LES ÉCOLES
département pour être autorisé à s'installer dans cet immeuble, il réclamait aussi un jardin, mais comme la loi ne donnait pas droit à ce supplément et que les jardins curiaux ne formant 'pas une dépendance immédiate de 1 -habitation, ainsi que c'était le cas à Saint-Menoux, avaient été loués, Tarrêté ne lui avait pas donné satisfaction sur ce point.
Une école de filles fut aussi ouverte à Saint-Menoux par la sœur de Jean-Louis Auroux, Andrée, ou « Andrette », comme on l'appelait. Elle fit le 25 floréal an 11 (14 mai 1794), devant la municipalité, déclaration de son intention, « si on l'en jugeait digne, de remplir les fonctions d'institutrice en cette commune de Maille-sur- Rose ». Elle était âgée de vingt-cinq ans et connue, suivant les termes du procès-verbal, « comme de bonne vie et mœurs et capable d'instruire la jeunesse suivant la constitution républicaine... » Elle fut également admise par le jury.
En messidor an iv un arrêté du département du 24 parle des écoles primaires qui étaient alors créées, sans qu'il soit question de celle d'Andrée Auroux. On sait cependant qu'à cette date cette dernière était installée et enseignait, ainsi que son frère, dans la maison de l'ancien presbytère. On trouve d'ailleurs, peu de temps après, mentionnée au registre municipal (procès-verbal du 29 frimaire an v), la lecture d'une lettre du département annonçant « l'envoi du mandement de la somme de 1.428 livres en mandats, valeur nominale, pour letrai-
aurait pas d'autre local communal convenant à cette destination (lois des 2^ brumaire an II ; 28 ventôse et 6 floréal an iv;. — Ce n'est certainement qu'après le Concordat (1$ juillet 1801) que le presbytère de Saint-Manoux fut restitué au curé. Dans un état, non daté, mais vraisemblablement de thermidor an ix, énumérant les bâtiments, emplacements nationaux, etc., occupés par un service public ou présumé tel, mention est faite pour Saint-Menoux de la maison curiale comme affectée au « logement de l'instituteur primaire », avec cette observation : « A conserver sous ce rapport d'utilité publique ». (Arch. de l'Allier, série Q). — Quand l'école quitta le presbytère, on l'installa dans la « charbonnière », bâtiment très défectueux, qui néanmoins resta consacré à cet usage jusqu'en i86o, époque où eut lieu la construction de l'école actuelle. (Arch. de l'Allier, série O., commune de Saint-Menoux; construction d'une écolej. Depuis 1857 on avait constaté officiellement que maîtres et élèves n'étaient pius en sécurité dans cette ancienne « charbonnière ».
tement des citoyen et citoyenne Jean et Andrée Auroux, instituteur et institutrice dans la commune de Saint-Menoux... » (i).
Le 19 prairial an vi(7Juin 1798), Auroux donna sa démission, motivée sur ce que '< son intention était de fixer pour quelque temps son domicile en la commune de Moulins... » Ce départ inopiné obligeait à la fermeture momentanée de l'école, mais le 30 du même mois un habitant d'Aubigny, André-Charles Dupray, se présentait pour occuper la place et était accepté séance tenante. Une note du registre, datée du 10 thermidor, mentionne qu'il avait également obtenu son certificat.
Et cependant ce nouvel instituteur ne dut même pas, on ignore à la suite de quelles circonstances, ouvrir sa classe. Cela résulte d'une délibération du 9 frimaire an vu (29 novembre 1798), où l'administration municipale déclare considérer comme urgent de « s'occuper de pourvoir à l'instruction de la jeunesse dans la commune, qui depuis longtemps en est privée... » Mais une solution était sur le point d'être donnée à la question, puisque le même procès-verbal porte encore que « le citoyen Louis Bobier, de la commune d'Autry, ayant été proposé pour remplir les fonctions et l'administration ayant une parfaite connaissance de la moralité, du patriotisme et de la capacité dudit citoyen, a décidé qu'il serait écrit en sa faveur aux membres composant le jury d'instruction de l'arrondissement de Moulins... »
Bobier avait en effet besoin d'être recommandé à la bienveillance du jury, car son savoir, malgré ces éloges, était des plus restreints, ainsi que le seul aspect de sa signature suffisait à le démontrer. Il fut nommé définitivement le 1 2 fructidor.
La situation faite aux instituteurs, conforme aux idées du temps et à un milieu social très différent du nôtre, était précaire, les municipalités pratiquant à leur égard une stricte économie. Les familles payaient là rétribution scolaire et le maître en vivait, ajoutant à cette maigre ressource le bénéfice fort minime de quelques fournitures. Les enfants lui apportaient aussi du bois, chacun sa bûche dès les premières fraî-
(i) Andrée Auroux mourut au bourg à ua âge avancé. Elle y fut institutrice long* temps encore après la Révolution, et connue sous le nom de « Madame Blondîn ». Elle avait épousé Tun des fils de Jean Blondin, Philibert.