‹ La Révolution belge de 1830, racontée par les affichesChapitre 26 sur 46 · ORDRE DU JOUR DU 8 SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

ORDRE DU JOUR DU 8 SEPTEMBRE

Régularisation dit service de la place.

A dater du 8 septembre 1830, à six heures du soir, le service de tous les postes de la ville est réparti entre les différentes sections et se fera de la manière suivante :

1^ section. — Porte de Halle, 25 hommes; Palais, 30; Archives, 12; total 67 hommes.

2^ section. — Palais, 60 hommes; Poste aux lettres, 10; total 70 hommes.

3^ section. — Palais, 30 hommes ; porte d'Anderlecht, 20; porte de Xinove, 20; piquet du Marché, 12; caserne des pompiers, 20; total 102 hommes.

4*= section. — Porte Guillaume, 40 hommes; porte de Flandre, 40; Palais, 30; total iio hommes.

5*^ section. — Grand théâtre, 45 hommes; Palais, 30; Tervueren, 25; total 100 hommes.

ô*" section. — Porte de Louvain, 30 hommes; porte de Schaer-

beek, :^o; caserne des Annonciades, 20; caserne Ste-Elisabeth, 40; total 140 hommes.

7^ section. — Porte de Xamur, 20 hommes; poste de la Place Royale, 30; États-Généraax, 15; Banque, 30; Prison, 30; total 125 hommes.

8*^ section. — Palais, 30 hommes; grand' garde de l'Hôtel-de- Ville, 20; Amigo, 40; Palais de Justice, 40; Gouvernement, 20; total 150 hommes.

Les postes énoncés ci-dessus sont les seuls légalement reconnus : les citoyens qui occupent les autres sont invités à s'entendre avec leurs chefs de section pour concourir à ce service général, seul jugé nécessaire pour la sûreté publique.

Les sections qui concourent à la garde des palais, enverront tour-à-tour mi capitaine pour commander en chef ce poste important. Les autres officiers seront choisis panni les lieutenans et souslieutenans qui seront tenus de se conformer aux ordres du capitaine à qui le poste sera confié.

La première section fournira aujourd'hui le capitaine de garde qui commandera le poste du palais, et les jours suivans l'adjudantmajor de place désignera la section qui devra le fournir.

Les citoyens sont invités à se faire inscrire sur les contnMes de la Garde bourgeoise, chez les commandans de leurs sections. Leur patriotisme doit leur faire un devoir de concourir au service actif qu'exigent les hauts intérêts mis en question dans la circonstance actuelle.

On invite également tous les particuliers qui ont des fusils de calibre à en faire la déclaration à leurs commandans de section. Cette mesure ne tend pas à les en priver, ni même à les empêcher de les garder à domicile ; mais elle est urgente pour pouvoir régulariser l'armement général de la bourgeoisie.

Jusqu'à ce jour il s"est glissé beaucoup de négligence dans le service de la place; maintenant que ce service se trouvera beaucoup allégé par les mesures qui ont été prises à l'état-major-général, le Commandant en chef de la Garde bourgeoise espère que chacun se trouvera suffisamment éclairé par son patriotisme pour apprécier toute la responsabilité dont est chargé chaque citoyen qui concourt au service public. Les chefs de section et plus particulièrement les

chefs de poste sont charo-és de signaler dans leurs rapports ceux qui refusent de participer par le service personnel à la cause commune.

Aucun homme désigné pour le service général ne pourra s'absenter de son poste sans une permission formelle du chef préposé pour le commander.

Les rapports des postes devront être adressés tous les jours à neuf heures, à l'adjudant-major de place de service à l'Hôtel-de- Ville.

Tous les soirs, à six heures, les commandans de poste enverront une ordonnance pour prendre le mot d'ordre au quartiergénéral.

Il est encore recommandé aux commandans de section d'envoyer tous les jours à midi, le rapport de la section par un adjudant sous-officier. Cet adjudant se fera accompagner d'un fourrier porteur du livre d'ordre, afin de faire copier sur le registre de l'état-majorgénéral les ordres du jour.

Le commandant en second, baron VANDERSMISSEN.

Comme nous l'avons vu clans le cours des événements, la municipalité et le gouverneur de la province avaient perdu jusqu'à l'ombre du pouvoir, leur prestige avait sombré dans un mépris général; aussi, dès le 8 septembre, les gens d'ordre comprirent-ils la nécessité d'un pouvoir local solide et énergique, que la garde bourgeoise seule pouvait constituer et garantir. Après plusieurs heures de délibération, les délégués des 8 sections de la garde bourgeoise, réunis au quartier général de l'Hôtel-de-A^ille élirent une « commission de sûreté publique. »

La Régence se rallia après quelques pourparlers et quelques hésitations à l'œuvre de la garde bourgeoise. Par une proclamation du ii septembre, le baron d'Hoogvorst, fit connaître aux Bruxellois l'adhésion du Conseil de

Régence à la création, au 1)ut et à la composition de cette commission de sûreté.

PROCLAMATION

Habitans de Bruxelles, une commission de sûreté publique vient d'être installée. Nous portons à votre connaissance la pièce officielle qui la constitue.

« Le conseil de régence réuni en assemblée permanente, en nommant la commission de sûreté publique, avait cru devoir s'attacher aux termes mêmes dont il s'était servi dans la proclamation où il manifestait le vœu de la séparation du nord et du midi. Cependant, d'après les observations qui lui ont été faites^ il pense que, tout en maintenant pour la régence le vœu qu'elle a exprimé, il ne peut cependant pas changer les termes du mandat primitif.

En conséquence, et eu égard aux circonstances, le conseil prend la résolution ci-jointe, savoir :

De concourir à la formation d'une commission de sûreté publique pour la ville de Brux:elles, chargée :

a. D'assurer le maintien de la dynastie;

b. De maintenir le principe de la séparation du nord et du midi ;

c. De prendre enfin les mesures nécessaires dans l'intérêt du commerce, de l'industrie et de l'ordre public.

Pour arriver à l'établissement et à l'entrée en fonctions de cette commission, le conseil donne son suffrage aux huit personnes dont les noms suivent savoir : MM. Rouppe, le duc d'Ursel, Gendebien, le prince de Ligne, Frédéric de Sécus, Van de ^^■eyer, Is comte Félix de Mérode et Ferdinand Meeus. »

Fait en séance du conseil, à l'Hôlel-de-Ville de Bruxelles, le ii septembre

DELVAUX DE SAIVE.

Par ordonnance : P. CL'YLEX, Secritaire.

Habitans de Bruxelles, vous aurez de la confiance dans les

Dg

hommes choisis par les représentans de vos sections ; soyez persuadés que rien ne sera négHgé par eux pour maintenir l'ordre public et assurer vos libertés.

Le Coi7iJ>iaudant 671 chef de la Garde Bourgeoise, Baron VAXDERLINDEN-D'HOOGHVORST.

Par ordonnance : Le secrétaire, J. XICOLAY.

De son côté la commission de sûreté se fit aussitôt connaître par la proclamation suivante :

PROCLAMATION

La Commission de sûreté publique aux habitaus de Bruxelles.

Page 1