ENSEMBLE
EHe nous parle sans colère, A nous elle adresse des vœux.. .
Que veut dire un pareil mystère.
Que vient-elle faire en ces lieux.
EDObARD.
Vous, ma tante, ici!..
MAD. CLEMENT
Oui, Edouard, c'est moi qui vient vous supplier de m'aider en celle circonstance, et d'empOcher peul-êlre ma ruine...
mi 38 m
EDOUARD
Votre ruine !. .. ma tante, parlez, parlez. ..
M AD, CLEMENT
Apprenez donc, messieurs, qu'une commande pour laquelle j'ai fait des achats considérables, m'a été faite ces jours derniers, je dois la livrer à la fin de cette semaine , sans quoi je me verrai obligée depnyer un dédit de quinze mille francs. Si mes demoiselles s'obstinent plus long-temps à ne pas travailler, je suis perdue.
EDOUARD
Pourquoi aussi traiter de jeunes personnes avec tant de rigueur. . .
GUICHARD
Tranchons le mot, madame, vos paroles sont trop sèches et TOS actions trop humides.
MAD. CLEMENT
Peut-être^ j'en contiens, ai-je été jusqu'à ce jour trop sévère envers mes modistes.
GUICHARD
Et envers moi.
MAD. CLEMENT
Mais si vous voulez m'aider à les faire rentrer dans le devoir , je vous piomets d'être plus indulgente à l'avenir. Quant à vous, Edouard, nous reparlerons du mariage que vous avez projeté... mais de grâce venez à mon aid3 aujourd'hui.
EDOUARD
A la bonne heure, nous ne demandons pas mieux, ma chère tante, que de concourir tous à ramener la paix chez vous. ..
GUICHARD
Cela ne sera peut-être pas facile... Je vous préviens que les petites ont la tête montée, et qu'elles exigeront que vous preniez avec elles des engagemens solides. . .
MAD. CLEMENT
Voilà ce que je crains.., il faudrait trouver un moyen de les faire rentrer dans Tordre en leur donnant une leçon profitable.
EDOUARD
Voyons... Que pourrions-nous faire... attendez... je suis commis-voyageur, et je ne manque pas d'expédiens.. . bon, je tiens Ce qu'il nous faut... c'est une folie. . . mais la folie. . c'est ce qu'il faut avec des grisettes.. . Mes amis, ma tante peut-elle compter sur vous ?
Oui. . . oui. . .
Qu'as-tu résolu ?
EDOUARD
Monsieur Guichard. , . vous nous seconderez . . j^iurai besoin de vous aussi. . .
TOUS
.TULES.
GUIGHARD.
Certainement. . . entre jeunes gens. . . mais trarichons le mot. Quel est votre projet?
EDOUABD.
Le voici... ( On entend rire les modistes. ) Je les entends... sauvons-nous. . . venez, il n'y a pas de temps à perdre. . . Ma tante, demain à midi... toutes ces demoiselles seront à leur poste... mais dMci là. . . nous rirons .. nt)U3 danserons. .. nous nous divertirons. . .
Aia : Je chante^ Je danse, je chante (de la Fille de Dominique), Fartons, surtout de la finesee, Car mon projet exige de l'adresse; Vite, «auvcas nous, le temps presse.
Car les voici.
Sauvons-nous loin d'ici; Oui, les voici.
Sauvons-nous loin d'ici.
Reprise.
( Ils sortent. )