Mémoire de 1780, fo
7. Les baux à forfait pour l'entretien ordinaire en 1780 s'élèvent à 36.750 livres et les réparations extraordinaires de 20 à 25.000 livres. cf) Mémoire de 1780, fo 38.
Hice de l'effort et des dépenses des quinze ou vingt dernières années sera presque entièrement perdu !.
Dans l'ensemble, l'économie du pays a été assez peu modifiée depuis le XVII siècle, Malgré des transformations indéniables, la prédominance de l'agriculture et de rapport étroit qui existe entre l'industrie et les produits du sol sont aussi apparents aujourd'hui dans le Vivarais qu'à la fin de l’ancien régime. Si le commerce est devenu plus actif, il le doit surtout à la facilité plus grande des communications.
IT
C'est dans le régime administratif que la Révolution a marqué Je plus fortement le pays de son empreinte. Par désir d’uniformité et par besoin de simplification, elle a si bien fait table rase du passé qu'il est difficile de retrouver dans l'organisation actuelle quelques traces et vestiges de l’ancienne administration.
Celle-ci était d’ailleurs assez complexe. Le Vivarais ne constitue pas une véritable province. Depuis le moyen-âge, ettoujours un peu à contre-cœur, il est incorporé au Languedoc et relève de la généralité de Montpellier. C'est l'intendant qui par lui-même ou par ses ‘subdélégués de Tournon et d'Aubenas a la haute main sur son administration. Ce sont les Etats de Languedoc qui fixent sa quote-part d'impôts et trop souvent à son gré interviennent dans ses affaires.
Pour soutenir ses intérêts particuliers et prendre sa part des charges communes, le Vivarais délègue chaque année quatre représentants à l'Assemblée des Etats-Généraux de Languedoc ; le syndic du pays, l'évêque de Viviers pour le clerg5, le baron de Tour, réputé premier baron ? de Languedoc, pour la noblesse, et le consul de la ville en tour pour le Tiers-Etat.
Sa subordination au Languedoc n’est cependant pas si étroite que son administration particulière ne se distingne de celle des autres diocèses de la province par quelques traits originaux.
Il a gardé ses Etats dont il est très fier, car, malgré les vices de leur organisation, ils assurent la défense de ses droits, sauvegardent ses intérêts et maintiennent dans le pays un peu de vie politique. Ils ont cette particularité de ne grouper que les représen-
1. « Ces diverses routes sont la plupart devenues aujoura’hui impraticables ». .cf) Annuaire de l'an 11 p. 55.
2. Histoire générale de Languedoc. liv. XLII Ed. Privat T. XI p. 912. Séance des Etats de Languedoc à Pezenas en 1612. On fixe que le baron de tour du Vivarais sera le premier et le baron de tour du Gévaudan le second.
tants des deux ordres de la noblesse et du Tiers-Etat. Le clergé: n'est pas représenté !, Seul, l'évêque de Viviers envoie son bailli, ordinairement son vicaire général, qui pour être reçu siège non pas comme délégué de l’évêque, mais comme bailli de Viviers ?.
La noblesse d’ailleurs n'intervient en aucune facon dans le choix de ses délégués. Seules 14 baronnies du pays donnent entrée aux Etats particuliers du Vivarais. Et encore, à part le président de l'assemblée qui peut siéger en personne, les titulaires des baronnies sont d’après un usage immémorial et qui fait autorité, rempla-cés par leurs baillis ou leurs baïles *, qui peuvent même céder la place à des lieutenants.
De ces 14 baronnies, 12 à tour de rôle * permettent à leurs propriétaires ou à leurs baiïllis de prendre part aux délibérations des Etats-Généraux de Languedoc. Les deux autres, celles de Pradelles et de Lagorce,assistent seulement aux Etats de Vivarais.
Le Tiers est représenté par les délégués de treize villes qui envoient d'ordinaire leur consul, mais peuvent désigner tel autre personnage qui leur agrée, la seule condition requise par l'usage est que le mandataire sache écrire ?. De ces 13 villes, 8 seulement Sont accès aux Etats de Langucdoc dans les mêmes conditions que les baronnies de Tour. C'est ce privilège qui leur vaut l'honneur exclu-sif, quelle que soit leur importance, d'être réputées villes principales du Vivarais, honneur qui est refusé à des centres comme Privas et Aubenas au profit de deux humbles villages : Montlor et Bou-logne ï.
1. Réclamations des cahiers du clergé d'Annonay et Villeneuve-de- Berg. — Arch. dép. Ardèche B 142 et B 145.
2. cf) Le Sourd. Essai sur les Etats de Vivarais, p. 68, 69 et 70.
3 Le nom de bailli est en général réservé aux baronnies de tour et celui de de baile aux deux baronnies de Lagorce et de Pradelles.
4. Au XVIII siècle, les baronnies de Tour étaient : Voguë, Aubenas, Crussol, Montlor, Lavoulte, Tournon, Largentière, Boulogne, Joyeuse, Chalencon, St- Remèze et Annonay.