‹ La révolution à Saint-MenouxChapitre 33 sur 38 · LE CHEVALIER DE JARSAILLON ÉMIGRÉ — SA SUCCESSION · texte numérisé non relu

LE CHEVALIER DE JARSAILLON ÉMIGRÉ — SA SUCCESSION

V^OMME la plupart des émigrés, le chevalier de Jarsaillon avait cru sans doute que son départ serait suivi d'un prompt retour "(i). Son exil volontaire, en réalité, dura toute sa vie et on ne sait même pas ce qu'il devint à l'étranger. M. Cornillon rapporte bien que lors du licenciement de l'armée de Condé il se « retira » chez un seigneur russe appelé le comte de SoUik (2), mais il n'en dit pas davantage et ce vague renseignement n'aide pas à percer l'obscurité dont reste enveloppée la triste destinée de notre ancien maire.

La loi sur le milliard des émigrés vint plus tard raviver son souvenir et mettre ses héritiers, pour toucher la part lui revenant, dans l'obligation d'établir sa situation légale. Dans ce but, on dut faire rendre parle tribunal civil de Moulins (17 août 1826) un jugement de déclaration d'absence qui désignait, en outre, comme administrateur provisoire de ses biens Jean-Marie-Magdelaine-Hippolyte de Jarsaillon, son neveu, fils de François- Lazare. Toutefois, ce n'est que le 21 août 1828 que cette part ou « indemnité », ûxée à 41.396 francs (3), fut attribuée aux intéressés, divisés en trois branches représentées par les deux frères de Jean-Claude et sa sœur, ou leurs descendants.

(i) Ceux qui partaient n'en doutaient pas. « Les nobles quittèrent en foule leurs châteaux..., n'emportant pas même leur argent, leurs bijoux, leurs armes ; la plupart avec un seul habit et quelques chemises, croyant que ce n'était qu'un voyage de plaisir de cinq à six semaines... » [Mémoires du marquis de Ferrières, m, 18.) — Le paiement par Jarsaillon, peu de temps avant qu'il quittât Saint- Menoux, d'un acompte sur ses dettes, pourrait donc n'avoir pas eu la signification que nous lui avions attribuée tout d'abord. (V. ci-dessus, p. 62.)

(2) Le Bourbonnais sous la Révolution^ 11, 204.

(5) L'arrêté du préfet dit que « le produit de la réduction en numéraire du prix des ventes en assignats est de 39-936 livres », à quoi est ajouté « le montant en numéraire de l'estimation du pré de Coulade (?), concédé à l'hospice de Moulins^ de 1.460 francs ».

François- Lazare, toujours vivant et juge de paix du Montet, demeurait à Rocles. 11 avait alors plus de 78 ans, étant né le 4 mai 1750. Jacques-Marguerite était mort le 25 mars 1804, laissant de son mariage avec Jeanne-Antoinette-Pierrette de la Goutte : i** Pierre-Jacques, qui habitait à Jarsaillon; 2° Philiberte-Claudine-Joséphine, veuve de Nicolas-Joseph de Bousingen, demeurant à Moulins; et 3** Jeanne-Josèphe, femme de Jacques-Philibert de Montagut, demeurant en Saône-et- Loire. Enfin Françoise-Marguerite était morte le 2 juillet 1798 (i), épouse de Jean-Baptiste-Marie Voilant de Berville, décédé lui-même le 7 mars 181 8. Elle avait laissé également trois enfants, un fils et deux filles, dont Tune, Jacqueline-Eléonore, s'était fixée, ainsi que son frère Maximilien-Auguste, en Bavière, à Munich. Leur sœur Joséphine- Elvire habitait à Moulins (2).

(i) Elle était née le 16 octobre 17^9.

(2) Arch. de TAllier, série Q.; liquidation des indemnités dues aux émigrés; J.-C. de Jarsaillon.

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