‹ La révolte de Toulon en prairial an IIIChapitre 21 sur 25 · Moniteur du 3o prairial · texte numérisé non relu

Moniteur du 3o prairial

2. Il est à temarquer que, dans son numéro 124 de VOrateur du PeupUf Fréron, à propos des événements de prairial à Paris, écrivait : « Les chefs des émeutiers sont dans les fers en attendant leur supplice. Ce supplice est trop lent. Déjà leurs têtes auraient dû tomber... Le triomphe est imparfait tant que l'ennemi n'est pas détruit. »

rable. Il affirma que les émigrés en place forçaient les acquéreurs des biens nationaux à les rendre. « Les prêtres, dit-il, ordonnent les restitutions au nom de Dieu. Enfin on sonne les cloches! » Et, après avoir parlé, comme il est juste, de Pitt et de Cobourg, il termina en proposant un décret portant que ceux qui ont livré Toulon, ceux qui ont porté les armes pour Louis XVII et fui avec les Anglais, ceux qui se sont réfugiés dans Toulon pendant le siège de cette ville, ne seront pas compris dans le décret relatif aux fugitifs du 3 1 mai ; que s'ils rentrent, ils seront punis comme émigrés; que les certificats de résidence accordés par ces départements méridionaux sont annulés; que les acquéreurs de biens nationaux qui ont cédé à des menaces rentreront dans leurs biens.

Defermon et Lanjuinais tentent en vain de s'y opposer. « Quand il s'agit de la vie et de la mort des citoyens, dit Lanjuinais, il faut y réfléchir. » Louvet s'écrie qu'il faut arrêter la contre-révolution. Turreau, Louvet, Dubois -Crancé, ajoutent des catégories à celles déjà mises hors la loi par Fréron et s'ingénient à trouver des coupables. L'article sur les certificats de résidence, attaqué par Lanjuinais, est soutenu par Roux de la Haute-Marne, qui termine en disant : « Sauvons la patrie avant tout ! — A ce mot, je me tais, réplique Lanjuinais, quelque injuste que soit la proposition. »

On a parlé d'injustice, Tailien bondit à la tribune. « Le salut de la patrie, hurle-t il, n'est que dans la justice. On dit que Tailien et Fréron veulent rétablir la terreur. Non, qu'ils sachent, ces hommes sans moralité, que nous ne voulons d'aucune espèce de terreur, pas même de la leur. » Puis, il s'étend sur ses malheurs conjugaux, il raconte à la tribune qu'cm « veut rompre les liens les plus sacrés, ceux qui lient deux êtres qui ont toujours été malheureux ensemble ». L'assemblée, on ne sait pourquoi, applaudit, acclame, vote, et Toulon est encore une fois hors la loi. (Décret du 19 fructidor.)

Ce fut Fréron qui fut chargé par Barras, son ancien complice, d'aller dans le Var faire exécuter ce fameux décret. Rouyer, Servière, Durand-Maillane en avaient suspendu l'application. Traduire en jugement les catégories désignées par ce décret, c'était renouveler la terreur dans le Midi. Dans le Var, c'était parmi ces anciens émigrés qu'on avait dû prendre les administrateurs, les juges, les municipaux. « Il n'y avait pas à Toulon dix familles bourgeoises de l'ancienne habitation ^ » Sans Rouyer, le calme n'aurait pu être maintenu; encore ce calme n'était qu'apparent. « L'exagération » , disent deux témoins

non suspects, les citoyens Louis JuUian et Alexandre

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