‹ La Révolution ArgentineChapitre 35 sur 62 · DES ZAR PAU MVP TER AND ET EAN COIN STI T'U'A NOTE · texte numérisé non relu

DES ZAR PAU MVP TER AND ET EAN COIN STI T'U'A NOTE

Les paroles plus ou moins flatteuses qui pouvaient lui venir de la métropole n'étaient pas assez puissantes pour la détourner de sa route en dénaturant le but où elle tendait. De là l’indifférence avec laquelle lesdites Cortès furent considérées par les hommes politiques de la Révolution d’abord et par les historiens de ce grand événement plus tard. C'était l’Espagne, et non ses colonies,qui pouvait attendre d’elles sa libération.

Devant. l'attitude agressive d’Elio, qui outre les troupes régulières avait à sa disposition une marine de guerre, la Junte se décida à intervenir militairement pour briser cette résistance.

S1 la capitale était un terrain propice aux ambitions absolutistes d’Elio, bien que dans son enceinte un bon nombre de créoles ne fussent pas en communion d’idées avec lui, 1l n’en était pas de même pour la campagne, où la propagande révolutionnaire avait commencé à se frayer un chemin.

Le 28 février 1811, les milices de Mercedes reconnurent le gouvernement de la Junte, et, guidées par José Artigas, se soulevèrent en armes contre Elio.

Belgrano, à son retour de l’expédition du Paraguay, fut nommé général en chef de l’armée qui commen-

sieurs importants débats pour défendre les intérêts de l'Amérique. » (Ouvr. cité, p. 86.)

Les députés espagnols et américains, le 19 mars 1812, prêtèrent serment à la constitution sanctionnée par les Cortès de Cadix. La durée de cette constitution fut éphémère. Par suite de la réaction absolutiste de 1814, elle cessa d’être une force politique et démocratique.

çait à s'organiser dans cette dernière ville ; mais il fut bientôt remplacé par Rondeau.

Pendant ce temps, Artigas occupait le bourg de San José le 25 avril, et le 18 mai il triomphait à Las Piedras, village situé à quatre lieues de Montevideo où Elio avait réuni mille trois cents de ses meilleurs soldats. Ce triomphe de la Révolution obligea le chef royaliste à abandonner la colonie et à concentrer ses troupes à Montevideo. È

Le général José Rondeau, qui avait succédé à Belgrano dans le commandement de l’armée révolutionnaire, partit de Mercedes à la tête de cinq mille hommes, et le 1°T juin 1811 mit le siège devant Montevideo.

Dans cette occurrence, Elio s’adressa au gouvernement portugais résidant à Rio de Janeiro à cause de l'invasion napoléonienne, et une armée lusitanienne, sous les ordres du général Diego de Souza, pénétra sur le territoire argentin de la Banda Oriental.

Au moment où cette intervention militaire des Portugais se produisait, l’état politique des provinces était assez inquiétant. Le Paraguay s’était séparé, une armée royaliste menaçait du côté du nord, une profonde crise politique commençait à se dessiner parmi lés directeurs de la Révolution. Que faire en une telle conjoncture ? Comme il n’était pas possible de résister par les armes sur tous les fronts de la viceroyauté, la Junte pensa que la cause de la liberté serait mise à l’abri si l’on obtenait un armistice d’Elio. Cet armistice fut conclu entre le représentant de la Junte argentine et Elio, à qui celle-ci donna cette fois

L'EREDIR EU NN EN ER ASIN ENTRE AMC ON SIT OT U AUNIT E +255

le titre de vice-roi, et le traité appelé de pacification, ratifié par le Triumvirat, fut signé en octobre 1811, le 21 à Montevideo et le 24 à Buenos-Ayres.

Bien que quelques-unes de ses clauses puissent s'interpréter comme un fléchissement des principes révolutionnaires, le traité avait au moins l’avantage de conjurer ou de retarder la complication provoquée par le Brésil (').

« L’excellentissime seigneur vice-roi, disait la clause 11 du traité, s'offre à faire en sorte que les troupes portugaises se retirent à leurs frontières et laissent libre le territoire espagnol » (°).

Le gouvernement argentin, en signant cet armistice, était bien loin de consentir à une capitulation. Comme la capitulation était le but que se proposaient les chefs espagnols de La Plata, Vigodet, qui succéda à Elio en qualité de gouverneur de Montevideo, déclara de nouveau la guerre à Buenos-Ayres, et le premier Triumvirat envoya Belgrano à Rosario, ville située sur le Paranä, le 18 janvier 1812, avec la mission d’y organiser une armée destinée à envahir la Banda Oriental. Il devait en même temps garder les côtes

(:) Par la clause 2, « on reconnaît l’unité indivisible de la monarchie espagnole, dont font partie intégrante les Provinces du Rio de La Plata, en union avec la Péninsule et avec les autres parties

: de l’Amérique ». Il est certain aussi que par cette même clause le gouvernement révolutionnaire se dit sans pouvoir pour résoudre la grave et importante affaire des Cortès générales, et que c’est le Congrès général des Provinces, « qui est sur le point de se réunir », qui devra le faire. (Registro Oficial, t. I, p. 123.)

(2) Registro Oficial, t. T, p. 124.

de ce fleuve, menacées fréquemment par les vaisseaux de l’escadre espagnole.

Nommé plus tard à la tête de l’armée du Nord, Belgrano quitta Rosario et fut remplacé par Sarratea.

Après avoir assuré au moyen d’un armistice signé entre le Triumvirat et Sa Majesté le Régent de Portugal l’évacuation des troupes portugaises qui occupaient les côtes de l’Uruguay, le gouvernement de Buenos-Ayres décida que l’armée de Sarratea passerait le fleuve et envahirait l’Uruguay. Cette opération se fit avec un plein succès et l’avant-garde de l’armée argentine, commandée par Rondeau, se dirigea immédiatement vers Montevideo, campa au Cerrito, situé à une lieue de la ville, le 20 octobre 1812, et organisa le second siège. Le 31 décembre, Vigodet tenta de sortir de la ville et d’attaquer Rondeau. Les Espagnols furent vaincus et se virent obligés de rentrer de nouveau dans l’enceinte de Montevideo. Ce siège dura jusqu’au 20 juin 1814, jour où les assiégés durent se rendre.

Animé par la volonté de vaincre l’ennemi, tout en mettant en pratique sa résolution et en organisant des armées à l’une et l’autre extrémité de la viceroyauté, le gouvernement prenait d’autres mesures qui laissaient entrevoir l’existence d’un idéal national. Le 12 février 1812, le T'riumvirat permet l’usage par«les troupes de la patrie » d’une cocarde«que l’on déclare nationale des Provinces unies du Rio de La Plata », composée des couleurs blanche et bleu céleste CC}:

PPEMOTERTINUEN STAR AS TMENTON ITA NC ON ST I TAUr AUNCTIE 217

Le 9 avril il publie un décret prohibant, «en considération des principes libéraux qui ont été proclamés, » l'introduction des esclaves (1), et le 13 mai de la même année il ordonne que soit supprimé le défilé de l’étendard royal, « cérémonie humiliante, introduite par la tyrannie et incompatible avec les prérogatives de la liberté » (°).

Pendant que les patriotes prenaient ces mesures, symptômes d'indépendance et de liberté, les Espagnols, opiniâtres à soutenir la cause royaliste, tramaient en secret une conspiration.

À la tête de ces conspirateurs se trouvait un riche Espagnol jouissant d’un grand prestige par sa position sociale et le rôle important qu’il avait Joué, en sa qualité d’alcade de Buenos-Ayres, dans la Défense et dans la Reconquête : ce personnage était Don Martin de Alzaga, et les ramifications de la contre-révolution s’étendaient depuis Buenos-Ayres jusqu’à Montevideo. .

Il entrait dans le plan d’Alzaga de faire descendre sur Buenos-Ayres les quatre mille hommes de l’armée portugaise qui était campée sur les bords de l’Uruguay, de mettre en action les vaisseaux de l’escadre espagnole existant dans les eaux du Rio de La Plata, et après avoir pris Buenos-Ayres, de se saisir des révolutionnaires argentins et de les exécuter, à titre d'exemple pour le peuple rebelle, sur la place publique. « D’après les déclarations faites au procès, dit

() Registro Oficial, t. I, p. 168. 2 (2) Registro Oficial, t. I, p. 168.)

Agrelo, le mouvement devait avoir lieu dans les derniers jours du mois de juin, mais il fut reporté au s juillet, les conjurés attendant une communication de Montevideo, et Alzaga fixant aussi ce jour-là de préférence parce qu’il rappelait un glorieux souvenir aux Espagnols et que cette circonstance lui fournirait ainsi le moyen de les enflammer davantage. À pareil jour, cinq ans auparavant, on avait repoussé l’invasion du général Whitelooke, après avoir reconquis la cité, l’année précédente, sur les mêmes Anglais aux ordrés du général Berresford (:). »

Mais le destin en avait décidé autrement. Informé à temps de ce qui se machinait, le gouvernement résolut de procéder avec énergie, et le 2 juillet commencèrent les arrestations. Ce jour-là fut arrêté et mis en chapelle l’intendant d’Alzaga, qui fut luimême appréhendé le 4, et fusillé le 5, à quatre heures du matin, sur la place de la Victoire, en face de la pyramide qu’en commémoration du 25 mai 1810 on avait érigée la veille, et aux grilles de laquelle lui et ses complices avaient l'intention de faire pendre « les hommes de la Révolution » (°).

(:) Memorias y Autobiografias, t. IL, p. 238.

(?) Les exécutions.atteignirent le nombre de trente-huit. Parmi les exécutés se trouvait Fray José de las Animas, « le principal collaborateur d’Alzaga, dit Agrelo, qui l’avait chargé des convocations et des réunions des gens des faubourgs. » Furent juges de ces causes : DonFeliciano Chiclana, Don Miguel Irigoyen, Don Bernardo Monteagudo,Don Hipélito Vieytes et Don Pedro José Agrelo.

Le principal dénonciateur de cette conspiration fut un esclave nègre, nommé Ventura. En signe de gratitude pour cet acte, le Triumvirat le déclara libre, lui concéda l’usage de l’uniforme du

Page 1