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Si les événements que nous venons de rapporter compromettaient en partie les desseins de la Révolution argentine, qui étaient de faire de toutes les provinces de l’ancienne vice-royauté une nation indépendante et souveraine, l’armée de San Martin, en quittant son quartier général de Mendoza le 17 janvier 1817, en traversant les Andes et en vainquant les Espagnols à Chacabuco d’abord et à Maipu ensuite,
démontrait que la Révolution n’était pas abattue, et
qu'en devenant continentale, elle se solidarisait avec toutes les espérances américaines.
La lutte soutenue par la Révolution depuis six ans avait rendu évident que sa victoire militaire ne serait
À cette colonne libératrice vinrent se joindre près de deux mille hommes, Argentins et Orientaux. Le 25 août se réunit une Assemblée dans le bourg appelé La Florida et les représentants du pays déclarèrent nuls les actes d’incorporation au Portugal et au Brésil. Ils proclamèrent solennellément que leur volonté avait toujours été et était encore de faire partie des Provinces Unies du Rio de La Plata. 5
Après avoir vaincu les Portugais au Rincon de las Gallinas et à Sarandi, Lavalleja fut nommé gouverneur de ia Province Orientale de l’Uruguay, qui proclama son union avec Buenos-Ayres et envoya ses députés au Congrès.
Le gouvernement argentin demanda alors au Brésil de retirer ses troupes ; la cour impériale répondit en déclarant la guerre à la République Argentine le 10 décembre 1825.
Cette guerre se prolongea pendant deux ans et le 20 février 1827 l’armée argentine, commandée par le général Alvear, vainquit l’armée brésilienne à Ituzaingé. L’escadre argentine, de son côté, coopéra à cette victoire. Commandée par Brown, elle attaqua l’escadre ennemie au Yuncal, près de l’île Martin Garcia, où elle lui prit onze vaisseaux et lui en brûla cinq.
Le 27 août 1828, un traité de paix fut signé avec le Brésil. En vertu de ce traité, la Banda Oriental restait absolument indépendante des deux nations et pouvait choisir la forme de son gouvernement. Son indépendance reconnue, elle se constitua en république.
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pas complète tant que le boulevard espagnol en Amérique ne tomberait pas sous des coups habilement dirigés.
San Martin savait, par un instinct génial, que le chemin pour arriver jusqu’à Lima n’était pas le Desaguadero mais les Andes et la mer Pacifique. De là la. pensée de libérer le Chili et de se mettre ensuite en route pour parvenir jusqu’à Lima (:).
« La traversée des Andes par San Martin, dit Mitre, est placée par l’histoire et la science à la hauteur des quatre plus célèbres passages de montagnes que connaisse le monde et occupe la troisième place dans l’ordre chronologique. Ce fut le renouvellement de la campagne d’Annibal, avec les mêmes accidents de terrain, à travers les montagnes de trois nations,
. () Les batailles livrées par San Martin pour reconquérir le Chili dont la Révolution avait .été vaincue à Rancagua en octobre 1814, furent celle de Chacabuco, du 12 février 1817, et celle de Maipü, du 5 avril 1818.
En rendant compte de la première de ces victoires San Martin s’exprimait ainsi : « L’armée des Andes a la gloire de pouvoir dire : En vingt-quatre jours nous avons fait la campagne, nous avons passé les montagnes les plus élevées du globe, nous avons abattu les tyrans : et donné la liberté au Chili. » {
A la bataille de Maipü, l’armée espagnole, sous le commandement du général Osorio, fut de nouveau mise en déroute, et cette victoire assura l’indépendance chilienne. « Plus que par ses trophées, Maipü, dit Mitre, fut la première grande bataille américaine, historiquement et scientifiquement considérée. » Elle rendit possible la domination navale sur le Pacifique et l’expédition au Pérou. Si l’armée argentino-chilienne y avait été vaincue, Bolivar lui-même n'aurait pu avancer vers le Sud. Il se serait trouvé, selon l'opinion de l’historien cité, « avec trente mille hommes en face de lui et avec la mer fermée ». (Historia de San Martin y de la Independencia sud-americana, t. II, p.178.)
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sillonnant en outre les mers comme Alexandre (:) et
surmontant de plus grandes difficultés dans son long
trajet. Ce fut, plus méthodique et avec plus de sûreté, le renouvellement du fameux passage du Saint-
Bernard par Bonaparte. »
Le même historien observe que si l’on compare le
Passage opéré par San Martin avec ceux d’Annibal
et de Napoléon, mus le premier par la convoitise ét le
second par l'ambition, on constate que le passage des
» Quoique « remarquable comme fait militaire, est plus transcendant dans l’ordre des destinées bumaines, parce qu’il avait pour objet et pour mobile l’indépendance et la liberté d’un monde républicain, dont la gloire à été et sera plus féconde dans les temps
. À venir que les journées stériles de Trébia et de Ma-
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-« Aussi, l’unique passage de montagnes comparable sous ce rapport avec celui des Andes méridionales par San Martin, bien qu’il soit une de ses conséquences, est-il celui de Bolivar, deux ans aprés (1819),
. à travers les Andes équatoriales, qui eut pour résultat
la victoire américaine de Boyaca (1819), complément
de celle de Maipü (1818), et la reconquête de la Nouvelle Grenade, complément de celle du Chili, au Sud
2 dans cette dernière ville et proclama l'indépendance du Pérou. Le » 3 août, le peuple péruvien l’acclama comme son libérateur.