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LE TRIUMMIRAT ET LA CONSTITUANTE

inspirant dans les moments suprêmes des mesures de salut que la Révolution a revendiquées comme étant sa gloire. Mauvaise en elle-même comme mécanisme gouvernemental, corruptrice comme influence admimstrative, opposée à l’individualisme humain qu'elle annihilait par une discipline aveugle, impropre et même contraire au développement libre et spontané d’une révolution sociale, on ne peut cependant méconnaître qu'elle fut conçue sous l'inspiration de l'intérêt général, qu’elle ne contraria pas les tendances de la Révolution, qu’elle accéléra beaucoup de ses grandes réformes démocratiques et que sous ses auspices fut inaugurée la première assemblée qui proclama la souveraineté populaire en lui donnant une forme tangible. Dans la politique extérieure, on lui doit l’esprit de propagande américaine, dont se pénétra la Révolution, et spécialement le maintien de la grande alliance argentino-chilienne qui donna l’indépendance à la moitié d’un continent en unifiant la politique et en solidarisant les efforts et les sacrifices des deux peuples pour la magnanime entreprise » (:).

Le 24 octobre 1812, le Triumvirat s’adressait à toutes les provinces qui avaient formé la vice-royauté et les convoquait de nouveau pour élire une assemblée générale constituante. C'était le moment, d’après le langage des triumvirs, de profiter des triomphes remportés sur l’ennemi pour mettre fin aux fluctuations de la politique intérieure et cimenter sur une véritable

(1) Historia de San Martin y de la Independencia sud-americana, 110105:

représentation nationale, où le suffrage libre occuperait le premier rang, « une nation légitimement constituée » (1).

En inaugurant ses sessions, le 31 janvier 1813, l’Assemblée disait : « La liberté existe dans les décrets de la nature, et par son origine elle est indépendante de toutes les vicissitudes des siècles.

« L'homme étant condamné,à ne rencontrer le bonheur qu’à travers les périls et les infortunes, il est inévitable qu'il passe par des alternatives de bien et de mal, étant à la fois victime de sa propre faiblesse et des passions de ses semblables.

« À moins d'oublier ces principes, personne ne trouvera étonnant que les efforts faits par le Nouveau Monde en faveur de son indépendance aient été combattus, non seulement par ses anciens oppresseurs, mais même par une grande partie des opprimés (*).»

Mais l’Assemblée, disait la plume qui rédigeait les lignes précédentes, sauvera la patrie, et de ses mains sortiront les lois qui « sanctionneront la sécurité et. l’indépendance » (*).

La première résolution de l’Assemblée fut « d’accorder la liberté à ceux qui naîtraient au sein de l’esclavage à partir du 31 janvier inclusivement ». Par cette résolution elle voulut donner une preuve de son équité et de sa justice. Dans l’histoire argentine cette

() Registro Oficial, t. 1, p. 186.

(?) Redactor de la Asamblea, p. 2.

(5) Redactor de la Asamblea, p. 3

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