‹ La Revolution à Poitiers et dans la VienneChapitre 26 sur 86 · DE LA · texte numérisé non relu

DE LA

SOCIÉTÉ «ES ANTIÛUÂIRES i)E L'OUEST

PENDANT L'ANNÉE igiO

Par M. GAILLARD, Secrétaire.

Mesdames, Messieurs,

La Société serait heureuse de consacrer les premières lignes du rapport annuel de ses travaux à vous remercier de l'auditoire nombreux, bienveillant et choisi dont vous l'honorez si constamment. Elle voudrait laisser paraître sans restriction l'allégresse qu'elle éprouve à manifester dans une circonstance aussi favorable son existence et son activité. Pourquoi faut-il qu'un devoir de pieux souvenir vienne attrister chaque année le début de cette réunion et que nos deuils en 1910 soient plus multipliés?

Nous avons eu à déplorer la perte d'un des vétérans de la Société et de l'Archéologie, M. Moreau, de la Ronde. Nul ne connaissait mieux le Loudunais et les frontières enchevêtrées de l'Anjou, de la Touraine, du Poitou. Il étudiait l'histoire de ces contrées à l'aide de la bibliothèque très complète qu'il s'était constituée. Il l'étudiait surtout sur le terrain, par exemple dans les fouilles dont il sillonnait l'emplacement de l'ancien château de Loudun. Il s'était

lxiv SÉANCE PUBLIQUE DE 1911

épris de ce travail à l'âge de 25 ans, et bientôt le président delà Société des Antiquaires, M. de Longuemare, louait le sérieux et le dévouement du jeune archéologue. Ce qui ne l'ait pas moins son éloge c'est la quantité de sculptures, de fragments anciens que notre confrère a mis au jour; c'est aussi la masse accumulée de notes précieuses sur une infinité de sujets. M. Moreau est mort à 79 ans. Depuis 1853, c'est-à-dire depuis 57 ans, il était notre confrère.

Un de nos plus anciens et fidèles sociétaires M. Clément- Simon, mérite aussi plus qu'une mention. En 1873, ]\1 . Clément-Simon, alors avocat général à la Cour d'appel de Pau, président de la Société des Lettres et Arts de cette ville, voulut être correspondant de la Société des Antiquaires de l'Ouest. 11 ne cessa pas de s'intéresser à notre Société lorsqu'il prit sa retraite dans un château des environs de Tulle, où il est mort. Associons aux regrets que nous cause la perte de cet ami lointain des Antiquaires, des confrères plus intimement mêlés à la vie de notre Société : M. le président Sachet, M. Stanislas Faure, dont Poitiers a pris récemment le deuil, ainsi que M. Bonneau, architecte à Niort.

Les rangs du clergé, ami de nos études, se sont éclaircis par la mort de M. Berloquin, curé de Saint-Hilaire, de .M. Ouyot, curé de Sillars, de M. l'abbé de Lafaire.

.M. l'abbé Berloquin, chanoine honoraire, ancien vicaire général du diocèse de Poitiers, pendant la longue durée de son ministère paroissial n'eut pas le loisir de s'adonner aux éludes théoriques de l'archéologie. Mais en 1886, dès qu'il eut reçu la charge de la paroisse Saint-IIilaire, si riche en

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