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NAS ET ETAPE PATES PASTANIOINMEC ON IO NT AUD ES II

la vice-royauté du Rio de La Plata comme dans le reste de l’Amérique, on le rémunère avec le pain que mange l’esclave pour ne pas mourir. «On lui accorde, dit À. Garcia, l’indispensable pour qu’il ne meure pas ; on lui octroie la vie précaire et misérable, et encore, de temps en temps, on exige de lui de la reconnaissance, de la loyauté et même des sacrifices » (:).

Donc, les fortunes coloniales ne sont pas le produit d’un travail basé sur une science économique, ni sur une véritable raison de justice. Ce sont la contrebande, l’exploitation inique du bras humain, les monopoles et les privilèges royaux qui cimentent cet édifice dont les bases reçoivent un coup mortel avec le mémoire adressé au vice-roi de Buenos-Ayres par Moreno, le représentant des grands propriétaires.

La vice-royauté comprenait l’archevêché de Charcas et les évêchés de Buenos-Ayres, Paraguay, Tucuman et Santa-Cruz de la Sierra y la Paz. Chaque siège épiscopal était le centre d’un pouvoir qui, ayant à sa disposition l’arme spirituelle de ses excommunications, comptait encore sur l’appui du législateur civil et des gouvernants qui représentaient le monarque. En dehors de certains dissentiments, comme ceux entre l’évêque La Torre et le gouverneur Vergara, en général les deux pouvoirs marchaient d’accord. Légalement, l’Église ne pouvait agir autrement, puisque sa mission spirituelle était intimement associée à la

(*) AGusTiN Garcia, La Ciudad Indiana, p. 232.

politique, et que toutes les deux devaient servir de support à la monarchie.

C'était l’Église qui tenait dans ses mains l’éducation de la jeunesse, et, avec ses rites, elle était aussi l’unique force qui rompît le silence régnant dans la société coloniale.

Autour des Cabildos se groupaient les maisons conventuelles. Buenos-Ayres eut deux couvents de Franciscains, un de Dominicains, un de Religieux de la Merced, un de Bethlémites, une résidence de Jésuites, un couvent de religieuses Clarisses, un autre de religieuses de : Sainte-Catherine, une Maison d’Exercices et un bon nombre d’églises paroissiales. En dehors de leurs propriétés urbaines, les couvents étaient détenteurs de fermes et de propriétés rurales qui leur permettaient de vivre à l’aise. L'Église percevait la dîme et jamais l’argent du riche ne manquait pour l'entretien de la splendeur religieuse.

Mais malgré tout cela, la foi catholique de la colonie offrait des fissures profondes. Quelle était la famille dévote qui n’avait pas d’esclaves ? « Les gens priaient et jeûnaient, c’est certain ; mais dans leur âme s’infusait-1l la haute notion de la nature humaine et de ses rapports avec Dieu, le germe des harmonies morales, la responsabilité et la liberté qui donnent son mérite à la vertu et constituent son essence même ? Les recensements des communions ne prouvaient pas autre chose que le respect que l’on avait pour les actes d’une religion dont il est bien possible qu’on ne comprit pas le dogme et l’essence. La religion est une forme

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