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la pompe épiscopale, dans la discussion engagée au Parlement sur les marques de respect dûs par les Réformés au Saint-Sacrement. H.irlay de Chanvallon était passé du siège de Rouen à celui de I*aris, où i ses visites pastorales à ses maîtresses étaient la fable de la ville » (t). Mais, plus près du trône, il exerçait encore son iniluence sur les ambitieux de son ancien diocèse, et nous avons entendu le président Poërier invoquer son autorité, avec celle du Père La Chaise, pour peser, dans le procès du temple, sur les conseillers hésitants.
Son successeur à Rouen était un ancien évêque de Langres, François Rouxel de Médavy (2).
« Ce prélat, frère du maréchal de Grancé, dit Dumont, étoit bon homme; il n'approuvoit pas cette cruelle manière de convertir et si opposée à l'esprit du christianisme. Son intérêt même, auquel chacun est sensible, et les gens d'église sur tous, s'y trouvoit mêlé et l'obligeoit à faire les derniers efforts pour attirer par la douceur ce peuple zélé pour sa religion » (3). Aussitôt qu'il connut l'abjuration arrachée à Rostaquet, a le bonhomme en marqua une joie extrême, et lui envoya offrir par le sieur de F^onchamp de le venir trouver en quelque lieu qu'il voudroit pour recevoir son abjuration» (4j. On verra plus loin les efforts qu'il fit pour obtenir la conversion en masse de ses vassaux, les Réformés de Dieppe (l'archevêque de Rouen était seigneur de cette ville), et pour leur épargner ainsi les horreurs des dragonnades.
(1) Michelet. Louis XIV et la Révocation de VE. de N., p. 286.
(2) Archevêque de Rouen de 1672 à 1691.
(3) Dumont de Bostaquet, Mémoires inédits, p. 101.
(4) Dumont de Bostaquet, Mémoires inédits, p. 107.
— I.FII —
Ce vieillard chargé d'ans (le mot bonhomme n'a souvent pas d'autre sens au xvii^ siècle) avait pour coadjuteur un chapelain du roi, fils du grand ministre Colbert. « Jean- Nicolas Colbert, empreint des idées de la cour, ne pouvait admettre, suivant un historien catholique, que la résistance fût possible de la part des religionnaires aux abois et décimés » (1).
Le clergé régulier en Normandie, il faut le dire à son honneui', semble avoir partagé^ sauf exception, les sentiments évangéliques de son archevêque : bien ditierenl en cela des moines et des missionnaires dont les prédications soufllaient dans les âmes des catholiques un vent de fanatisme ou qui s'en allaient torturer les infortunés protestants jusque derrière les grilles des couvents et au fond des cachots. Nous avons dit le rôle des conseillers-clercs au Parlement, dans le procès rin temple de Qiievilly, et les attentions d'un prêtre du Hurean pour l.i famille de Jacques Noblet. Les mémoires de Bostaquet mentionnent plusieurs ecclésiastiques qui montrèrent, au plus fort de la persécution, une honorable générosité. Tel ce pénitencier de Noire- Dame de Rouen, nommé Auvré, qui, chargé de recevoir l'abjuration du gentilhomme huguenot, se borna à lui lire Notre Père, Je crois en Dieu,c\ le psaume LI, « le tout en fran(.'ais. Je lui lis af»rès serment, ajoute ce singulier converti, de n'aller jamais à la messe que je ne fusse convaincu de la vérité des choses que la violence seule nous contraignoit de signer, ni que je ne changerois point dans ma famille l'ordre qui y étoit établi pour les exercices de piété. A quoi il m'exhorta et consentit que je prisse du temps
(1) L. FalLe, Hiat. de lEglise mélropolitaine de Rouen, t. IV, p. 252.
pour m'instruire, sans entrer dans leurs églises ; ce que j'ai exécuté fort religieusement, n'ayant jamais entendu de messe ni participé à leurs mystères » (1).
Donnons enfin les noms des fonctionnaires d'ordre moins élevé qui vont se trouver mêlés à l'histoire des dragonnades à Rouen. C'est d'abord, au Palais-de-Justice, l'implacable président de la chambre des vacations, Thomas-Charles de Becdelièvre, sieur de Brumare, de la noble famille des Becdelièvre, seigneurs d'Ocqueville et de Cany. Puis, à l'Hôtelde-Ville, les douze échevins chargés de surveiller les abjurations :