Mémoire de Champanhet, Fonds Mazon. chr
3. Boissin, « Les camps de Jalès » p.51, donne les noms des principaux assistants.
pas devant la perspective d'un véritable soulèvement. Or, ce même jour, se produisait l’échauffourée d'Uzès. Des rixes sanglantes, dont l'origine est assez confuse et fort diversement rapportée, ! mirent aux prises catholiques et protestants, aristocrates et patriotes, pendant deux jours. De nombreux habitants, croyant leur vie en danger, quittèrent la ville et se répandirent dans le pays, semant partout l'alarme et l'inquiétude.
Dès le 16 février, 116 fugitifs, criant vengeance, traversent Barjac etse dirigent sur Berrias. ? On en signale d’autres encore à Bourg- St-Andéol 3 et dans tous les cantons limitrophes du Gard. La nouvelle se propagea, comme une traînée de poudre, que les catholiques d'Uzès, victimes de l'intolérance protestante, imploraient l'aide et la protection de leurs frères du Vivarais. Le soir même, Malbosc, qui, dans la journée, s'était déjà entretenu à Joyeuse de ces évènements avec les administrateurs du Tanargue, leur écrit pour leur signaler l’arrivée inattendue des « 120 émigrants catholiques ronains d'Uzès » et solliciter des ordres sur la conduite à tenir à leur égard. Il annonce en même temps que le clergé a été, lui aussi, obligé de fuir et que « Fabbé la Molette s'est évadé, déguisé en grenadier. » # Toute la journée du lendemain, les lettres se multiplient et s’entrecroisent entre le comité, les administrateurs et les municipalités. |
Le 17 au matin, l'abbé Pautun et Chalmeton d'Uzès sont à Berrias. [ls protestent contre les bruits de massacre qui courent dans toute la région, ils assurent que leurs concitoyens n’ont rien ‘à craindre et les engagent, dans un bien de paix, à rejoindre leur cité, pour ne pas prolonger l'agitation. Le district du Tanargue donne lui aussi des renseignements rassurants ÿ que contredisent énergiquement les réfugiés. Lasituation est critique. Les paysans de Bannes et des environs redoutent déjà une incursion des bandes- calvinistes du Gard etla minorité protestante du Vivarais tremble devant
1. ct) Précis historique des évènements qui se sont passés dans l'Ardèche et le Gard du 14 au 18 février 1791. Nîmes 1791, in. 8, 36 p. arch Ard. L313. Pontecoulant. Histoire des révolutions d'Uzès et de Nîmes, 1826, p 174-184. Dampmartin. Evènements qui se sont passés sous mes yeux. Berlin, 1.799, 2 vol. T. I. P. 195. E. Vingtrinnier. La contre-révolution T. II p. 338-339.
4. Lettre de Barjac au directoire du département du Gard. cf) Vingtrinnier [DATE p5 20:
3. Le 18 février, Bourg-St-Andéol écrit à St Just que le 16 février « une troupe de 200 jeunes gens » disant venir d'Uzès passa à Bourg. Arch. nat. DXXIX 1.
4. Lettre de Malbosc du 16 février à 7 h. du soir, Arch. nat. DXXIN 1.
5. Lettres de Malbosc du 16 février à minuit et du 17 à 9 h. du matin. Ibidem
les menaces de représailles. Les gardes nationales du canton « sont sur pied et veillent à la sûreté publique. » Dans chaque village, on s'arme rapidement et plusieurs centaines de délégués des paroisses, officiers municipaux et chefs de légion, que, dès le 13 février, Malbosc avait fait pressentir pour une nouvelle assemblée, affluent à Berrias pour se concerter avec le Comité. !
À une heure de l'après-midi, Malbosc les réunit dans l'église pendant que, sous prétexte de protection, il fait enfermer chez son frère Dautun et Chalmeton. ?. L'assemblée fut des plus tumultueuses, les motions les plus inconsidérées et les plus incendiaires furent préconisées par les fugitifs, avides de vengeance, et favorablement accueillies par les assistants. Sur la nouvelle que les émissaires envoyés à Uzès pour prendre des renseignements ont été arrêtés par les protestants, on réclame le désarmement immédiat de tous les calvinistes de la région et on parle de porter la terreur et le pillage chez leurs coreligionnaires du Vaunage, de la Gardonnenque et d'Uzès. * Quelques exaltés proposent de marcher sur Pont- St-Esprit, * Nimes, et de soulever tout le pays.
Après des débats fort orageux, l'assemblée décide, * et le résultat en est aussitôt proclamé sur la place publique, de venir au secours des émigrés d'Uzès et de les répartir dans les diverses communes du canton de Bannes et des cantons voisins. Un cordon militaire sera établi pour s'opposer à toute incursion des réformés du Gard, depuis St-Sauveur jusqu’à Sampzon, et tenir en échec celui formé, dit-on, par les huguenots, sur le chemin d'Uzès. Le commandement en est confié à Sauveplane cadet, de Chabannes et Nadal ;et, pour bien montrer qu'il ne s’agit que de pourvoir à sa sécurité et qu’il n’est pas question de représailles, on invite même les non-catholiques à y prendre part ou, au moins, à suivre l'exemple des Vanset à déposer volontairement leurs armes. 5 Enfin, on con-