‹ La révocation de l'Édit de Nantes a Paris d'après des documents inéditsChapitre 5 sur 46 · BOUILLY · texte numérisé non relu

BOUILLY

L'ancien de Charenton Phihppe Bernard, sieur de Bouilly^, était fils de Paul Bernard, avocat àSaumur, et de Jeanne Drugeon; il épousa en 1662 Jeanne Jaubert (1607-1670), veuve de l'avocat Jacques Allego (?), et, le 5 octobre 1679, à l'âge de soixante-neuf ans, il épousait encore Dorothée Froment.

Un mémoire de police du 8 novembre i685 le désignait ainsi :

• Ne pas le confondre avec Erouard ou Mentionnons encore Alexandre de

Harouard de Bouilly, qui figure sur la Bouilly, sieur de Beauregard, arrêté le

liste des détenus de Saint-Lazare dressée 3i mars 1686 et sorti de prison le 7 avril

le 12 janvier 1686. Le 3o, Seignelay écri- après avoir abjuré (Fr. 7o3i, f° 295 et

vait à M. JoUy, supérieur de cette mai- 7o53, £"273); et Jean-Pierre Bouilly, sieur

son: uLe sieur Erouard de Bouilly ne de Beauregard, qui en mai 1668 avait

peut Ltre en meilleur lieu que chez vous épousé à Charenton Marie, tille de Sa-

pour s'instruire et faire son abjuration; muel Thomasset, apothicaire, et de Marie

il faut donc qu'il la fasse, après quoi le Bernard. Sa veuve ayant épousé en i68->

roi le fera mettre en liberté". Le prison- le ministre Gilbert de Charenton, ce n'est

nier abjura, et fut relâché par ordre du donc pas lui, comme dit à tort La France

S février (0 1 3o). — En 1644, Marie protestante, 2° édit., II, ioi5, mais bien

Erouard, fille de Jean, sieur de Raincy, son fils Jean-Pierre qui fut naturalisé

avait épousé Pierre Gigou, sieur de Ve- anglais le 9 septembre 1698. zançay (Reg. de Char.)

46 Révocation de l'Édit de Nantes à Parts.

De Bouilly, ancien avocat, âgé de plus de soixante ans [lisez : soixantequinze], est Iiomme d'esprit, fort retiré et particulier. Il demeure rue du Jardinet, au quartier Saint-André-des-Arts (Fr. yoSo, f" 188).

Une lettre de cachet du 10 novembre le relégua à Guise, où sa femme l'accompagna. Leur constance n'eut qu'une courte durée; car, vers le 20, le commissaire Dyeure écrivait:

M. Tassin m'a dit que M. Bouilly, avocat et ancien de la R. P. R., auquel suivant vos ordres j'ai porté la lettre de cachet de Sa Majesté, avait abjuré et s'était réuni, ainsi que la demoiselle sa femme (Fr. 7081 , f° 100).

Cette nouvelle était prématurée; car Louvois écrivait le 9 janvier 1686 à l'intendant De Bezons : « Sa Majesté approuve que vous envoyiez garnison dans la terre que le sieur de Bouill}'^ a dans votre département». M. et M""= de Bouilly ne tardèrent pas à abjurer, puisqu'il leur fut permis le 28 janvier 1686 de revenir à Paris (O* 3o), et que Le Mercure galant, moniteur des conversions, enregistrait en janvier celle du « célèbre avocat Bouilly » et celle de Janiçon, son collègue au consistoire.

Bouilly, l'un des doyens d'âge des anciens de Charenton, fut l'exécuteur testamentaire de Morus. Lors de la Révocation, 1 appréhendant que les manuscrits de celui-ci, dont la garde lui était confiée, ne fussent pas en sécurité s'il les laissait en France, il leur fit franchir la frontière en les adressant à un réfugié qui les publia généreusement à ses frais. Bouilly vivait sans doute encore en 1691, quand parurent les Dix-huit sermons sur le huitième chapitre de l'Épître aux Romains: l'avertissement porte qu'ils ont été imprimés avec son consentement. Au contraire, l'avertissement des Sermons choisis de M. Morns, imprimés en 1694, nous apprend que Bouilly n'existait plus alors.

En 1697, deux veuves, les dames De Bouilly et de Monceau assistaient aux assemblées tenues dans leur maison (rue de Maçon', à la première porte cochère en venant de la rue de La Harpe), par le ministre Salomon Leclerc, chez M""= Du Coudray. Malzac avait aussi présidé des assemblées dans cette maison en 1690 et 1691. Les exhortations des pasteurs du Désert, même celles de Leclerc dont les conseils valaient mieux que l'exemple, avaient si bien réveillé le sentiment du devoir chez M"^ de Bouilly, qu'elle ne voulut point mourir sans avoir été reçue à la paix de l'Eglise. Elle

Aujouril'liui partie ouest de la rue Sainl-Scvérin. — Voir Les premiers yasl.

du Désert, I, 14.

Pasteurs et Anciens. 47

quitta tout et s'enfuit à l'étranger. Le aS septembre 1699, D'Argenson reçut ordre de faire des poursuites contre la demoiselle de Bouilly «absente», et le 20 juillet 1701; Sa Majesté refusait de disposer de la somme de 279 livres, « restant des meubles confisqués de la veuve Bouilly, fugitive » (O 248).

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