‹ La révocation de l'Édit de Nantes a Paris d'après des documents inéditsChapitre 12 sur 46 · LE COQ DE SAINT-LÉGER · texte numérisé non relu

LE COQ DE SAINT-LÉGER

La famille parisienne des Le Coq était représentée au commencement du XVI? siècle par deux frères : François, conseiller au Parlement, et Pascal, qui mourut doyen de la faculté de médecine de Poitiers. François embrassa le protestantisme en i6i5 et eut de sa femme, Marie Marbault, deux fils et une fille : François, sieur des Moulins, Aymar, sieur de Germain, et Françoise, mariée à Jean Hérouard, sieur de Raincy, trésorier-général de la maison du roi. François, sieur des Moulins, contrôleur-général de l'extraordinaire des guerres, mort en 1672, avait épousé Charlotte Sarrau, fille de

t 11 ne reçut pas la lettre que M. affaires; mais en l'ctat où je me trouve

D'Obré Robig'ny lui adressait, le 10 mai, réduit, je ne puis faire autrement m

du château de Saumur, pour lui de- m'adresser à d'autres que vous., (l-r.

mander de l'argent, ci Je suis fâché, disait -jobb, f 208).

le prisonnier à Lardeau, sans doute ' La B. du prot. possède un plan du

chargé de la Rcstion de ses biens, je suis temple de Charenton, paraphe le .6 juin

fâché d'ctre contraint de vous importuner iÛ23 par les entrepreneurs qui l'ont élevé:

de la sorte dans le désordre où sont mes Marbault, llureau et Norctz.

Pasteurs et Anciens. loi

Jean, conseiller-secrétaire du roi, laquelle fut inhumée le 6 juin 1666. La France protestante (VI, 477 b) mentionne exactement leurs dix enfants, dont le sixième, Théodore, sieur de Saint-Léger, naquit à la fin de mars i635 et reçut le baptême le i'^'' avril.

Le sieur de Saint-Léger, qui avait embrassé la profession des armes, fut élu ancien de Charenton, pour remplacer son cousin Théodore Le Coq, sieur des Forges, mort en 1669. On sait peu de chose sur lui, et La France protestante (VI, 477 b), le confondant avec son cousin-germain François Le Coq, sieur de Germain ', a entremêlé les événements de leurs vies. Théodore Le Coq, sieur de Saint-Léger, épousa en 1668 Madelaine Muisson, fille de Henri, sieur du Toillon, conseiller-secrétaire du roi, et de Péronne Conrart, dont il eut sept enfants: Aymar, présenté au baptême le 24 octobre 1669 par son grand-père François Le Coq, sieur des Moulins; Charlotte (1670), François (1673), Théodore, Henri, Madelaine et Dorothée"^. L'un d'eux, très probablement François, mourut en juillet i683.

Mandé chez La Reynie le 25 octobre i685 avec ses collègues Massanes, Gervaise, Girard et les principaux protestants du faubourg Saint-Germain, Saint-Léger ne consentit point à donner l'exemple de la défection. En conséquence il fut exilé à Mamers (Sarthe), par une lettre de cachet du 20 novembre. Il obtint^ le 23, la permission de se retirer à Sens (Yonne) jusqu'au i'^'' janvier 1686, et de n'aller qu'ensuite à Mamers. Voici la note que la police avait rédigée sur son compte :

Théodore Le Coq, sieur de Saint-Léger, demeurant rue des Marais au faubourg Saint-Germain, de la même famille que M. Le Coq, conseiller au Parlement. Il est marié et il a deux [?] enfants dont l'aîné peut avoir dix-sept ans [il en avait seize]. Il a l'esprit vif et fier. Ses biens sont situés en Poitou et il n'a point d'immeubles connus à Paris (Fr. 7080, f" i85).

Au mois de janvier 1686, un agent de la police, oubliant que Saint-Léger était en exil, le rangeait parmi les protestants de la rue des Marais 3 (Massanes père et fils, Pressigny, La Fontaine, Morin

• Voir Bastille. anciens remise à la police par le concierge

3 Les Extraits des Registres de Charen- du temple de Charenton, il est porté

ton ne mentionnent que les trois pre- comme habitant la rue de Seine. Le con-

miers (les frères Haag disent à tort: deux); cierge l'a-t-il confondu avec son parent

les noms des autres sont donnés par Pascal Le Coq, sieur de Germain, qui

Agnew, III, 61 a. demeurait dans la rue de Seine, ou bien

^ Il est bien établi qu'il habitait la rue sa maison était-elle à l'un des angles de

des Marais; cependant, sur la liste des la rue de Seine et de la rue des Marais?

I02 Révocation de l'Edit de Nantes a Paris.

et Rozemont), qu'il fallait mander pour les contraindre à l'abjuration (Fr. 7o5i i° 44).

Que se passa-t-il entre lui et les convertisseurs, au lieu de son exil? S'échappa-t-il des mains des dragons ou d'un couvent dans lequel on l'aurait enfermé après l'avoir inutilement dragonne ? Ce fut l'un ou l'autre; car Elie Benoit (V, 907) le met au nombre des anciens qui «surmontèrent tout» sans faiblesse, et nous lisons dans un État des biens des fugitifs dressé le 8 février 1687 :

Le sieur des Moulins, seigneur de Saint-Léger, s'est retiré en Angleterre avec sa femme, sœur de M. Muisson, et ses enfants. Ses biens consistent en la terre de Saint-Léger en Poitou, qui est fort considérable, en obligations, en contrats de constitution et en argent comptant, desquels la demoiselle Des Moulins, sa sœur, a obtenu le don.

Nous ignorons quelle fut parmi ses trois sœurs, Françoise (i63o), femme de Pierre Sacriste, baron de Damazan, Elisabeth (1632), et Anne (1640), celle qui se montra catholique assez zélée pour se faire mettre en possession de ce riche butin.

Théodore était passé en Hollande et avait mis son épée au service du prince d'Orange, qui le fit officier de ses gardes; c'est en cette qualité que nous le retrouvons en Angleterre après la conquête à laquelle il avait pris part. « Par une de ces dérisions du sort si fréquentes dans les bouleversements politiques, écrit Ch. Weiss', l'un des réfugiés, le sieur de l'Estang, lieutenant des gardes de Guillaume, fut choisi par le vainqueur pour enjoindre à l'ambassadeur du roi de France de quitter Londres dans les vingt-quatre heures, et de se rendre à Douvres. Un autre réfugié reçut la mission de l'accompagner et de le défendre, au besoin, contre l'animosité des Anglais. Barillon écrivit à Louis XIV, dans une dernière dépêche datée de Calais: «M. le prince d'Orange a voulu qu'un « officier de ses gardes m'accompagnât. Je n'en ai pas été fâché. Il « m'a servi à lever quelques difficultés qui se rencontrent en pareille «occasion. C'est un gentilhomme du Poitou nommé Saint-Léger-.»

Le 9 .septembre 1698, Théodore Le Coq, sa femme IVladelaine et leurs enfants, Charlotte, Théodore, Henri, IVladelaine et Dorothée, furent naturalisés anglais (Agnew III, 61 a). Charlotte épousa en

' Uist. des réfuf^iâx, I, 3oi. ces fils n'avait que dix-neuf ans en i6S8,

- A la page 2gG, il est nommé Le Coq s'il vivait encore, et l'on n'est point à

de Saint-l-éger. Ce ne peut Ctre un fils cet âge ollicicr des gardes et père de cinq

de Théodore, comme le disent I.a France enfants.

prot. et le Bullet. VI Sqo; car l'aîné de

Pasteurs et Anciens. io3

1692 Henri-David de la Croix; Dorothée, en 1702, Louis de Saumaise. De 1703 à 1706 Le Coq fut l'un des distributeurs de la « royale bonté »^ c'est-à-dire des secours aux réfugiés.

Nous ignorons quel est le Le Coq qui sortit des Petites-Maisons par ordre du 22 août 1686 (Fr. 17421 f° io3), et à quelle famille appartenait Charlotte, marrée en Hollande à Philippe Muisson (voir ce nom).

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