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L'AGIR ÉV OL IU/TIIOENTAUR GE NAECIIN/E

qui étaient tant lus à ce moment. La haine d’Elio contre le cloître franciscain,accrue déjà dès ses premiers revers militaires, atteignit son point culminant avec l’arrivée d’Artigas au Cerrito et la joie subséquente qu’elle avait causée parmi les frères patriotes et dont il fut informé. |

« Le 21 mai, un certain officier nommé Pampillo, à la tête d’un piquet armé, pénétra dans le couvent de San Francisco, appréhendant, sur l’ordre d’Elio, neuf religieux, parmi lesquels se trouvaient les Pères Lamas, Pose, Santos, Fleytas, Lopez et Faramiñän. Sans leur donner le temps de prendre aucun bagage, ni même leur bréviaire, Pampillo les comduisit au fortin de la citadelle, et les jeta hors de la ville après leur avoir crié sur un ton de raillerie : « Allez rejoindre « vos amis les gauchos » (:).

L'un de ces religieux contaminés par la passion de la liberté, le Père Monterroso, en vint jusqu’à jeter le froc aux orties et à combattre parmi les soldats de la Révolution.

« Dés le début de l'insurrection, dit un écrivain uruguayen, 1l remplit la charge de secrétaire particulier d’Artigas. C'était un homme aux passions exaltées, mais qui avait de vastes connaissances. On dit que Monterroso fut l’auteur de la majeure partie des documents vibrants d’enthousiasme patriotique et d’héroïque énergie écrits par le premier chef des

(*) Francisco BauzA, Historia de la dominaciôn española en el Uruguay, t. III, p. 164.

Oriéntaux. On attribue à ce franciscain les fameuses instructions de l’an XIII (:). »

Le Père Lamas, naturel de la province de Mendoza, développait son action patriotique au couvent de Montevideo dans un autre sens que celui de Monterroso. Son idéal était la préparation de la jeunesse à la vie de liberté, et pour réaliser ce plan à Montevideo comme à Mendoza, il fonda l’École de la Patrie, où, avec les premières notions de l’enseignement, les, enfants recevaient la dose d'instruction civique que leur capacité infantile était susceptible de recevoir.

Un de ses élèves, Damian Hudson, nous dit à ce sujet : « Les Maximes de l’homme de bien, en vers, et une sorte de catéchisme des obligations du citoyen dans les gouvernements républicains, avec quelques légers traits historiques sur le système oppressif des colonies espagnoles en Amérique dont nous ne pouvons en ce moment nous rappeler le titre, que l’on dictait de mémoire et qui étaient expliqués par le précepteur, tels étaient ses livres d'enseignement en plus des ouvrages d’instruction religieuse communs à toutes les écoles (*). »

Avec ses élèves, le Père Lamas formait des bataillons d’enfants, et aux jours anniversaires de la liberté, sur les places publiques de Mendoza ou de Montevideo, ils saluaient par des hymnes le Soleil de Mari. |

A la bataille de Las Piedras, livrée le 18 mai 1877,

1) José P. OTERO, La orden Franciscana en el Uruguay, p. 78. to) José P. OTERo, La orden Franciscana en el Uruguay, p.70.

deux prêtres jouèrent un rôle important. C’est Artigas lui-même qui le consigne dans le rapport sur cette affaire qu’il adresse à la Junte de Buenos-Ayres à la date du 30 mai : « Il ne m'est pas facile, dit-il dans ce rapport, d’attribuer toute la valeur qu'il faudrait à la générale et absolue fermentation qui a pénétré ces patriotes ; mais comme un témoignage non équivoque des traits remarquables que j’ai'observés avec satisfaction, je n’oublierai pas de faire connaître à Vos Excellences les services distingués rendus par deux prêtres, le Dr Don José Valentin Gomez et Don Santiago Figueredo, curés-vicaires celui-c1 de La Florida et celui-là de Canelones ; non contents d’avoir recueilli avec un zèle actif divers dons patriotiques, d’avoir suivi les pénibles marches de l’armée en participant aux fatigues du soldat, d’avoir exercé les fonctions de leur ministère sacré dans toutes les occa-

sions où ce fut nécessaire, tous les deux au moment

de la bataille se convertirent en braves champions, avançant les premiers vers les rangs ennemis, méprisant le danger et se comportant comme de vrais militaires (:). »

Les faits rapportés plus haut nous font voir que la collaboration du prêtre créole dans le pays uruguayen était précieuse pour la cause de la Révolution. Le gouverneur espagnol voulut l’étouffer à l’aide d’anathèmes spirituels, puisque le pouvoir de son sabre n’était pas assez puissant pour y parvenir, et il ne

() AGUSTIN PrAGGO, Influencia del clero en la Fnlepenenote Argentina, P. 145.

trouva d'autre moyen que de la dénoncer à l’évêque Lue, diocésain de Buenos-Ayres. « C’est en vain, dit Vigodet, que j’appliquerais mon zèle à rétablir l’ordre et la tranquillité perdus dans la Banda Oriental, et à ensevelir jusqu’au plus léger indice de rivalité, si les pasteurs ecclésiastiques s’obstinaient à semer la zizanie, à aigrir les esprits et à altérer l’ordre en préchant la rébellion aux lois du pays. Votre Seigneurie Illustrissime sait à quel point sont graves les préjudices qui peuvent résulter d’une manière d’agir si abominable, scandaleuse et contraire aux instructions de l’Église, et si réprouvée et punissable selon les lois du royaume.

« Combien il m'est douloureux de dire à V. S. Le que telle est la conduite générale de presque tous les curés et ecclésiastiques séculiers et réguliers qui ont charge d’âmes dans ces campagnes! Partisans de l’erreur, ils la défendent avec une honteuse audace, très en dehors de leur caractère sacré ; ils inspirent la haine envers les bons vassaux du roi ; ils les menacent d’une autre invasion des troupes de cette ville et cherchent par tous les moyens imaginables à rendre odieux le gouvernement suprême de la nation, qui seul et légitimement représente notre roi captif, et à faire mépriser les arrêts de sa souveraineté et des chefs qui, en son nom, régissent ces domaines. Conduite blasphématoire !

« C’est ainsi que j'ai reçu des plaintes réitérées des habitants de Canelones, dont le curé écrit de cette ville # l’un d’eux, en le menaçant dans les termes suivants : « Jetez vos regards vers le temps à venir.

«et quand le moment sera venu, je ne sais pas qui «aura à souffrir. » Celui de la Colonia et le clerc Alboleya, qui a été dans le Colla et dont j'ignore la résidence actuelle, provoque avec instance la division ; celui de Las Viboras fait de même ; celui de Santo Domingo Soriano limite ; celui de San José est aussi répréhensible que ce dernier ; et enfin, tous, si nous exceptons celui de Arroyo de la China et celui qui aujourd’hui occupe la place du révolutionnaire Enrique de la Peña.

« Les religieux de la Merced Fray Casimiro Rodriguez et maître Fray Ramon Irrazäbal, et le dominicain Fray José Rizo, le premier vicaire de San Ramon ét le dernier de Canelones, abandonnés à leurs caprices et à leur folie, agissent comme les curés qu’ils servent ; de sorte que les brebis du troupeau de V.S. I. sont livrées aux loups carnassiers.

« Il faut remédier à ces désordres ; je vénère le caractère sacerdotal, et c’est pour cela que je fais à V.S. I. cette exposition discrètement afin de conserver le respect chez ceux où il n’est pas discrédité ; mais je ne puis tolérer plus longtemps que ceux qui se trouvent aux lieux que jé viens de citer continuent d’y exercer leurs charges et de s’y rendre coupables de licences ; et pour cela, j'attends du zèle éminent de V. S. I. qu’elle prenne d’elle-même toutes les mesures que réclament notre religion sacrosainte et la nation. |

« Il y a dans cette place plusieurs prêtres émigrés d'Europe, et un certain nombre de missionnaïres de l'Ordre de Saint-François qui ne peuvent se rendre à

ÉENGMERGEÉLEN LA LIBERTÉ 305 leurs collèges ; je suis au courant de leur conduite à tous, et je les crois très aptes à pourvoir utilement à l’assistance de ces paroisses pour la plus grande utilité des peuples et le meilleur service de Dieu et du roi, tels enfin qu’il les faut dans les circonstances actuelles pour que V.S. I. n'ait pas de crainte et puisse avoir confiance qu’ils seront de bons ministres et de fidèles vassaux de Sa Majesté.

« La sublime vertu de V.S. I. et sa vigilance pour ce qui touche à sa charge pastorale me sont un sûr garant qu'elle portera remède à l'affection des peuples en révoquant les susdits curés, et qu’elle s’adressera aux supérieurs de ces religieux pour qu'ils leurs ordonnent de rentrer au cloître afin d’y vivre selon leur règle (:) »

Si du côté de Montevideo les vents qui soufflaient étaient orageux pour la cause royaliste, ils ne l’étaient pas moins sur la frontière nord de la vice-royauté. Le clergé du Haut-Pérou était partisan de la liberté par instinct, et son désir de la conquérir, dût-1il en coûter de hauts prix, s’accrut dès le jour où les soldats de la Révolution la rendirent possible par les victoires de Tucumän et de Salta.

Tristân, qui savait tout cela, s’empressa, comme Vigodet, de prendre les mesures que comportait la situation, en s’adressant, de son quartier général de Oruro à la date du 18 août 1813, à l’évêque de La Plata, Mf Benito Maria Moscé, dans les termes sui-

mr

() AcusriN PrAGGI0, Influencia del clero en la a ne por p.75.

vants : « Après ce très clair exposé, je requiers Votre Seigneurie, en insistant auprès d’elle et en la sommant au nom des graves et étroites obligations qu’elle a devant Dieu, devant le Roi, et devant la nation espagnole et tous les peuples d'Amérique, de convoquer et assembler, dès l'instant où elle aura reçu ce message, la corporation entière des deux clergés afin de leur faire entendre tout l’intérêt que comporte notre cause sacrée pour eux-mêmes et pour tous les habitants qui reçoivent l’instruction chrétienne dans leurs cures ; et après les avoir bien convaincus qu’aujour- ‘ d’hui eux seuls peuvent maintenir les droits du roi et de la patrie espagnole dans l’équilibre nécessaire pour assurer la quiétude et tous les autres effets de l’ordre social, de disposer immédiatement, après accord préalable avec l’illustre Cab:ldo et son chef, que le jour même où sera publiée la proclamation qu’à cette date j'adresse à la Province, les curés, les clercs, les réguliers publient subitement dans les rues sur un ton d’alarme le funeste naufrage dont menace la religion et le sacerdoce l'établissement de cette souveraineté, à laquelle on ne se serait jamais attendu, afin que le peuple comprenne qu’en l’acceptant et en lui prêtant serment il introduirait le système le plus pernicieux pour l'État, pour l’Église et pour le malheureux Ferdinand, pour qui il a supporté les plus grandes souffrances ; ces maux devront être présentés sous de telles figures et avec un tel appareil qu’ils soient considérés avec horreur et qu’on proteste vouloir s’en préserver consciencieusement ; et que: sans tenir compte des exorbitantes promesses qui lui

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