ET DANS LA YIK.WI
Elu le 4 septembre , Montault avait reçu le ~1\ l'institution canonique deTorné, évêque «le Uourges, métropolitain
du Centre. Il fut sacré le 23 octobre dans sa cathédrale par Suzor, Mestadier et Rodrigue, évêques d'Indre-et-Loire, Deux-Sèvres et Vendée (1). Le 29 les vicaires généraux qui avaient les pouvoirs de Saint-Aulaire signèrent une protestation contre son intrusion, où ils rendaient à son caractère l'hommage de s'en montrer surpris
Montault tint à marquer dans la rédaction même de son titre sa volonté de rester attacher à l'unité catholique. Lecesve s'intitulait seulement : « Par la miséricorde divine et le choix du peuple évoque du département de la Vienne. » Le notaire avait employé à peu près la même formule dans les premiers actes passés par Montault après son élection : « Par la grâce de Dieu et le choix du peuple. » Une fois sacré, Montault a toujours soin de se dire: « Par la miséricorde divine, dans la communion du Saint-Siège apostolique, évêque constitutionnel du département de la Vienne (3). » Il insista dans sa lettre au Pape (4) sur la croyance où il était de n'être pas schismatique.
Il était du moins très sincère dans sa volonté de ne pas persécuter les catholiques orthodoxes. On reconnaît déjà son influence dans la Lettre pastorale et instructive du 3 août, où les vicaires épiscopaux, le siège vacant. disaient :
Nos armes ne doivent être que la douceur, l'humilité, la patience,
(I) Proc.-vorb . minutes Conjour. Amis de la Const., 23 octobre. — (2) Maupoint. 29; Lebrun, 100. —(.'{) Min. Conjour. — (4) Inaprim la suite de sa lettre pastorale du 6 mai.- I
la sagesse, la charité et l'exemple des vertus évangéliques (1).
Ou cela ne ' voulait rien dire ou c'était le désaveu voilé de l'attitude agressive d'avril et de mai. Devenu évêque, Montault ne tint jamais un autre langage. Avec son attache, le Département répandit à 3.000 exemplaires l'Adresse aux laboureurs, de Lequinio, qui prêchait la tolérance la plus absolue, mais, ce que les orthodoxes relevèrent, en la fondant d'une manière peu déguisée sur l'indifférence en matière de religion (2).
Aux mesures de rigueur, Montault préférait « l'exemple des vertus évangéliques ». Il entendait par là une façon un peu ostentatoire de remplir par lui-même, lui évêque, les plus modestes et les plus fatigantes fonctions du ministère paroissial. Ses apologistes opposaient cette façon apostolique à la manière dont Saint-Aulaire comprenait l'administration épiscopale : de loin et de haut. Voici le témoignage d'un adversaire :
Comment trouve-t-il du temps pour assister comme il le fait à toutes les cérémonies d'éclat qui se font, non seulement à la cathédrale, mais dans toutes les autres paroisses de Poitiers? Pour conduire toutes les processions? Pour être assidu au confessionnal? Pour catéchiser les enfants? Pour faire les prônes? Pour visiter les malades? 11 est vrai que M. Montault, quand il passe par les rues, a la consolation d'entendre dire par toutes les bonnes femmes, comme il l'a entendu surtout en portant processionnellement et pieds nus le reliquaire de la Vraie Croix le mercredi des Rogations : C'est là un bon évêque! C'est un saint! Les autres en faisaient-ils autant (3)?
L'auteur anonyme plaisantait ce qui lui semblait de l'affectation et demandait quel temps restait à Montault
(1) Journal de la Vienne, 22 août 1791. — (2) Dél. div. dép , 26 nov. ]7<jo. (3) Xotes à la lettre pastorale, 03.
pour ses fonctions propres d'évêque. En réalité, Montault fit à cet égard tout ce qu'il était possible de faire dans sa position. 11 s'était immédiatement préoccupé d'achever l'organisation de l'Eglise constitutionnelle que la mort subite de Lecesve avait laissée inachevée. Sitôt sacré, il nomma de nouveaux vicaires épiscopaux : Morry, curé de xMirebeau ; Léridon, curé de la Trimouille (1), qui tous deux préférèrent garder leurs cures; Arnault, chanoine de Sainte-Croix de Loudun; Lepeultre et Bobe, curé et vicaire de Saint-Benoit (2). Le conseil épiscopal fut complété par la nomination de l'ancien cordelier Rocheix, supérieur du séminaire (3).
Cette réouverture du séminaire, licencié par les Lazaristes en janvier 1791, était la plus grave question de l'avenir, puisqu'il s'agissait de perpétuer le clergé, et la plus urgente du présent, vu la pénurie de sujets. On était obligé d'emprunter de nouveaux prêtres à Mestadier, qui imposait les mains à tous les candidats qui se présentaient, sans préparation ni garanties (4). Montault appliqua à la lettre la loi qui faisait de la maison de l'Evêque le séminaire diocésain. Le règlement en fut homologué par le Département le 27 janvier 1792. Chaque séminariste devait payer 440 1, de pension; aucune bourse n'était prévue. Les prêtres qui voudraient vivre au séminaire paieraient une pension de 600 1. pour eux et 300 pour leurs domestiques. Montault, qui se soumettait à la vie commune, s'engageait à payer pension double (5).
Le séminaire fut ouvert aussitôt. Le 7 février, les Amis
(1) Minutes Con jour, 24 oct. — (2) Ibid., 2Li oct. — (3) Il ne pri la serment comme vicaire épiscopal que le *Jn mars 1792. A.V., I.. 258. — [\) Ustic Saint-Jal, 77-80. — (5)Dél.Dir. Dép., 27 janv. 1792.
iv 32
de la Constitution de Châtellerault lisaient en séance avec édification la lettre d'un jeune clerc qui témoignait combien les séminaristes étaient bien accueillis par le nouvel Evêque, ce qui n'existait pas sous l'Ancien Régime (1). Quant aux Jacobins de Poitiers, ils avaient déjà honoré le supérieur du séminaire à leur façon en lui déférant la présidence (2).
Le District avait abandonné pour servir à l'établissement ce que l'imprimeur Barbier redevait à l'évêché d'après son traité avec Saint-Aulaire pour la vente privilégiée des bréviaires et missels (3). Malgré ces efforts, l'institution ne prospéra pas. Deux places de professeurs étaient prévues; elles ne furent jamais remplies. Montault ordonna en tout 13 prêtres : la première ordination eut lieu à Noël
Pour l'organisation paroissiale, nous avons déjà, en traitant du remplacement des curés, retracé les difficultés auxquelles elle continua à se heurter; nous n'y reviendrons pas. Les tentatives de réunions de paroisses ne réussirent pas mieux dans cette période que dans la précédente. Le 4 février 1792, le Conseil épiscopal nommait des commissaires pour s'entendre à ce sujet avec les Districts (4). Le 26 mars, par un arrêté que le Département homologua le lendemain, il réduisit ie nombre des paroisses de Chauvigny et transféra le service paroissial de Saint-Léger à Saint-Just, sans préjudice des droits respectifs des deux paroisses. Le transfert des vases sacrés eut lieu sans trop de bruit, mais la procession de la Quasimodo dégénéra en
(1) A. de la Gonst. de Châtellerault, 7 fév. 1792. — (2) A. de la Const. de Poitiers, :\ janv. 1792. — (3) A. V., L. 362 : Reg. pétitions District, 25 nov. 1791. — (4) Del. Distr. Châtellerault, 7 mars. Le Conseil de District avait adopté les 18 et 24 octobre un projet de réunion moins radical que son premier plan.
émeute. Cette procession, qui était presque un pèlerinage, puisqu'elleallait de Chauvigny à Plaisance, partait traditionnellement de Saint-Léger et y rentrait. Elle partit bien de Saint-Just sans encombre, mais, au retour, les paroissiens de Saint-Léger, notamment lessergetiers, exigèrent qu'elle y rentrât, que le lendemain la messe y fût dite et le Saint- Sacrement rapporté par le curé de Saint-Just en personne. La municipalité consentit à tout et, après la messe, pendant que les plus dévots se faisaient dire des évangiles, les autres enfonçaient la sacristie pour voir si les ornements sacerdotaux avaient bien été réintégrés (1).
Il fallut renoncer aux projets de réunions, sous peine de soulever les campagnes.
Avec l'Église orthodoxe, malgré les intentions de Montault, le conflit était dans la nature des choses, et le schisme menait à la persécution. La situation était d'autant plus difficile que l'état civil restait aux mains du clergé officiel.
Pour les baptêmes et les mariages, les instructions épis copales suggéraient de réclamer le bénéfice de l'édit de 1788, qui avait accordé aux protestants la constatation judiciaire de leur état-civil. Nous avons déjà signalé comment il n'était pas impossible de recourir au ministère de pasteurs légitimes demeurés en fonctions. D'après une tradition (2), certains catholiques auraient baptisé euxmêmes leurs enfants avant de les présenter aux intrus. On ne trouve pas trace de conflits à propos de baptêmes et de mariages ; mais il y eut des enterrements clandestins, bien que, les honneurs funèbres n'étant pas un sacrement, les instructions autorisassent les héritiers à livrer le cercueil à
(1) A. V., L. 251. Proc.-Verb. Mun. de Chauvig Dél. Dir. Dép.,
18 avril. — (2) Recueillie par M. de Coursac.
Tintrus, à condition de ne pas assister eux-mêmes à la cérémonie. Une religieuse de la Trinité fut inhumée à l'intérieur par l'aumônier sans qu'aucune autorité eût été prévenue. La communauté fut dénoncée à l'accusateur public. Le bruit courut que les cercueils orthodoxes ne contenaient que des bûches. Le 25 août, une religieuse de Sainte-Croix étant morte, les autres avaient déposé le cercueil à la porte, où Guilleminet vint s'en emparer pour le conduire au cimetière de la paroisse. Il le fit ouvrir pour constater que le corps y était bien. L'affaire fit scandale, et le Département, par réaction, autorisa les communautés <; à procéder comme elles aviseraient à ces inhumations en faisant constater la mort par les officiers de police » : c'était à peu près l'édit de 1788. Guilleminet protesta violemment :
Je sais bien qu'il existe une loi de 1788 qui charge les juges de faire les actes mortuaires des non-catholiques... Pourquoi ces religieuses ne déclarent-elles pas qu'elles sont non-catholiques? Cette déclaration trancherait toute difficulté (1).
Le 10 février 1792, la Société des Amis de la Constitution de Poitiers, convaincue qu'il est nécessaire à l'ordre social de constater la naissance, baptême (sic) ou mort des citoyens, arrête que M. le curé de Saint-Hilaire sera invité de dénoncer à l'accusateur public l'inhumation secrète de Mlle Catineau, morte dans l'étendue de sa paroisse, et qu'en cas de négligence ou de faiblesse de la part de ce fonctionnaire public elle dénoncerait elle-même cet attentat contre la loi et. l'harmonie sociale (2).
Mais ce n'était pas seulement dans les matières où la législation donnait aux cérémonies religieuses des effets
(1) A. N., Fxix, 481. Guilleminet à Lessart, 8 oct. Le Dép. à Lessart, 9 oct. 1791; — (2) A. de la Const., 10 févr.
civils que les Jacobins entendaient imposer l'unité à leur façon. En réalité ils ne voulaient pas admettre l'existence du culte réfractaire, et tout leur effort ne tend à rien moins qu'à le rendre impossible, d'abord en faisant fermer les chapelles des couvents où il s'était organisé, ensuite en réclamant la déportation des prêtres insermentés.
C'était toujours dans les chapelles des couvents que se poursuivait un culte réfractaire semi-public. L'invitation que le Département avait donnée aux communautés le 1 S juillet de fermer leurs portes n'avait été écoutée que tant que l'effervescence avait duré.
Les capucins, chassés de chez eux par l'émeute du 14, réclamaient sans se lasser le droit de reprendre la vie commune^ que le Département leur avait reconnu en principe. Le 10 octobre, les Jacobins, sur motion de Bontemps, arrêtaient de demander aux corps administratifs « de vouloir bien faire fermer la porte des églises des couvents qui ont été ouvertes depuis peu ». Le 13, un commissaire rend compte de la députation : le Département déclare qu'il n'a point ordonné aux religieuses de fermer leurs portes; il les y a seulement invitées et entend les laisser libres. Alors on arrête de présenter un mémoire à la municipalité qui le présenterait elle-même au Département et le forcerait ainsi à faire son devoir (1).
Le 25 novembre, le renouvellement municipal ayant renforcé le parti avancé, Thibaudeau fils étant procureur,
(1) Amis de la Const., 10, 13, 20 nov. 1791.
la Société populaire réclame une assemblée générale de la commune pour délibérer sur les sujets qui leur tenaient à cœur : translation des capucins dans une autre ville ; fermeture des oratoires des religieuses et des hôpitaux ; descente des cloches des couvents et utilisation de leur argenterie ; enfin, pour colorer cette assemblée d'un prétexte d'intérêt local qu'exigeait la loi, délibération sur ce qu'il convenait de faire du timbre de la grosse horloge (1). La pétition, signée de 150 citoyens actifs et présentée par 10 commissaires, fut accueillie : le 10 décembre le conseil de la commune convoqua pour le 21 une assemblée générale qui émettrait son vœu sur ces quatre articles (2). C'est à ce moment même qu'éclatait l'affaire du Tréhan.
Le 16, Barbault de la Mothe, président du District, et Jahan de la Ronde, faisant fonction de procureur syndic, se transportèrent au Département et lui dénoncèrent cette délibération comme contraire aux articles 2 et 9 de la loi des 20-22 mai 1791, qui défendait aux communes de s'assembler si ce n'était pour des objets d'administration purement municipale (3).
Ils eurent gain de cause. Le Département écrivit à la municipalité qu'il lui laissait jusqu'au lendemain pour retirer elle-même sa convocation ; sinon « le directoire substituera aux movens de douceur et de fraternité l'exer-
cice du pouvoir que les lois lui ont confié ». La municipalité se soumit ; mais, pour couvrir sa retraite, elle maintint l'assemblée en limitant son ordre du jour au référendum sur le sort de la grosse cloche, dont personne ne se souciait (4).
(1) Amis de la Const., 25 nov. 1791. - (2) Dél. mun. Poit., 10 décembre 1781.— (3) Dél. dir. distr., 16 décembre. —(4) Dél. Dir. Dép., 16 déc. 1791. Dél. mun. Poil., 17 <i
Nous voyons alors les Jacobins s'adressera l'Assemblée Nationale pour réclamer non seulement la fermeture des chapelles des couvents, mais la fermeture des couvents eux-mêmes (1). Ils n'en renouvelèrent pas moins leur demande pour la fermeture des chapelles, et le 21 février le Département céda. Il prit en considération la pétition et la renvoya pour avis au District, qui lui-même en saisi I la municipalité.
Celle-ci prescrivit une enquête pour établir que les chapelles faisaient complètement office d'églises paroissiales, qu'on y prêchait, qu'on y faisait faire la première communion aux enfants, ce qui constituait d'après elle les fonctions publiques ecclésiastiques. Les chapelles auraient été si complètement substituées aux anciennes paroisses qu'on y aurait célébré les fêtes patronales de ces dernières. La Visitation, où officiait Ch. Brault, suppléait par exemple Saint-Porchaire.
L'enquête, dans laquelle Gervais, commissaire de la municipalité, entendit, le 24 février, une trentaine de témoins n'établit pas grand'chose sur l'organisation réelle du culte réfractaire; mais il fut surabondamment prouvé que les premières communions avaient été célébrées avec quelque solennité et que de grands efforts avaient été faits pour détourner les enfants de recevoir ce sacrement des mains des intrus (2).
Le même jour, une pétition de 600 citoyens (8) était présentée au Département pour réclamer le maintien des chapelles (3). Aucune manifestation n'avait encore réuni un aussi grand nombre de signatures. Le Département.
(i) Amis delà Const., 10, 13 janv. 1792. — (2) A. Y., L. 251. P.-V. d'enquête par Gervais, à ce commis. — (3) A. N. I"I<J i81.
dont le parti était pris, feignit de n'avoir pas reçu cette pétition et le 26 rendit son arrêté (1). Il ordonnait à toutes les maisons religieuses et aux hôpitaux de se restreindre à trois aumôniers et de tenir leurs chapelles fermées à toutes personnes du dehors. Il prétendait cependant respecter la liberté des cultes et laissait aux non-conformistes le choix de célébrer la messe dans les églises paroissiales, « auquel cas il leur sera fourni toutes les choses nécessaires au culte catholique, apostolique et romain par les fabriques », ou de se procurer à leurs frais des édifices, « en mettant néanmoins sur la principale porte d'entrée de ces édifices l'inscription qui leur sera donnée par le Directoire de département, et en ne faisant ni ne souffrant qu'on y fasse aucun discours contenant des provocations directes contre la Constitution ».
Les catholiques romains n'acceptèrent pas cette invite :
Nous nous donnerions bien garde d'adopter le parti qu'on nous propose. Le jour où cette église serait ouverte serait un jour de crime et de désordre. Les administrateurs ne se dissimulent pas ces malheurs... ; plus d'une expérience a déjà marqué les bornes de leur autorité (2).
Il était facile de prévoir en effet que les Jacobins, qui n'avaient pu souffrir le culte dans les chapelles, organiseraient des émeutes pour troubler ces cérémonies encore plus publiques.
Les Amis de la Constitution se procurèrent vite, grâce à une complicité dans les bureaux du Département, la liste des pétitionnaires et ils en donnèrent lecture à leur séance
(1) Le texte s'en trouve au registre des délibérations à la date et A. \ I >■' isl. 11 fut publié dans le Joui nul do la Vienne, le 5 mars, I. 148 ,.| suiv. — (2) A. N. Fie m, Vienne 7. Les catholiques romains au Roi.
i ! DANS LA \ ll'wr
du 'J. mars, comme d'une liste de proscription I foutes les menaces n'arrachèrent qu'une seule rétractation l . Un groupe tic pétitionnaires protesta dès le lendemain
auprès du Département contre l'infidélité qui avait livré les noms de leurs amis à leurs adversaires et réclama communication de la pétition adverse et de l'information faite par la municipalité (3). Le Département leur refusa celle communication (9 mars) sur avis conforme du District : « Tout citoyen qui se croit lésé n'a besoin que de cet arrêté même pour se pourvoir contre icelui, s'il y a lieu. »
Ils en appelèrent alors au Roi (4) et lui demandèrent l'annulation de l'arrêté. Dans la lettre d'envoi de la pétition adressée au ministre de l'Intérieur (5), Rousseau de la Cour, Morillon Dubellay et l'apothicaire Favre faisaient remarquer que Montault n'avait pas voulu signer l'arrêté du 26 et que sa lettre pastorale du G mars en constituait le désaveu implicite :
Respectables dissidents (|ui n'avez montré qu'une erreur paisible, vous qui avec des opinions inciviques êtes de vrais citoyens, ne craignez pas que ma bouche se prête contre von- à aucune inculpation. Dieu m'est témoin que je m'exposerais a mille persécutions pour vous en éviter une seule.. .
Du reste la religion sainte que nous sommes chargés <le vous enseigner n'a d'autre pouvoir que la persuasion : nous n'emploierons jamais d'autres moyens 6).
Les commissaires des catholiques romains assuraient le ministre qu'ils auraient pu avoir 7 a 8.000 signatures. En rapprochant la pétition au Département et la pétition
(l)Amis de la Const. -J. mars 1792. —(2) Anus de la Const., •': avril 1792. — :. A. X. F1' i:81. 48 citoyens au Département, 3 mars. — (4) \. N. F1' m. Vienne, T. Les catholiques romains au Roi. --(5) \- V l 1-81. — (6) Lettre pastorale, :i-7.
au Roi on en trouve plus d'un millier. Les Jacobins s'avouaient battus quant au nombre :
Si la pétition tendante à la fermeture n'est pas revêtue d'autant de signatures, cela ne doit pas être d'aucune considération (1).
Mais ils furent plutôt excités par la constatation du nombre incroyable d'aristocrates et de fanatiques que renfermait Poitiers. La première pétition n'avait été signée que par des citoyens actifs ou leurs fils âgés de plus de 18 ans ; la seconde fut souscrite aussi par des femmes et par les prêtres insermentés qui s'étaient tenus, comme intéressés, à l'écart delà première. Dans ces deux documents, à côté de noms notables on rencontre une foule d'artisans et de gens du peuple. Beaucoup de noms témoignent de la division que la Révolution produisait dans les familles : c'est ainsi que parmi les catholiques romains figure un Rampillon, un Segris, un Fradin, plusieurs Guilleminet. La Noblesse, dont le grand nombre a émigré, n'est représentée que par quelques noms : MM. de la Messelière, des Courtis, de la Sayette, de Vaucelles, de la Férandière, Jean-Emmanuel de Beauregard, Chabiel de Morière, l'ancien maire, des Minières et ses fils ; de la Peyre, ingénieur des ponts et chaussées ; le juge Gennet, le doyen Labady ; les ci-devant juges consuls Minoret, Meauzé, Ancelin ; les avoués Chevalier, Guimard, Turquand, Rouillé ; les notaires de Cressac, de la Badonnière, Ribault, Bert, Romanet, Bernard ; six médecins sur huit : Pallu, Rousseau, de la Mazière, de Cressac, Lamarque, Joslé, l'entrepreneur Zacharie Galland, figurent au nombre des signataires. Parmi les prêtres on remarque Vervoort, ci-devant curé de Saint-Hilaire de la
(4) Dél. mun. Poit., 28 février 1702.