‹ La révolte de Toulon en prairial an IIIChapitre 4 sur 25 · MoH.yXXU · texte numérisé non relu

MoH.yXXU

2. De ces quatre représentants. Expert seul avait voté la mort du toi.

connaître Tétat, avant et après la Révolution, de la fortune des fonctionnaires publics : mesure qu^on peut voter, mais qu'on n'appliquera que dans les républiques idéales. La Convention décréta aussi en brumaire que ses membres donneraient Tétat de leur fortune. Qui le donnera ' ?

Au reste, les républicains de Toulon donnaient par d'autres voies la mesure de leur honnêteté, « C'est, dit un rapport de gendarmerie, Thabitude depuis plusieurs années de s'alimenter aux dépens des magasins de la République : comestibles, toiles, cordages, les denrées et les marchandises provenant de prises faites sur Tennemi et de confiscations, tout est en pillage réglé. » En outre, comme il est naturel, des manifestations continuelles, autre genre de fête : manifestation le 8 » pluviôse, manifestation le i o, avec farandoles et cris de : Vive la Montagne! Armés de bâtons énormes qu'ils appelaient des juges de paix^ les Jacobins voulaient pendre le citoyen Pradier, chef de Tadministration navale de l'armée, qui refusait de crier vive la Montagne , et rouaient de

1. J'en connais un. Lecointre, un naïf, a publié une brochure qui donne toute sa vie et toute sa fortune. Mais où est Tétat de fortune de Tallien, de Rewbell, de Barras et des autres ?

2. Nous avons préféré suivre uniquement le calendrier révolutionnaire. La République a eu en France son ère spéciale; il faut la lui laisser. Nous rappelons seulement que le mois de pluviôse an m correspond aux mois de janvier et février 1795, ventôse à février et mars, germinal à mars et avril, floréal à avril et mai; enfin que le ler prairial correspond au 30 mai.

coups le secrétaire de Jean-Bon Saint- André, qui prétendait délivrer Pradier. Sur la flotte, à bord du Sans-culotte^ un matelot qui n'était pas jacobin était tué car ses camarades.

Le représentant Mariette, un des plus modérés de la Convention (dans le procès de Louis XVI, il avait voté Tappel au peuple, la détention pendant la guerre, et le bannissement après la paix), avait été spécialement envoyé à Toulon pour y rétablir Tordre. Le i5 ventôse, il supprimait le comité révolutionnaire; le 19, il révoquait la municipalité, les juges de paix et leurs assesseurs. Cette mesure amena des troubles. Mariette ordonna l'expulsion de Toulon de tous les étrangers non employés au service de la marine'. La populace était en pleine fermentation. Le 20 ventôse, elle assassinait sept émigrés* qu'on avait pris à Hyères et qu'on amenait à Toulon. Elle se portait aux portes des prisons pour y massacrer.

Les représentants Mariette, Ritter et Chambon rendent compte, dans plusieurs lettres adressées à la Convention {Moniteur du 10 germinal), de l'émeute à laquelle ils. viennent d'assister. La 33* demi-brigade était connue pour son bon esprit, ils la firent

1. Ces émigrés étaient des ouvriers qui Tenaient chercher du travail de Marseille (Lauvergne, Révolution dans le Var^ p. 644).

3. Moniteur du 3 germinal, séance du 39 ventôse. La Convention approuve à cette date l'arrêté des représentants.

débarquer de l'escadre, remplacèrent le général Pierre, que son âge rendait incapable de résister, par le général Bizannet ' , et, grâce aux troupes, aux chasseurs à cheval surtout, ils purent empêcher l'assassinat de vingt prévenus d'émigration que la frégate la Minerve avait capturés en mer. Le 22, nouvelle émeute, dirigée cette fois contre les représentants, qui étaient parvenus à faire transporter à Grasse les émigrés prisonniers à Toulon. Déjà dans l'esprit des insurgés, germait l'idée du pillage de l'arsenal, de la prise de possession du fort Lamalgue, et la marche sur Marseille. « Là, ajoutent les représentants, un grand nombre de leurs partisans les attendent. De Marseille ils auraient envoyé des détachements jusqu'au bord de la Durance, pour se ■saisir de ce poste et révolutionner tout le Midi; et quand ils auraient eu assez de forces, ils auraient marché sur Paris 2. » Les représentants terminaient en demandant d'abord que les Jacobins, ceux qu'on nommait la queue de Robespierre, fussent punis, et réclamaient ensuite pour les ouvriers de l'arsenal et le général Bizannet, le décret qu'ils avaient bien mérité

1. Le général Bizannet, né à Grenoble vers 1760, engagé comme simple soldat, est un des plus vaillants militaires de la Révolution, n s*est particulièrement illustré en 18 14 par sa défense de Berg-op-Zoom. En 181 5, le général Bizannet se trouvait commandant de place à Marseille, lors de la Terreur blanche.

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