‹ La Révolution ArgentineChapitre 28 sur 62 · DA DR IE VLO AUTO NTM AMRIGHENAMMENSE · texte numérisé non relu

DA DR IE VLO AUTO NTM AMRIGHENAMMENSE

créole met en état de crise dans la vie de la colonie. |

Si l’on nous demande quel est le programme de cette révolution, notre réponse ne pourra pas être tout à fait concluante. S'il n’y a pas de programme, il y a tout au moins une idée, et cette idée, à mon point de vue, est plus que suffisante pour définir la Révolution. L'idée de liberté, d'indépendance se laisse voir et sentir à travers tous les actes de notre première démocratie.

Ce qui, au Rio de La Plata, inspire de l’intérêt, ce n’est pas le sort de la Péninsule, mais le sort de la colonie. Si noble que soit son idéal, étant donné que l'aspiration créole se base sur un mouvement séditieux, il est nécessaire de couvrir d’un masque le vœu civique, et ce masque sera la formule, consacrée par acte solennel, de vouloir conserver ces domaines au roi captif. On fit cela par politique, dit Saavedra, « et sous le couvert de M“ Ferdinand VII, la Junte prit ses mesures et donna ses ordres » (:).

= L'esprit de la philosophie libérale française renaît vigoureux dans la masse créole. Si celle-ci le sent, elle se garde bien de le dire. C’était, en effet, devant la conscience théologique de l’époque, un péché qué de s’insurger ; et si les acteurs du drame avaient osé dire franchement à quelles sources ils s’étaient inspirés pour avoir un tel courage, la gravité du péché en aurait été accrue. Mais devant l’histoire, ce qui a de la

(*) Memorias y Autobiografias, t. I, p. 53.

valeur, ce sont les faits, et les faits qui marquent le début de la Révolution argentine dénotent une affinité absolue avec ceux qui inspirèrent la Déclaration des Droits de l'Homme. La haine de l’oppression et de tout ce qui la symbolise est le moteur impulsif de la Révolution argentine. De là vient qu’elle n’ait pas même temporisé au sujet de la présence permanente d’un vice-roi en qualité de membre du gouvernement. Le créole, et Le créole seul, devait tenir en ses mains les destinées de cette colonie que la monarchie n’était pas capable de maintenir sauve dans son naufrage politique. Les moules du vieux régime une fois brisés, la colonie devait cesser d’être esclave, et organisant ses éléments, se proclamer, au moment opportun, une nation souveraine.

De là vient aussi que cette Révolution se soit consacrée à une formule qu’elle portait en elle-même comme un trésor précieux, et que le premier et le plus serein de nos historiens nationaux a su synthétiser . en une seule phrase. |

Cette formule était : Peuple et souveraineté.

« Telle est, dit Mitre, la formule de toutes les formules ; développée par Castelli et Passo, comme tribuns du peuple, au Cabildo public du 22 mai; commentée par Moreno comme publiciste dans les pages inspirées de La Gaceta ; appliquée au gouvernement par les Juntes exécutives ; interprétée législativement par la grande assemblée de l’an XIII, ce fut elle qui, sans changer de forme pendant six années consécutives, domina la Révolution en la mettant sur la voie de la liberté. Elle fut politique et non juridique, et

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pour ce motif elle vécut et progressa, suivant le temps et les événements auxquels elle s’adapta complè-

tement (1).

(:) Nuevas comprobaciones histricas a propsito de la Historia Argentina, p. 187.

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