LA MAISON DES NOUVEAUX-CATHOLIQUES
Fondée en 1684 ', la congrégation des Nouveaux-Catholiques, sur laquelle on ne sait presque rien, loua dans l'île Notre-Dame une maison qui fut bientôt remplie, et s'y établit sous la direction de Raconis, évèque de Lavaur, auquel succédèrent Lescot, évêque de Chartres, La Barde, évèque de Saint-Brieuc, De Villars-Lafaye, abbé de Jussin, maître de la chapelle du roi, puis évêque de Périgueux. Le premier supérieur de la communauté, Péan, docteur en théologie, aumônier de Mademoiselle, souveraine de Dombes, et directeur de la maison des Nouvelles-Catholiques, fut nommé par les grands vicaires de M. de Gondi, premier archevêque de Paris, puis par ceux du cardinal de Retz, son successeur^- En i685, l'abbé Des Prez remplissait la même fonction, confiée l'année suivante à l'abbé Filhon.
L'institution fut transportée, en i656 paraît-il, vers le milieu de la rue de Seine-Saint-Victor (aujourd'hui rue Cuvier) dans la maison dont la cour est actuellement celle de la Baleine, au Jardin des Plantes. Elle y demeura jusqu'à sa suppression. La déclaration ro3fale du 29 avril 1678 confirma les «privilèges, franchises et exemptions» accordés à l'établissement, qui contenait alors de vingt à vingt-cinq prétendus nouveaux convertis^. Ce n'est qu'à l'approche de la Révocation qu'on découvre les noms de quelquesuns de ceux qui y furent enfermés.
« Voir t. I, p. 33. ' Ibùi.
23o Révocation de Œdit de Nantes à Paris.
Au mois de janvier i683, Jean Meusnier, maître maçon, et sa femme, Elisabeth Miquelot, promirent d'abjurer, afin de bénéficier de l'arrêt du i8 novembre 1680, lequel accordait aux nouveaux convertis un délai de trois ans pour payer leurs dettes. Comme ils ne s'empressaient pas de tenir parole, le mari fut mis en prison, le 22 mars, à la requête de ses créanciers. Ses compagnons de captivité firent un trou à la muraille et se sauvèrent; n'ayant osé les suivre, il ne pouvait recouvrer la liberté qu'en abandonnant sa religion. Il abjura donc le 29 septembre, au bout de deux mois passés chez les Nouveaux-Catholiques. Sa femme suivit son exemple le 24 décembre. Il n'en fut pas moins inquiété, et obligé de se cacher, comme complice de bris de prison; mais le commissaire Delamare intervint en sa faveur, demandant un arrêt qui le protégeât et lui permît de gagner sa vie (Fr. 7o52 f" 197).
Un avocat du nom de Daudet étant mort, laissant cinq orphelins sans soutien, l'aîné passa en Angleterre. L'orfèvre Massé, qui, à la Révocation, ne devait opposer que bien peu de résistance aux volontés du roi, recueillit le second, Jules-Gaspard, âgé de dix-huit ans. Le consistoire s'occupa des trois plus jeunes. Jules-Gaspard était une proie facile à conquérir; au mois d'octobre i683, il se laissa conduire chez Delamare et de là aux Nouveaux-Catholiques, où il abjura le 17 novembre. Après quoi il se trouva sans ressources; on en profita pour l'exciter à entraîner son frère Paul-Gédéon, âgé de quatorze ans, qui abjura aussi aux Nouveaux-Catholiques, le 24 février 1684. En conséquence Delamare pria La Reynie de mettre le premier en apprentissage chez un graveur, et de confier le second, qui avait des dispositions pour la peinture, au peintre Meusnier qui offrait de l'instruire et de l'entretenir à raison de 400 livres par an. Il faut se hâter, ajoutait le commissaire, car tous deux ont grandement besoin d'être secourus (Fr. 7062 f" ig5).
Le 20 mars i685, le même commissaire écrit qu'il s'est rendu «à l'hôtel des gentilshommes nouveaux-catholiques», pour parler à l'abbé Des Prez de quatre petits garçons, sans doute ceux du hbraire Duchemin, qu'on allait ôter ou qu'on venait d'ôter à leurs parents (Fr. 7o5o f" 28). On s'explique d'autant moins cette désignation d'hôtel des gentilshommes nouveaux convertis, qu'il existe dans les papiers du même Delamare une proposition sans date et passée inaperçue, qui tendait à l'établissement d'une maison de nouveaux catholiques spéciale pour la noblesse (Fr. 21623 f ' 64). — Le 24 avril, Seignelay adressait à La Reynie le billet suivant:
La maison des Nouveaux-Catholiques. 281
Sa Majesté veut que vous fassiez mettre aux Nouveaux ou aux Nouvelles- Catholiques les enfants delà nommée Rousseau' qui se trouveront en bas âge, dans lesquelles maisons leur pension leur sera paj'ée par Sa Majesté; ... à l'égard des autres qui seront âgés, Sa Majesté se remet à vous de les engager par les moyens que vous estimerez les plus propres à les convertir (O^ 29).
Le 5 mai^ Seignelay informe le lieutenant de police que l'un des enfants enlevés comme orphelins dans le faubourg Saint-Marcel, est réclamé par son père. Deux petits garçons enlevés avant le 8 mai, de chez Dorteville, furent mis, le i3, aux Nouveaux-Catholiques, par ordre et aux dépens du roi (O' 29). Abraham Masclé, fils de Pierre, aubergiste de la rue de l'Echaudé, y fut incarcéré le 14 par le capitaine De La Pommeraye, exempt de la prévoté ; et le
22 septembre, le fils du chirurgien-major du régiment du roi, Nicolas Lutrat, qui y avait été conduit par Delamare, y fit abjuration en manifestant le désir d'apprendre la profession paternelle. Les deux fils de M. de La Ferté-Civile y furent écroués le 10 novembre ; mais l'un n'y resta que jusqu'au 21 décembre. On le rendit à son père dès qu'on sut que celui-ci avait depuis longtemps abjuré. Ce fils n'avait que deux ans. Enfermer des enfants de deux ans (car celui-là ne fut pas le seul) et encore dans un couvent d'hommes, n'est-ce pas le comble de la fureur et un véritable attentat contre la nature humaine ? Jamais les hommes ne sont plus méchants et plus dénués de scrupules que lorsqu'ils croient défendre Dieu.
De fréquentes évasions attestent que le régime de la maison était insupportable, et qu'on }'• accablait de mauvais traitements quiconque essayait de sauvegarder l'indépendance de sa conscience. Girardot ^ s'échappa le 12 septembre 1686, pendant la prière du soir (Fr. 7o53 f° 75). En 1688 ce fut le tour des frères Dusquerque et de leur camarade De Flinc^. L'intendant De Ménars avait conduit les deux premiers dans la maison en vertu d'un ordre du
23 novembre i685, et le troisième, fils du sieur de Flinc, du château de Tilly près Houdan, en vertu d'un ordre du 17 décembre. Y étant demeurés deux ans et demi sans que les instructions, les sollicitations, les promesses, les menaces etc., pussent entamer leur résolution, ils s'enfuirent tous trois et se réfugièrent au château de
' Une nouvelle convertie de ce nom ^ Un fils d'Anne de Flin et d'Isaac de
habitait le quartier Sainte-Opportune, et Boubart, baptisé à Nanteuil-lès-Meaux le
reçut un secours de sept livres en i586. 6 août 1600, eut pour parrain Louis de
Voir N""-Catholiq. Meaux, sieur de Charny.
• Voir ci-dessus, II 69.
Tilly, où De Ménars alla les reprendre pour les ramener rue de Seine-Saint- Victor, par ordre du i3 mars et du 24 avril 1688. A peine rentrés au bercail détesté, ils s'enfuirent de nouveau et trouvèrent un asile dans la terre de Boisroger près Rouen. Le i3 mai, Seignelay ordonnait à l'intendant Feydeau de Brou de les arrêter et de les mettre en prison, et, le 22 juin, de les tirer des prisons de Rouen pour les ramener aux Nouveaux-Catholiques. Piqués d'honneur, les directeurs de la maison voulaient à toute force triompher de ces récalcitrants, et montrer à ceux qui auraient été tentés de les imiter que la fuite était inutile, puisqu'il fallait toujours retomber sous leur domination (O' 29 et 82). En 1700, nouvelle et double évasion qui sera relatée tout à l'heure.
La maison de la rue de Seine-Saint-Victor eut part à la dépouille des hérétiques, aussi bien que celle de la rue Sainte-Anne. Elle reçut du roi, le 29 octobre i685, un don de la valeur de 7000 à 8000 livres, que le curé de Saint-Etienne-du-Mont avait vivement sollicité pour son église, savoir le cimetière protestant de la rue des Poules et les bâtiments qui s'y trouvaient. Malgré ce subside extraordinaire, les , Nouveaux-Catholiques ne tardèrent pas à réclamer un nouveau secours en raison de l'accroissement du nombre de leurs détenus, presque double de ce qu'il était en 1678. Le 2 avril 1686, Seignelay invitait La Reynie à vérifier l'exactitude de la réclamation, afin d'y faire droit si elle était fondée. Delamare chargé de cette vérification écrivait le 4 à La Reynie :
Il y a présentement, Monsieur, dans la maison des Nouveaux-Catholiques trente-neuf personnes à instruire, qui est à peu près le plus grand nombre qu'on y puisse recevoir, et l'on remarque dans cette maison comme ailleurs que tous ceux qui viennent à présent et qui restent à convertir, sont beaucoup plus difficiles à instruire et à persuader que ceux qui sont venus les premiers. De là la maison est entraînée à plus de dépense. L'ecclésiastique ordinaire ne peut suffire à tant de travail, et elle (la maison) a été obligée d'en prendre un supplémentaire pour faire les conférences et les controverses. Sur les trenteneuf, dont cinq gentilshommes, il n'y en a que six qui n'aient point fait abjuration; mais tous ont encore besoin de deux mois de séjour pour être bien instruits, le plus ancien n'y étant que depuis un mois. La maison a bien reçu du roi la gratification ordinaire de 600 livres par an; mais c'est insuffisant. On lui a bien donné le cimetière de Saint-Marcel et ses dépendances; mais personne n'en veut, on ne peut pas le louer, donc le don jusqu'à présent est inutile; de plus la charité particulière a ralenti son élan. Les recettes sont moindres que les autres carêmes, bien qu'on fasse prêcher dans la chapelle de la maison'] les meilleurs prédicateurs. Cette maison a besoin de secours (Fr. 7o5o, f" i32).
La maison des Noiiveaiix-Catholiques. 233
De cette lettre et d'autres déjà mentionnées ressortent quelques renseignements non dépourvus d'intérêt. Outre les pensions des détenus payées par le roi ou par leurs parents, la maison subsistait à l'aide d'un don royal annuel de 600 livres, et de dons particuliers, qu'on cherchait à multiplier en appelant dans la chapelle les prédicateurs les plus en vogue. Mais le zèle faiblissait; la fièvre des conversions qui s'était emparée de tous les personnages plus ou moins officiels, n'augmentait pas les recettes en proportion des dépenses, et la maison ne se souciait pas de faire des conquêtes qui lui fussent onéreuses. — Au mépris de tout principe et de toute convenance, on commençait par contraindre les détenus à l'abjuration, sauf à les instruire après. Les esprits formés à l'école du catholicisme n'étaient nullement choqués de cette monstruosité. A défaut des âmes, on se contentait des corps qu'on enchaînait au besoin pour les traîner à la messe, ou des bouches qui proféraient une abjuration menteuse parce qu'elle n'était pas libre. — La résistance qu'opposaient les prisonniers avait nécessité l'adjonction d'un second prêtre. Ils étaient donc deux dans l'établissement, occupés du matin au soir à persuader ceux auxquels on avait d'abord fait violence. A partir de i6gr, l'un des deux fut Zacharie Chardon de Lugnj', prêtre de Saint-Sulpice et prosélyte de Bossuet; le 21 mars 1703, il demandait une pension comme aj'ant travaillé douze ans à l'instruction de ses anciens coreligionnaires détenus dans la maison de la rue de Seine-Saint-Victor (O 25o). — Nous savons par Théodore de Béringhen que le mensonge était passé en habitude chez les convertisseurs. Les Nouveaux-Catholiques ne faisaient pas exception. En déclarant, le 4 avril 1686, à l'envoyé du roi que le plus ancien de leurs pensionnaires n'était chez eux que depuis un mois, ils affirmaient par gloriole un fait matériellement inexact; car, ainsi qu'on l'a vu plus haut, les Dusquerque étaient leurs prisonniers depuis quatre mois. Les bons Pères avaient leur amour-propre et n'auraient pas été fâchés que le monarque crût leur habileté infaillible.
Elle ne l'était pas cependant. Avant de s'enfuir, les Dusquerque avaient été deux ans et demi entre leurs mains. De même au bout de sept mois d'efforts inutiles pour la conversion d'Alexandre Morisset*, arrivé chez eux le 3i août 1686, ils étaient réduits à demander «d'en être déchargés à cause de son opiniâtreté, qui était d'un mauvais exemple pour les jeunes gens » détenus avec
' Voir prisons.
284 Révocation de l'Edit de Nantes à Parts.
lui; sur quoi La Reynie le fît non moins inutilement transférer aux Célestins proche l'Arsenal. Nous ignorons s'ils vinrent à bout du fils de Courtois envoyé chez eux le 6 décembre 1697; mais celui de Plastrier qu'ils avaient reçu par ordre du 2 juillet de la même année^ se fit naturaliser anglais trois ans après. Au mois de novembre 1700, Jacob Truffault et Nicolas Lucas, jeunes garçons évadés de la communauté, furent arrêtés à Douai comme ils se préparaient à franchir la frontière ; or le dernier était entré dans l'établissement le 8 juin lôgS. Enfin, le 5 mars 1701, le nommé Bruguier lut envoyé de chez eux à l'Hôpital-Général, parce qu'il persistait «dans son opiniâtreté» (O 248).
En 1688, il y eut sans doute dans la maison quelque correction inusitée, plus violente qu'à l'ordinaire et qui fit scandale. La Reynie, qu'il était pourtant difficile de scandaliser en matière de conversion, semble avoir porté plainte. Seignelay lui répondit le 14 juin :
Je puis vous assurer que le roi n'avait donné aucun ordre pour ce qui s'est fait dans la maison des Nouveaux-Catholiques, et que Sa Majesté m'a ordonné d'en parler fortement à M. l'archevêque, afin d'empêcher pareille chose à l'avenir (O' 32).
Treize années après le décret révocatoire qui avait affirmé l'extinction de l'hérésie, les protestants de Paris étaient si peu convertis, qu'il y eut nouvelle expulsion d'incorrigibles et une recrudescence d'enlèvements d'enfants, qui nécessita l'agrandissement de la maison de la rue de Seine-Saint- Victor. Nous lisons dans un mémoire postérieur à la déclaration du 10 février 1698: «M. l'archevêque de Paris et M. D'Argenson paraissent entrer dans cette maxime qu'il n'y a rien de mieux que d'ôter aux nouveaux catholiques leurs enfants, et se disposent à établir la maison des Nouveaux-Catholiques de manière qu'elle puisse contenir grand nombre d'enfants qu'on ôtera à leurs pères. Cette méthode bonne en apparence a de grands inconvénients» (Fr. 7045 f" 99). Cette protestation sous forme adoucie, qu'on est heureux de rencontrer, ne fut point écoutée, témoin les billets suivants adressés au lieutenant de police par Pontchartrain :
9 avril i6g8.
Lorsque vous aurez concerté avec l'archevêque de Paris ce qu'il y a à faire pour la maison des Nouveaux-Catholiques, et pour procurer aux jeunes gens les instructions dont ils ont besoin, nous proposerons au roi les expédients qui auront été trouvés les plus convenables.
La maison des Nouveaux-Catholiques. 235
10 avril 1698.
Ceux qui gouvernent la maison des Nouveaux-Catholiques ont toujours paru disposés à s'employer avec zèle à l'instruction des enfants nouveaux catholiques ; c'est à vous à concerter avec eux ce qui se pourrait faire pour le mieux.
23 avril 1698.
Le roi approuve que vous ôtiez aux nouveaux catholiques mal convertis leurs enfants pour les faire instruire; c'est à vous à en user sur cela avec prudence.
21 mai 1698.
L'expédient que vous proposez d'ôterles enfants aux nouveaux catholiques soupçonnés de vouloir sortir du royaume est très-bon; mais aussi il faut en user avec prudence, car de les ôter ainsi sans un pressant besoin, c'est révolter l'enfant contre le père et le mettre hors d'état d'embrasser aucune profession (0'42).
Ainsi un secrétaire d'Etat reconnaissait que l'enlèvement des enfants et l'obligation imposée aux parents de leur payer une pension, constituait l'enfant en état de révolte contre le père et avait pour résultat de multiplier le nombre des fainéants, en un mot, que la désorganisation de la famille était nuisible à l'Etat. C'est là qu'en étaient en 1698, grâce aux protestations de Vauban, quelques-uns des ministres de Louis XIV, qu'un orgueil aussi insensé qu'incommensurable a seul empêché de rétablir l'Edit de Nantes pour ramener la prospérité dans le royaume.
Après l'agrandissement de la maison, nous ne trouvons que quelques noms à signaler; deux en 1699: le fils de Poupart, de Claye (Seine-et-Marne), amené le 6 mars à la demande de Bossuet, et relâché le 5 mai de l'année suivante à condition de rester près du prieur de Montmorency jusqu'à parfaite instruction ; puis le fils d'Arnoux, laboureur, amené le 10 mai et sorti le 3 août. Cinq en 1700 : Truffault et Lucas déjà mentionnés ; les deux fils de l'orfèvre Seheult, arrêtés fuyant avec leur mère et leurs sœurs, amenés le 10 juin; Jean-David Matheis, tanneur, Suisse du canton de Berne, qui abjure au mois d'août et reçoit un secours de cent livres. Quatre en 1701: Sommerus, transféré de l'Hôpital-Général le 19 novembre ; le fils aîné d'une veuve de Mer, le fils aîné de l'horloger Duchesne, et Nicolas Worms, norwégien. D'Argenson fut chargé d'examiner si ce dernier, qui avait abjuré dans la maison, était digne que Sa Majesté lui fît quelque charité (O 248). Le
236 Révocation de l'Édit de Nantes a Paris.
3i décembre 1702, on y conduisit pour un mois Pierre Galais, de Tiiouars, demeurant à Paris et arrêté le 3r mars 1701 pour avoir expédié en Poitou de « mauvais livres », c'est-à-dire des ouvrages protestants. En 1708, nous y découvrons le sieur de Franclieu, «opiniâtre», et le sieur de Fernex, genevois, qui, au mois de septembre, demande de quoi s'acheter des habits pour entrer dans la congrégation des prêtres de l'Oratoire. En octobre 1705, l'apothicaire Charas, demande que son frère soit transféré de la Bastille dans l'établissement de la rue de Seine-Saint- Victor 1. Enfin, en avril 1706, la police reçoit l'ordre d'y conduire pour six mois un nommé Lefèvre, et de l'arrêter ensuite si au bout des six mois il n'est pas devenu catholique pratiquant.
D'après l'ouvrage de J.-A. L. ^, la maison des Nouveaux-Catholiques aurait été supprimée dès 1775. Nous ne sommes pas en mesure de contester l'exactitude de cette assertion; mais elle nous étonne, il nous semblerait plus vraisemblable que la maison eût subsisté jusqu'à la Révolution. On peut estimer qu'elle a reçu, dans son existence d'un siècle et demi, moitié moins de pensionnaires que les Nouvelles-Catholiques, soit de 2000 à 25oo. Nous ne lui connaissons d'autres succursales que celles d'Alençon, Caen, Metz ; mais le nombre a dû en être plus considérable.
' Voir prisons. ' Dictionn. historiq. et iopographiq. de
Paris, Paris, i83S, in-S".