‹ La révolte de Toulon en prairial an IIIChapitre 12 sur 25 · PORTAL · texte numérisé non relu

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Portai ne dit pas Peftet produit. Un autre, le citoyen Jousault, chef de bataillon , se charge d'en rendre compte.

Le 4 prairial.

Citoyen général, j*ai reçu l'arrêté que vous m'avez remis des représentants du peuple Poultier et Guérin, en date de ce jour, qui ordonne aux citoyens de déposer dans les arsenaux de la République les armes et munitions qu'ils ont enlevés; après en avoir fait lecture à toutes les compagnies du bataillon que je commande, ils m'ont répondu qu'ils

désapprouvaient Tarrêté des représentants et qu'ils ne le suivraient pas.

A Toulon, le 4 prairial an m républicain.

Le chef de bataillon de la garde nationale de sapeurs w® 6,

JOUSAÙLT*.

Après avoir ainsi affirmé leurs volontés, les émeutiers s'emparèrent encore de quelques pièces de canon à la porte d'Italie, et se mirent en marche sur Marseille. Les gardiens des portes étaient de connivence avec eux, car celui de la porte de France refusa de laisser passer. un commissaire des guerres porteur d'une lettre pour le représentant Chambon, qui, grâce au retard des émeutiers, avait pu s'avancer jusqu'au Beausset. Les scélérats^ c'est, paraît-il, le nom qu'on donnait aux jacobins du Midi, étaient, d'après Lauvergne, au nombre de 3,ooo et avaient avec eux douze pièces de canon. Ce chiffre de trois mille nous semble au-dessous de la vérité, ou prouve alors toute la jactance des Jacobins. A Toulon, les émeutiers étaient, d'après Chambon, au nombre de 8,000; d'après Collaud, de 12,000. Ceux qui osaient marcher auraient réellement été bien peu nombreux.

i. Cet individu ne savart pas écrire. Son nom ne nous est révélé que par une signature informe ; peut-être faut-il lire : Jousal.

JlV»

Pendant ce temps , quelles mesures prenaient les représentants pour assurer la défaite des insurgés? Le général de division Mouret, envoyé par les représentants , se figurait trouver dans la garnison même de Toulon assez d'hommes pour arrêter le mouvement. C'était là une idée fausse. La garnison, terrorisée ou séduite, n'était plus capable d'agir. Mais Kellermann , qui à ce moment commandait l'armée des Alpes et d'Italie, écrivait à cette même date la dépêche suivante :

Armée des Alpes Nice, le 4 prairial, 3^ année républicaine,

et d'Italie.

— Le général d'armée des Alpes et d'Italie

à V officier commandant à Toulon,

Citoyen, il se répand ici des bruits très-inquiétants sur la situation actuelle de Toulon. Comme je ne reçois aucune nouvelle de cette place, les représentants du peuple et moi prenons le parti d'envoyer le citoyen Ballay, adjoint aux adjudants généraux, pour m'apporter des nouvelles certaines de Toulon. Vous le chargerez de vos dépêches et vous me rendrez un compte très-exact de ce qui a pu s'y passer et de ce que vous pourriez craindre.

J'attends le retour de cet officier avec impatience.

Salut et fraternité.

Kellermann.

Dans la soirée du même jour, Kellermann, mieux informé, écrivait :

Armée des Alpes patrie

et d'Italie. LIBERTÉ RÉPUBLIQUE ÉGALITÉ FRANÇAISE

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