‹ La Révolution belge de 1830, racontée par les affichesChapitre 40 sur 46 · PROPOSITION DU PRINCE · texte numérisé non relu

PROPOSITION DU PRINCE

En réponse à une lettre signée de Messieurs de Potter, Ch. Rogier, Sylvain Vandeweyer et le Comte Félix de Mérode, en date du i^"" octobre, n° 9, et comme chargé des pouvoirs de son altesse le prince Frédéric des Pays-Bas, moi lieutenant général soussigné, je propose l'échange de tous les prisonniers pris globalement et sans distinction de part et d'autre.

Le Lieutenant Général

Signé : A. D. TRIP.

RÉPONSE FAITK PAR LE (iOUVERNEMEXT PROVISOIRE.

Le Gouvernement provisoire n'accepte pas la proposition d'un échange de prisonniers en masse; un échange sur un pied équitable peut seul faire l'objet de négociations ultérieures.

DE POTTER, Comte FÉLIX DE MÉRODE, Ch. rogier, SYLVAIN VAN DE WEYER.

Par ordonnance, Le Secrétaire, J. VANDERLINDEN. Pour copie conforme, Le Secrétaire, VANDERLINDEN.

L'échange en masse exigé par le prince L^récléric était trop a\antageux aux Hollandais pour que les Belges y consentissent. Pour un grand nombre d'officiers et de soldats réguliers, pris les armes à la main dans les combats de Bruxelles, on ne nous offrait que c][uelques 'parlementaires retenus comme Ducpétiaux, contrairement au droit

des gens, ou quelques paysans désarmés, emmenés par la cavalerie hollandaise dans ses reconnaissances autour de Bruxelles.

Signalons encore la formation d'un régiment de cavalerie volontaire, noyau de notre belle cavalerie belge.

GOUVERNEMENT PROVISOIRE

Régrinient de Cavalerie.

Le Lieutenant chargé du recrutement dudit coi"ps, prévient les anciens Militaires qu'ils peuvent se présenter à la Caserne des Annonciades, rue de Notre-Dame-aux-Xeiges, où ils seront reçus pour être incorporés dans ledit corps, étant munis de leurs papiers.

Bmxelles, le 7 octobre 1830.

Le Lieutenant, .MOXXOYE.

Un arrêté du 7 octobre vint supprimer la « bastonnade » peine encore en vigueur à cette époc^ue dans l'armée hollandaise et dans la plupart des armées européennes.

GOUVERNEMENT PROVISOIRE DE LA BELGIQUE

Comité Central,

Considérant que la peine de la Bastonnade est insultante aux guerriers Belges et attentatoire à la dignité de l'homme; ARRÊTE :

Article unique. La peine susdite est abolie. Le Comité de la Justice est chargé de l'exécution du présent arrêté.

Bruxelles, le 7 octobre 1830.

DE POTTER, Ch. ROGIER, Comte FÉLIX DE MÉRODE. SYLVAIN VANDEWEYER.

Par ordonnance : Le Secrétaire, J. VANDERLINDEN.

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Dans les premiers jours d'octobre, le prince d'Orange, qui, depuis son départ de Bruxelles, le 3 septembre, semblait s'être tenu à l'écart des affaires du gouvernement, rentra en scène. Le prince Frédéric avait échoué en emplo3'ant la force, son frère tenta de réussir par une politique de conciliation.

Par arrêté du 4 octobre, le roi Guillaume avait confié à son fils aine le gouvernement des provinces méridionales et l'avait entouré d'un conseil composé de Belges : le duc d'Ursel, ministre d'Etat, MM. van Gobbelschroy et de la Coste, ministres à portefeuille, MM. d'Anethan, van Toers, O. Sullivan de Grass, Dubois, Reyphins, Dotrenge, O. Leclercq, conseillers d'Etat.

Dès le 5 octobre, le prince d'CJrange vint se fixer à Anvers et lança une proclamation, pleine de promesses, par laquelle il espérait rallier tous les Belges, auprès desquels il se flattait encore d'être resté populaire.

PROCLAMATION

Nous, Guillaump:, Prince d'Orange, aux habitants des provinces méridionales du Royaume.

Chargé temporairement par le Roi, notre auguste père, du gouvernement des Provinces Méridionales, Nous revenons au milieu de Vous avec l'espoir d'y concourir au rétablissement de l'ordre, au bonheur de la patrie.

Notre cœur saigne des maux que vous avez souffert. Puissions Nous, secondés des efforts de tous les bons citoyens, prévenir les calamités qui pourraient Vous menacer encore.

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En Vous quittant, Xous avons porté au trône les vœux émis par beaucoup d'entre Vous, pour une séparation entre les deux parties du Rovaume qui néanmoins resteraient soumises au même sceptre. Ce vœu a été accueilli.

Mais avant que le mode et les conditions de cette grande mesure puissent être déteniiinés dans les formes constitutionnelles, accompagnées d'inévitable lenteur, déjà Sa Majesté accorde provisoirement aux provinces ^Méridionales une administration distincte, dont je suis le chef et qui est toute composée de Belges. Les affaires s'y traiteront avec les administrations et les particuliers dans la langue qu'ils choisiront. Toutes les places dépendantes de ce gouvernement seront données aux habitants des provinces qui le composent. La plus grande liberté sera laissée relativement à l'instruction de la jeunesse. D'autres améliorations encore répondront aux vœux de la Nation et aux besoins du temps. Compatriotes! Xous ne Vous demandons pour réaliser ces espérances que d'unir Vos efforts aux Nôtres et, dès lors. Nous garantissons l'oubli de toutes les fautes politiques qui ont précédé la présente proclamation .

Pour mieux atteindre le but que Nous Nous proposons, Nous invoquerons toutes les lumières, Nous irons au devant de tous les avis utiles, Nous Nous entourerons de plusieurs habitans notables et distingués par leur patriotisme. Que tous ceux qu'anime le même sentiment s'approchent de Nous avec confiance. Belges ! c'est par de tels moyens que Nous espérons sauver avec Vous cette belle contrée qui Nous est si chère.

Donné à Anvers, le 5 octobre 1830.

(Signé) GUILLAUME, prince d'Orange.

Cette tentative devait rester stérile. La veille même de l'arrivée du prince à Anvers, le gouvernement provisoire avait promulgué un décret ainsi conçu :

« L Les provinces de la Belgique violemment détachées de la Hollande constitueront un état indépendant.

IL Le Comité central s'occupera au plus tôt d'un projet de constitution.

III. Un Congrès national où seront représentés tous les intérêts des provinces, sera convoqué. Il examinera le projet de constitution belge, le modifiera en ce qu'il jugera convenable, et le rendra, comme constitution définitive exécutoire dans toute la Belgique. »

Les propositions du prince d'Orange arrivaient trop tard, la nation victorieuse allait entreprendre à elle seule les réformes que le roi Guillaume paraissait maintenant vouloir lui accorder.

Le gouvernement provisoire refusa même d'entrer en pourparlers avec le prince et fit publier le compterendu de l'entretien qu'il avait eu avec son envoyé officieux.

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