HABITANS DE BRUXELLES
La commission de sûreté, choisie par les sections, et nommée par la régence, est installée.
Elle vous engage à attendre avec calme le résultat de l'ouverture des états-généraux, persuadés que vous devez être, que les députés des provinces méridionales soutiendront en loyaux mandataires, les vœux de ces provinces.
Elle engage les étrangers à rentrer dans leur domicile. Aide, protection et sûreté leur sont assurées. Elle les prévient, en conséquence, qu'ils auront à se faire inscrire, avant le 20 du mois, au bureau établi à cette fin à l'Hôtel-de- Ville. Cette mesure, toute de protection, n'a point pour objet de les soumettre à un service public.
Elle vient d'acquérir la certitude, qu'à partir de lundi prochain, les ouvriers sans occupation seront admis à travailler au boulevard entre la porte de Halle, et celle d'Anderlecht.
Elle invite cependant les chefs d"ateliers à conserver du travail à leurs ouvriers.
Elle a invité la régence, dans l'intérêt du commerce, à faire achever au plus tôt les travaux du canal, et à annoncer l'époque de
son oiivertuie, afin de rétablir les communications commerciales. Elle prendra toutes les mesures nécessaires, en s'assurant du commun accord des autres villes, pour le maintien de la dynastie et de la tranquillité publique, et pour faire converger les opinions et les efforts des citoyens vers un même but patriotique, en sorte qu'ils ne soient détournés de cet intérêt légitime par aucune influence étrangère.
Fait à Bruxelles, le ii septembre 1830.
Comte FÉLIX DE MÉRODE, A. GEXDEBIEX, ROUPPE, F. MEEUS, SYLVAIX VAX DE WEYER.
Ce premier gouvernement provisoire dura douze jours, son autorité effective ne s'étendit que sur la province du Brabant méridional. A peine fut-il entré en fonction que le calme parut subitement rétabli, deux proclamations annoncèrent la reprise des travaux aux boulevards et la réouverture du théâtre. Cette sécurité apparente eut même pour effet d'affaiblir le zèle de la garde bourgeoise, comme le prouve l'ordre du jour ci-après :
ORDRE DU JOUR
Bruxelles, le 11 septembre 1830.
Le Commandant en chef de la garde bourgeoise, apprend avec peine que les bourgeois se font remplacer dans le service de la garde, par des individus qui n'offrent pas toutes les garanties désirables. Il croit devoir prévenir ses concitoyens que, chargé de l'organisation de la garde, il ne saurait peraiettre qu'un pareil principe puisse prévaloir, et engage la brave bourgeoisie à continuer personnellement un service qui doit assurer le maintien du bon ordre et les libertés publiques.
Le commandant en chef, Baron VAXDERLIXDEX-D'HOOGHVORST.
Par ordonnance, I.e secrétaire, J. XICOLAY.
L'accalmie n'était pourtant qu'apparente, comme le prouve cette pièce anonyme qui fut distribuée à profusion et placardée partout à Bruxelles, ce même ii septembre.