LA MAISON DES NOUVELLES-CATHOLIQUES
L'institution des Nouvelles-Catholiques, fondée en 1634 par Marie de Lumagne, veuve de M. de Pollalion, conseiller du roi, s'établit dans le quartier Saint-Germain-des-Prés, rue des Fossoyeurs, aujourd'hui Servandoni, vis-à-vis l'hôtel de Lorraine. Le roi la prit sous sa protection par un arrêt de son conseil en date du 12 mai 1637 2. La même année, deux filles de La Framerie, âgées, l'une de onze ans, l'autre, de treize, ayant été, après la mort de leur père, attirées et retenues dans la maison, la mère porta plainte au bailli de Saint-Germain-des-Prés, qui les lui fit rendre. Les Nouvelles-Catholiques, à leur tour, intentèrent un procès au bailli, et Louis XIII, évoquant la cause en son Conseil, défendit à ce magistrat, qui prenait son devoir au sérieux, de se mêler à l'avenir de semblables affaires.
De la rue des Fossoyeurs l'institution fut transportée dans la rue Pavée-au-Marais, où elle se trouvait encore en 1647; puis, en 1648, dans la rue Sainte-Avoye, entre la rue du Plâtre et celle des Blancs-Manteaux. Un document émané de l'archevêché et daté de 1645, porte que, depuis neuf à dix ans, « l'hôtel des filles nouvelles converties à la foi » a toujours compté de trente à quarante pensionnaires, de sorte que, « par la grâce de Dieu », plus de cinq cents filles converties sont sorties de l'établissement après y avoir reçu l'instruction religieuse et la communion, et ont été pour la plupart placées dans des emplois ou conditions sortables à leur naissance et à leur capacité^. A partir de i65i, une maison de la rue Neuve-
' Hélyot, Ordres monastiq., > A. N., Q> 1081.