont rouvertes. Le général de Luxer, le greffier, le commissaire du gouvernement, les juges serrent la main de l'officier acquitté, et le Ilot de ses amis civils et militaires, envahissant le prétoire, se pressent autour de lui. Tous les visages trahissent la plus vive émotion, plusieurs des vieux sous-oflîciers décorés qui assurent le service du conseil de guerre ont les larmes aux yeux. Le commandant Esterhazy, très ému hii-mcme, donne l'accolade à un adjudant à la moustache blanche, la poitrine constellée de décorations.
M'î Tézenas et ses secrétaires reçoivent aussi de nombreuses félicitations.
Lorsque le commandant traverse la rue pour aller se soumettre, à la maison d'arrêt, à la formalité de la levée d'écrou, la foule, qui s'est notablement accrue depuis une heure, le salue par les cris de : « Vive l'armée ! Vive la Franco ! Vive Esterhazy ! » Toutes les mains se tendent vers l'ofricier acquitté qui a grand'peine à se frayer un passage. Au moment où il franchit le seuil de la prison militaire, une voix s'écrie : « ('hapeau bas, messieurs, devant le martyr des Juifs! >>
Au bout d'un quart d'heure, le commandant Esterhazy, qui a revêtu ses habits civils, déposés au grelTe, reparait ttans la rue. Il se rend à pied, suivi de plusieurs groupes de personnes dont quelques-unes se livrent à des manifestations antisémites, jusqu'à la nie d'Assas ovi il monte en voiture avec son neveu et deux de ses amis. Pour mettre lin à la manifestation, les agents isolent son liacre de la foule.
Le Temps (18 janvier 1898).