‹ La Révolution dans l'ArdècheChapitre 152 sur 396 · cf) Nombreux interrogatoires. Arch. nat. K · texte numérisé non relu

cf) Nombreux interrogatoires. Arch. nat. K

3. Ibidem. Interrogatoire de Roux et rapport du 24 février 1791. 4. cf) Rapport du 24 février.

ques. Ï a partagé leurs inquiétudes et leurs appréhensions sur les menées des protestants et les décrets de l’Assemblée nationale. Mais, s'il y eut des excès, désormais tout est rentré dans l'ordre ; la fédération devient sans objet et les gardes nationaux n’ont plus qu'à rejoindre leurs foyers. « Ne donnons pas le funeste exemple d'une révolte armée que ne justifierait aucun motif... S'il arrivait que vos mandataires voulussent outrepasser leurs pouvoirs et flétrir le trône et l'autel, vous me verriez vous rassembler de nouveau et marcher à votre têle » !.

Les paysans hésitent encore. Quelques fanatiques essaient de ranimer les courages défaillants. Ils produisent de prétendues lettres de catholiques, en danger d’être massacrés par les protestants ?. Des coups de fusil sont tirés sur les milices urbaines qui prennent le chemin du retour ?: Mais, malgré les efforts des réfugiés d'Uzès #, la ville de St-Ambroix et la vallée de la Cèze se vident de troupes dans la soirée du 22 février. Il ne reste que quelques compagnies qui, désemparées, achèveront de se disperser à la faveur de la nuit ®. [l en est de même des camps de réserve de Lalevade de Prades © et de Laurac. Seuls, les fédérés groupés à Barjac, sous l’énergique commandement de La Molette et d'Alexandre Allier, se maintiennent à leur poste.

Pendant que la fédération se débattait ainsi dans les pires difficultés, les autorités des départements menacés prenaient de rapides et énergiques mesures de salut publie. Devant la fermentation générale et l'impossibilité matérielle d’endiguer le flot des gardes nationales qui dévalent sur Jalès, le directoire de l'Ardèche se hâte de recruter des troupes. Mais il n'ose pas, malgré la gravité des évènements, faire appel aux gardes nationales du Vivarais. Il serait

1. Le discours est rapporté avec plus ou moins d’exactitude par Andéol Vincent dans & Histoire des guerres du Vivarais », p. 41. Privas, 1817, in-8.

2. cf) Interrogatoires. Arch. nat. F7 4423. L’encre encore fraîche révèle la fraude.

3 Ibidem....

4. Daudet, p. 96, éerit : & Le colonel de la légion d'Aubenas, qui voulait passer outre, le maire de Joyeuse, qui invoquait l'arrêté du directoire départemental, furent violemment menacés. » Le maire de Joyeuse ne parut pas à la fédération. cf) Délibérations municipales de Joyeuse 22 et 23 février. Fonds Mazon F. 12.

5. Le rapport de Chastanier, Roger et Roux‘concelut : « La patrie fut sauvée, les complots des contre révolutionnaires dissipés. » :

6. Le camp de Lalevade était commandé par Durand de Thueyts et celui de de Laurac par de Fagès-Lachamp. Ils ne groupèrent chacun que quelques centaines d'hommes.

imprudent, en raison de leur état d'esprit, de compter sur leur fidélité pour combattre efficacement les forces catholiques groupées à St-Ambroix et à Barjac. Comme il ne peut disposer que de 200 hommes de ligne !, émiettés en poussière de détachements, il envoie, dès le 19 février, un courrier extraordinaire au roi, pour solliciter des renforts et dénoncer le nouveau rassemblement à l'Assemblée nationale. Bruyère et Dalmas partent, le 21 février à 1 heure du matin, pour demander d'urgence à la Drôme le bataillon de Montélimar et quatre canons de la citadelle de Valence ?.

Le département du Gard fait preuve encore de plus de décision et d'activité dans l'organisation d'une armée de défense. Il était mieux fourni, ilest vrai, en troupes de ligne et surtout il pouvait se reposer en toute sécurité sur le loyalisme de la plupart des milices du pays. Dès le premier jour, il donne l'alarme aux villes voisines. Valence lui fournit des canonniers pour servir l'artillerie de Pont-St-Esprit, Montélimar lui envoie une compagnie du Soissonnais, Tarascon, une du Lyonnais, Marseille, Aix et même Lyon Jui promettent des renforts *.

A Alais, des Ours Mandajors, en amaigamant les milices aux troupes régulières, forine un corps de 3.000 hommes {. Il avait encore à sa disposition deux compagnies du régiment de Roussillon, sous le commandement du comte de Saillans. Mais, quoiqu'il ne dût rompre que plus tard avec la Révolution, Saillans était déjà suspect à Mandajors qui refuse son concours ?. Pont-St-Esprit, plus exposé qu'Alais à un coup de main des factieux, accueille un fort contingent de volontaires du Gard, de la Drôme, du Vaucluse et inême de l'Ardèche 6 el, avec des éléments du régiment de Bresse, organise une légion de plus de 2.000 hommes sous les ordres de Legrand 7. À Nimes enfin, Albignac, commandant en chef des opérations, réunit d'importants effectifs renforcés par de l'artillerie.

1. Délibération du directoire du 20 février. Arch. Ard L 120.

2, Délibérations du 19 et 20 février ; Arch. ard. L 120. *

3. Rapport d’Albignac au ministre de la guerre, ? n'ars 1791 cité par Vingttrinnier. La contre-révolution T. 2 p 355, et lettre du département du Gard.lue à la séance du 1° mars par Voulland. Réimpr. de l'Ancien Moniteur T.7 p 516-517.

4. Les chiffres sont fort imprécis et, suivant les documents, varient du simple au double.

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