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transformé en vice-roi. Un voyage en Espagne et une entrevue avec le gouvernement de la régence qui tenait en ses mains le sort de la Péninsule avaient suffi pour le sacrer vice-roi et capitaine général des provinces qu’une révolution populaire avait soustraites aux périls de la couronne.
Dès son arrivée à Montevideo, son premier acte fut de s’adresser à la Junte patriotique pour en exiger l’hommage correspondant à sa nouvelle investiture. La royale Audiencia répondit au nom de la Junte et lui fit savoir que son autorité de vice-roi était nulle, parce que dans ces provinces le Conseil de régence dont émanait son pouvoir n’était pas reconnu comme légitime.
Le Cabildo ne fut pas moins explicite, et dans sa note refusant d’accepter Elio comme vice-roi, il refusa aussi de reconnaître, en même temps que le Conseil de régence établi « sans l’intervention des Amériques », les Cortès, « à la formation desquelles elles n’avaient pas non plus pris part ».
Si libérales que fussent les intentions des Cortès espagnoles, l’invitation faite par Élio à la Junte de les reconnaître et de leur prêter serment ne pouvait avoir aucun succès. Un Congrès général de la viceroyauté était déjà convoqué, et ce n’était pas l’organisation constitutionnelle de la monarchie qui intéressait les patriotes du Rio de La Plata, mais celle des provinces qui, en dépit du soin qu’elles mettaient à cacher leurs intentions sous le masque de la fidélité à Ferdinand VIE, s’acheminaient vers l'indépendance absolue.
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Cette résistance aux Cortès générales montre que la Révolution argentine était radicale dans son origine. Ses sentiments de fidélité étaient de pure forme. ‘Le Doyen Funes dans La Gaceta et Monteagudo dans le Martir o Libre les combattaient avec ténacité. Accepter la souveraineté de ces Cortès et s’y incorporer, même avec le plus sincère esprit démocratique, aurait été dénaturer le caractère de la Révolution (:).
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() Les Cortès générales et extraordinaires de la nation espagnole se réunirent dans l’île de Léon, le 4 septembre 1810 ; y assistèrent les députés de l'Espagne et ceux des domaines d’outremer.
D'accord avec la résolution de la Junte centrale, les Cortès générales devaient se réunir le 1°7 mars 181"; mais le Conseil de régence qui lui succéda, ennemi de l'esprit démocratique qui animait l’élément libéral espagnol, et qui désirait une organisation constitutionnelle du royaume, retarda cette réunion le plus qu’il lui fut possible. Les libéraux espagnols croyaient pouvoir sauver les colonies, « malgré, dit un écrivain, la situation de la monarchie, si, le système de gouvernement libre une fois établi dans la -nation, leurs peuples étaient appelés à figurer au sein de la représentation nationale. La pensée de maintenir les domaines d’outre-mer, de conserver les Amériques, comme disaient les libéraux espagnols de l’époque, sous ‘la souveraineté de l’Espagne, ne fut donc pas étrangère à l'intention de réunir les Cortès générales et extraordinaires. » (E. DEL VALLE IBARLUCEA, Los diputados de Buenos Ares en las Cortes de Cadiz, p. 7.)
Dans ces Cortès figurèrent, comme députés suppléants pour la vice-royauté de Buenos-Ayres, — ils avaient été désignés par le Conseil de régence, — Don Manuel Rodrigo, Luis Velazco et Francisco Lopez Lispergues.
« Les députés de Buenos Aires, dit Del Valle Ibarlucea, suivirent l’orientation des autres députés américains, leur conduite contrastant généralement avec celle du représentant de Montevideo, l’aumônier du corps royal d’artillerie dans le département du Rio de La Plata, Don Rafael Zufriategui, qui servit les intérêts d’Elio et du Cabildo de cette ville. Les seigneurs Rodrigo, Velazco ct Lopez L'spergues, spécialement ce dernier, prirent part à plu-