LIBERTÉ — ÉGALITÉ
Au quartier général à Tende, le 8 prairial de Tan 3« de la République française, une et indivisible.
Le général d'armée des Alpes et d* Italie^ Au général divisionnaire Collaud, commandant à Toulon,
J'arrive du col de Tende, mon cher général, et j*ai appris avec bien du plaisir la pacification des troubles de Toulon. Vous savez que j'ai dirigé sur Cuers un bataillon, un escadron et deux pièces de canon commandés par le général Baumont; — que j'ai encore fait marcher sur la route de Nice à Marseille, par Aix, trois compagnies d'infanterie escortant quatre pièces de huit et deux obusiers. J'ai mis également à votre disposition les 9® et 20® régiments de dragons et le 5« de cavalerie, qui étaient en marche pour venir à l'armée, ainsi que deux compagnies d'artillerie à cheval. Les mouvements de l'ennemi, le peu de troupes disponibles que j'ai, rendent indispensable que toutes les forces reviennent ici du moment où elles ne seront plus utiles à Toulon. Prenez les ordres des représentants du peuple, et prévenez-moi de ce que vous serez convenu avec eux ....
Salut et fraternité.
Kellermann.
On le voit, les représentants n'étaient pas loin d'avoir sous leurs ordres les trente mille hommes
que Ghambon annonçait à la Convention. Aussi, de plus en plus enhardis, adressaient-ils aux troupes de la garnison de Toulon une proclamation que justifiait au reste la mollesse que l'armée avait mise à réprimer Tinsurrection. '