‹ La Révolution belge de 1830, racontée par les affichesChapitre 29 sur 46 · NOBLES ET PUISSANS SEIGNEURS · texte numérisé non relu

NOBLES ET PUISSANS SEIGNEURS

La réunion extraordinaire de vos nobles puissances, qui s'ouvre aujourd'hui, est devenue urgente par le cours d'évènemens déplorables.

En paix et en bon accord avec tous les peuples de cette partie du monde, les Pays-Bas ont vu récemment se temiiner heureusement la guerre dans leurs possessions d'outre-mer. Tout y prospérait en repos par l'ordre, le commerce et l'industrie. Je m'occupais sans relâche du soin d'alléger les charges du peuple et d'introduire peu à peu dans l'administration intérieure, les améliorations que l'expérience avait indiquées; quand tout-à-coup Bnixelles, et d'après cet exemple, bientôt aussi dans quelques autres endroits du royaum? éclata une insurrection (oproer), caractérisée par dés scènes d'incendie et de pillage, dont le tableau serait trop douloureux pour cette assemblée, pour mon cœur, pour l'opinion nationale et pour l'humanité.

En attendant le concours de vos nobles puissances, dont la convocation a été ma première pensée, on a pris immédiatement toutes les mesures qui dépendaient de moi, pour arrêter les progrès du mal, pour protéger les bien-pensans contre les mal-intentionnés et pour détourner de notre patrie le fléau de la guerre civile.

Remonter à la nature et à la source de ce qui s'est passé, en pénétrer avec VV. NN. PP. le but et les conséquences, est dans l'intérêt de la patrie actuellement moins nécessaire que de rechercher les moyens par lesquels le repos et l'ordre, l'autorité et la loi soient non-seulement temporairement rétablis, mais puissent être dorénavant garantis d'une manière beaucoup plus solide.

Dans l'intervalle, NN. et PP. SS., par la lutte des opinions, par l'agitation des passions et par la discordance des vues et des projets, c'est une tâche d'une haute difficulté de concilier mes désirs pour le bonheur de mes sujets avec les devoirs que j'ai contractés et jurés envers tous.

C'est pourquoi j'invoque votre sagesse, votre modération, votre fermeté, pour concerter, avec la sanction de l'opinion des repré-

sentans de la nation et de commun accord avec eux, ce qu'il convient de faire dans ces douloureuses circonstances pour le bien-être de la Xéerlande.

De plusieurs côtés on pense que le salut de letat serait obtenu par une révision de la loi fondamentale et même par une séparation de contrées unies par des traités et par cette même loi.

Mais une telle demande ne peut être mise en délibération que selon la voie tracée par cet acte dont toutes les dispositions ont été solennellement jurées par nous.

Cette importante demande ssra l'objet principal de vos délibérations.

Je désire connaître sur ce point l'opinion et les vues de votre assemblée qui les donnera avec cette franchise et ce calme que requiert si particulièrement la grande importance de l'atfaire. De mon côté, désirant par dessus tout le bonheur des Néerlandais dont la Providence divine a confié les intérêts à mes soins, je suis tout prêt à coopérer, avec votre assemblée, aux mesures qui peuvent conduire au but.

Cette session extraordinaire a pour objet ultérieur de donner connaissance à V.V. XX. PP. que les intérêts du royaume, au milieu des circonstances actuelles, demandent impérieusement la réunion de la milice nationale au-delà du temps fixé pour l'époque ordinaire des exercices.

Les crédits actuels peuvent provisoirement suffire aux dépenses de cette réunion prolongée de la milice ainsi qu'aux autres dépenses qui résulteront nécessairement de la révolte (oproer.) Cependant la régularisation ultérieure de ces dépenses devra faire l'objet de vos délibérations dans la prochaine session ordinaire.

XX. et PP. SS., je compte sur votre fidélité et sur votre patriotisme.

^le rappelant l'orage des révolutions qui a aussi grondé sur ma tête, j'oublierai aussi peu le courage, l'amour et la fidélité qui ont renversé le despotisme (ge.ïveld), fondé l'existence nationale et mis le sceptre dans ma main, que la valeur qui, sur le champ de bataille, a affenni le trône et assuré l'indépendance de la patrie.

Tout préparé à aller au-devant des vœux équitables, je ne céderai jamais à l'esprit de parti et je ne consentirai jamais à des

mesures qui sacrilieraient le bien-être et les intérêts de la patrie aux passions et à la violence.

Le vœu de mon cœur est de concilier autant que possible tous les intérêts.

.\". B. Après le discours, le président Corver-Hooft communiqua à la chambre la pièce suivante :

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