I. Voir Pièces justificatives^ n» s
Le représentant Brunel reçut les délégués, et essaya de gagner du temps en répondant qu'il n'était chargé que de la surveillance des travaux du port, et qu'il ferait passer cette demande à son collègue le représentant Guérin, en ce moment à Marseille.
Le lendemain 29 floréal, à midi trois quarts ï, les ouvriers de l'arsenal se portèrent en masse à la salle d'armes; la garde fut forcée et, en une heure, six à huit mille hommes s'armèrent de fusils et de pistolets. Au moment où les insurgés sortaient de l'arsenal, le représentant Brunel, accompagné du général CoUaud et de membres de la municipalité, et suivi d'un escadron du 24® chasseurs à cheval, se porta à leur rencontre. Dans la ville, les troupes commandées par le général Bizannet s'étaient rendues aux places indiquées pour le cas d'alarme, et les canons avaient été chargés à mitraille. La foule criait : « Vive la Montagne! Vive la Convention! Guerre aux émigrés! » CoUaud voulut faire avancer les troupes; Brunel l'en empêcha. «Il se chargeait de ramener les ouvriers à l'ordre en les raisonnant. Il les pérora longtemps, et leur ordonna plus de cent fois, au nom de la loi, de rendre les armes et de rentrer dans l'ordre. Ils refusèrent d'obéir et demandèrent impérieusement la sortie de sept particuliers détenus au
I. Je suis ici le récit du général CoUaud dans un journal écrit de sa main, contenant le récit des événements du 29 floréal au 10 prairial.
fort Lamalgue ' . » Cinq bataillons de garde natîo nale révoltés étaient-assemblés sur la place, d'autres s'étaient formés sur le cours. Les ouvriers de l'Arsenal, armés, se tenaient près de la grille. Les émeutiers envoyèrent des délégués à Brunel qui était toujours près de la grille de TArsenal, et lui demandèrent de se rendre sur la place d'Armes. Les généraux Bizannet et Collaud voulaient de nouveau faire agir la troupe. Brunel les en empêcha; il accéda à la demande des insurgés, et se rendit sur la place d'Armes avec le général Collaud, auquel il ordonna de le suivre. Là, les bataillons d'ouvriers assemblés faisaient face aux troupes de la garnison, au nombre de cinq cents hommes. Brunel harangua les émeutiers, leur dit de nommer des députés pour lui faire connaître leurs réclamations, puis rentra chez lui. Les députés du peuple le rejoignirent bientôt ; ils demandaient, au nom du peuple ^ :
1° La liberté des prisonniers détenus au fort Lamalgue ;
2° La translation des onze prévenus d'émigration au tribunal criminel -,
3^ L'organisation de la garde citoyenne.
Le représentant Niou^ venait de débarquer de