RAPPORT
Messieurs, parti de Bruxelles, hier i*^"" Octobre, vers huit heures du soir, avec M. Thryssen, aide-de-camp du général Howen, j'arrivai vers minuit à Walhem, où se trouvait le quartiergénéral du Prince Frédéric.
Nous fûmes introduits chez l'aide-de-camp du Prince, major Ceva qui, sur l'énoncé de l'objet de notre mission, se leva et fut prendre les ordres du Prince^ il revint me demander la communication immédiate des dépêches dont j'étais porteur, et fut les soumettre au Prince; après qu'il les eurent examinées, M. le Major nous conduisit chez le général Trip, et en présence de celui-ci il exposa que le Prince proposait l'échange en masse de tous les prisonniers de part et d'autre.
J'observai que mes pouvoirs, que j'exhibais, ne s'étendaient pas jusque là ; que d'ailleurs, ignorant au juste jusqu'où pouvait aller la disproportion qui pouv^ait exister entre les prisonniers respectifs, je ne pouvais consentir en aveugle à traiter sur une pareille base : enfin de part et d'autre une discussion s'établit sur le pour et le contre de l'acceptabilité de la proposition.
M. le Major Ceva retourna de nouveau chez le Prince, pour prendre ses ordres définitifs. Le Prince persista dans sa première
— io3 —
proposition et ordonna au général Trip, de la mettre en son nom, par écrit, pour vous être transmise. Elle est jointe au présent rapport, et un officier est spécialement chargé d'attendre votre réponse à Sempst, dans le courant de la matinée.
Bruxelles, le 2 Octobre 1830.
Sifflé : Le Chevalier DE GAMOND.