‹ La Révolution belge de 1830, racontée par les affichesChapitre 25 sur 46 · DI · texte numérisé non relu

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de toutes les parties du royaume, sans distinction, et à ne procéder que par les voies régulières et conformes aux sennens que nous avons prêtés et reçus.

Belges ! habitans des diverses contrées de ce beau pays plus d'une fois arraché par la faveur céleste et l'union des citoyens aux calamités auxquelles il était livré, attendez, avec calme et confiance, la solution des graves questions que les circonstances ont soulevées. Secondez les efforts de l'autorité pour maintenir l'ordre intérieur et l'action des lois où ils n'ont pas été troublés, et pour les rétablir là où ils ont souffert quelqu' atteinte. Prêtez force à la loi afin qu'à son tour la loi protège vos propriétés et votre sûreté personnelle. Que les distinctions d'opinions s'effacent devant les dangers croissans de l'anarchie qui, dans plusieurs localités, se présente sous les foniies les plus hideuses, et qui, si elle n'est prévenue ou repoussée par les moyens que la loi fondamentale met à la disposition du gouvernement, joints à ceux que fournit le zèle des citoyens, portera d'irréparables coups au bien-être individuel et à la prospérité nationale. Que les bons citoyens séparent partout leur cause des agitateurs, et que leurs généreux efforts pour le rétablissement de la tranquillité publique, là où elle est encore à chaque instant menacée, mettent enfin un terme à des maux si grands, et permettent d'en effacer, s'il se peut, jusqu'aux traces.

Les présentes seront partout publiées et affichées dans les formes ordinaires et insérées au Journal Officiel.

Fait à la Haye, le 5 septembre de l'an 1830, et de notre règne le dix-septième.

Signé, GUILLAUME.

Par le roi,

Signé, DE MKY DE STREEFKERK.

Cette réponse était bien vague, le roi évitait de s'engager par. quelque promesse, tous les griefs seraient soumis à l'examen des Etats généraux.

La parole royale produisit peu d'effet, tout comme la nouvelle que l'on venait d'apprendre à Bruxelles, de la démission de ]\L \'an Maanen, le ministre exécré de

tous les Belges. Il était trop tard. S'il y avait séparation administrative, Van Maanen n'était plus un grief! De plus, on n'était pas dupe du sens de cette démission « honorablement acceptée » et l'on pressentait que Van Maanen resaisirait bientôt le pouvoir. Ce qui se réalisa un mois après, jour pour jour. Ses successeurs MM. Asser et van Palandt ne furent que des intérimaires. « On eut dit enfin », écrit un journal de l'époque, « que c'était un parti-pris de détruire à l'instant, d'une main, tout le bien que faisait l'autre. »

Répondant aux avis publiés par leurs collègues bruxellois, tous les membres belges des deux chambres des Etats généraux étaient accourus à Bruxelles.

Les soussignés, membres de la seconde chambre des Etats- Généraux, présens à Bruxelles, reconnaissent unanimement qu'il est nécessaire et urgent que les députés des provinces du midi soient réunis en cette ville, en nombre aussi complet que possible et sans délai, pour y attendre la réponse du gouvernement à la proposition dont S. A. R. le Prince d'Orange s'est rendu l'organe à La Haye et pour être prêts à en délibérer immédiatement, s'il y a lieu.

Ils prient en conséquence leurs collègues, députés comme eux des provinces du Midi, de se rendre sans aucun retard à Bruxelles, où leur présence commune ne peut que contribuer d'ailleurs au rétablissement de la confiance générale et au maintien de l'ordre public.

Bruxelles, le 6 septembre 1830.

C. Le Hon, C. de Brouckere, le baron de Stassart, le baron de Sécus, G. Diimont, deBousies, deLe Vieilleiise, Pa&cald'Onyn, H. J. A . Vanden Hove, P. J. Trentesaux , le comte de Celles^ le comte Cornet de Grez, Hiiysman d' Annecroix , F. de Langhe, Pyke, Vanvelsen, Fallon, de Terbeck, Serruvs, Veranneman, Copieters, Goelens, Barthélémy, Gerlache et Surlet de Chokier.

Les soussignés, membres de la première chambre espèrent que leurs honorables collègues des provinces méridionales sentiront l'utilité de se trouver à Bruxelles, pour prendre connaissance de la réponse qui sera faite aux propositions que S. A. R. Ms"" le Prince d'Orange a bien voulu se charger de porter à La Haye.

Bruxelles, le 7 septembre 1830.

Marquis de Trazegnies, comte d'Aerschot, Pour copie conforme, de BROUCKERE.

Après avoir longuement conféré sur l'attitude à prendre en vue de l'ouverture de la session extraordinaire du i3 septembre, les députés résolurent à l'unanimité, le 8 septembre, de se rendre tous à la Haye et même de faire ce vo3'age en corps pour montrer l'union patriotique qui faisait taire leurs divergences d'opinions.

Entretemps, le mouvement contre le régime hollandais avait fait de gigantesques progrès dans la Belgique entière. La presque totalité des villes avait suivi l'exemple de Bruxelles : Liège, Louvain, Gand même, organisaient leur garde bourgeoise. Mons, Charleroy, Bruges, Namur se soulevaient et envoyaient au roi des adresses semblables à celle envoyée par les Bruxellois, toutes demandaient la même chose : la séparation administrative du Nord et du Midi.

A Bruxelles même, le peuple devenait nerveux, inquiet ; il témoignait de la méfiance vis-à-vis de la garde bourgeoise, l'accusant de tiédeur dans les sentiments patriotiques; il voulait se défendre et parer à toutes les éventualités.

D'autre part, le baron d'Hoogvorst dut se prémunir contre les excès possibles de la populace, et créa une

commission spéciale chargée d'organiser les moyens de défense.

PROCLAMATION

II vient d'être nommé par l'état-major et le conseil de la Garde bour^^eoise, une cofnf?iission de défense, seule chargée de la direction des travaux militaires.

Il est donc interdit de couper les arbres des boulevards et autres promenades sans l'autorisation de la commission susdite, dont les membres continueront à présider à la construction des barricades sur le point où elles seraient jugées nécessaires.

Bruxelles, le 8 septembre 1830.

Le comviandani en chef, Baron VAXDERLIXDEX-D'HOOGHVORST.

Une autre proclamation remercie de leur dévoùment les auxiliaires provinciaux qui accourent en grand nombre à Bruxelles, tout en essayant de ralentir leur ardeur, dangereuse pour la sécurité de la capitale.

Le commandant de la Garde bourgeoise de Bruxelles remercie, au nom de ses concitoyens, la plupart des villes et campagnes des provinces méridionales du royaume pour les secours en hommes qu'elles sont venues oftrir^ et leur témoigne toute sa reconnaissance pour cet acte de patriotisme et de 103'auté. Il engage ses compatriotes à suspendre momentanément leur marche et à se tenir prêts à voler au secours de leurs frères de Bruxelles si l'intérêt de la patrie l'exige.

Bruxelles, 8 septembre 1830.

Baron VAXDERLLVDEN-D'HOOGHVORST.

Enfin d'Hoogvorst recommande le calme, promet de

l'ouvrage aux ouvriers privés de travail et organise, par son ordre du jour du 8 septembre, le service de la place.

AVIS

Quelques malveillans excitent les bons ouvriers de cette ville à se rassembler et à se porter à des excès. Nous crovons devoir annoncer que toute tentative de cette nature sera prévenue.

D'un autre côté, rien ne sera négligé pour assurer immédiatement du travail aux ouvriers désœuvrés et pour faire disparaître le malaise qui est la conséquence nécessaire des événemens qui viennent de se passer.

Au quartier-général de l'Hôtel-de- Ville, le 8 septembre 1830.

Le commandant en chef, Baron VAXDERLIXDEX-D'HOOGHVORST.

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