‹ La révolution à Saint-MenouxChapitre 36 sur 38 · CE QUE DEVINT JEAN BLONDIN · texte numérisé non relu

CE QUE DEVINT JEAN BLONDIN

LrA question relative aux fçnds et papiers conservés par Blondin, dont nous avons parlé (i), était à peine réglée que survenaient de nouveaux incidents encore provoqués par lui. Le 12 mai 1793, le bruit se répandait dans le bourg de Sainl-Menoux que plusieurs citoyens portant le nom de quelques officiers municipaux avaient, sur présentation de parents et amis de l'ancien maire, signé un « certificat de probité » en sa faveur et rédigé de façon à pouvoir être attribué auxdits officiers municipaux. D'urgence, à cette nouvelle, ces derniers s'étaient assemblés, attendu, explique un procès-verbal consigné au registre, qu' « il est intéressant, pour l'honneur de la commune, de s'assurer de la vérité ou de la fausseté de ce bruit injurieux ». Une enquête, ouverte immédiatement, avait permis de vérifier que la femme Blondin, son fils Joseph, sa fille Marguerite, mariée à Trémont, tous aidés de Tridon, avaient bien, en effet, colporté le certificat dont on parlait, et dans le but que l'on signalait. Ce certificat émanait de Blondin lui-même et commençait par ces mots : « Nous maire et officiers municipaux... » On l'avait présenté à Auroux, homme simple et peu lettré, ainsi qu'au fils et au frère de Pompone Mérite et de Gilbert Bobier, et également à Charles Guelin, lequel avait « rejeté avec horreur » le papier en y reconnaissant l'écriture de « celui qui cherche encore, du fond de sa prison, à surprendre la bonne foi des citoyens... » On avait fait signer aussi, ou tenté de faire signer d'autres habitants du bourg «e sachant que tracer à peine les lettres de leur nom, et à ceux-là on s'était contenté de dire qu'il s'agissait uniquement d'affirmer « que la femme Blondin est une honnête femme ».

(i) V. ci-dessus, p. 79.

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Les officiers municipaux dressèrent de ces faits un procès-verbal, qui fut envoyé à Taccusateur public.

Le certificat en question, s'il avait été possible de l'obtenir, vrai ou faux, eût montré que l'opinion publique, dans son pays, était restée fidèle à Blondin et que ses concitoyens, convaincus quand même de son innocence, lui avaient conservé leurs sympathies et leur estime. Une demande en réduction de peine, accompagnée d'une pièce semblable, eût eu beaucoup de chances d'être prise en considération.

On la présenta néanmoins, malgré l'échec de la combinaison, cette demande, mais beaucoup plus tard, le i6 avril de Tannée suivante. Elle était adressée, conformément à l'usage, au représentant Vernerey, et signée de la femme de Blondin. Son mari, disait cette dernière, était une victime à qui on devait rendre laliberté et « l'honneur ». Expliquant à sa façon l'affaire des tombeaux, elle se montrait agressive envers ceux dont les dépositions au procès avaient contribué à son dénouement, notamment Pallier, « l'ennemi juré » de son mari. Il ne lui avait pas pardonné, prétendait-elle, d'avoir « accepté la fonction de maire, qu'il briguait lui-même », et il en avait conçu une si forte rancune contre lui, qu'il n'avait pas craint de l'accuser «d'avoir remué la cendre des morts », et qu'il était « venu à bout de le faire condamner », « à force d'amis et de malice ».

Cependant, à cette époque d'avril 1794, le sort de Blondin était moins à plaindre qu'on ne serait tenté de le croire. Pour s'en rendre compte, il suffit de feuilleter le registre du comité de surveillance de Moulins où l'on découvre, à la date du 19 nivôse an 11 (8 janvier 1794), c'est-à-dire deux mois auparavant, moins de neuf mois, par conséquent, après sa condamnation, que ce prisonnier est en même tempis « geôlier de la maison de justice ». En cette qualité, le comité lui donne la mission de subvenir aux besoins de la citoyenne Legros, internée et en proie à des douleurs d'enfantement (i). On le charge de « lui donner

(i) Il ne s'agit pas de M"» Legros-Tiersonnier de Logères, dont le mari, Pierre Legros, venait d'être (51 décembre 1793) guillotiné à Lyon (faisant partie des trente-deux^. C'était la femme d'un citoyen Legros, emprisonné également, on ignore pourquoi, libéré le 2 pluviôse an 11 et affecté on ne sait à quel titre à l'un des corps d'armée. M">« Legros-Tiersonnier fut consignée chez elle, Ainsi

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