Lettre de D'Escombes à Monsieur Dalandonne, advocat en
Parlement, sindic de la maison de ville.
A Dieppe, ce 18 novembre 1685.
On a arresté à deux petites lieux d'icy, Monsieur, le nommé Pierre Lhuislier, m.arciiand de toille, demeurant en la ville de Rouen, rue Sainte-Croix, et Abraliam Dugard et Elisabeth Saunier, sa femme, demeurant rue du bout du Pont, chez la veuve Dugard (2). Ils vouloient sortir du royaume. On voudroit bien scavoir. Monsieur, le temps qu'ils sont partis de Rouen, s'ils en sont originaires, ce qu'ils y faisoient, s'ils y ont laisbé des maisons en propre, s'y elles
(1) Voir notre Liste, art. De Gra\es ^Jean).
(1) Voir notre Liste, art. L'fînt.LiER (Pierre), Dugaru (Abraham) et Dugaru (veuve).
sont meublées, où est scitué leur bien de campagne, la valeur s'il est possible, les endroits où ils ont reposé leurs effets, et enfin où est la femme et les enfants de ce Lhuislier. Il sera encore bon de nous dire sy on a délivré des billets sur eux et de quelle manière ont vescu les officiers ou cavaliers qu'ils dévoient loger; sy c'a esté au cabaret, ou on a pris le fond pour le remboursement de la dépense. Expliquez, je vous prie, cela le plus nettement qu'il vous sera possible, et me faites le plaisir de croire que je suis, avec tout le respect possible, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.
D'ESCOMBES.
Mandez-moy ce que vous avez fait pour Guilbault.
La réponse à cette lettre n'était pas arrivée à Dieppe que, de nouveau, les agents de Marillac arrêtaient sur la frontière de la Normandie quelques voyageurs en route vers Arras, et dont nous ignorons les noms. On flaire des huguenots fugitifs, et l'intendant écrit lui-même à Rouen, pour se renseigner sur la valeur de sa capture.