Arch. nat. Ba
gère pas en évaluant à près de 4.000.000 de livres ! les sommes que le peuple du Vivarais versait dans les coffres du roi ou de la province? à la veille dela Révolution.
Le chiffre des charges paroissiales est plus difficile à déterminer. Leur objet était de pourvoir aux dépenses locales : entretien et réparation des édifices municipaux : maison commune, élôstre, église, place couverte... gages du maître d'école, traitement du greffier, du valet de ville. Souvent même il fallait compléter la congrue du curéet du vicaire, pourvoir à leur logement, entretenir la lampe du sanctuaire quand ces frais du culte, comme il arrivait fréquemment, n'étaient pas intégralement payés par les collecteurs de la dime.*
Ces frais divers étaient fort variables d’une paroisse à l’autre, D'une manière générale, le budget municipal était proportionnellement plus élevé dans les villes ou centres importants que dans les petites communautés de campagne. Le relevé des impôts particuliers des paroisses nettement rurales montre bien que sur ce point les paysans poussaient l'économie jusqu’à la plus extrême parcimonie.t C'est ainsi que St Victor réserve 228 livres pour les dépenses locales sur un total de 6.542, St Félicien 193 sur 5.421 ; Colombier # 159 sur 3.000.
Les redevances. féodales et la dime constituaient une charge bien autrement lourde. Les premières étaient rarement perçues en argent ; mais elles exaspéraient le paysan par leur variété et leur nombre’ et parfois le ruinaient. Nous savons, en effet, pour ne citer qu'un exemple, que d’Antraigues dont les revenus de 1780 1790 s'élevaient annuellement à 38.068 livres ne recevait pas
1. Le Vivarais payait le septième des-charges du Languedoc. Arch. nat. Ba 85.
2. Tous les versements étaient faits au trésorier de la bourse de Languedoc. Cf) Le Sourd op. cit. p. 196.
3. A Largentière en 1788, la dîme ne rapporte que 5 à 600 livres. C’est à la communauté à compléter. Elle refuse de faire le traitement des Vicaires en 1788 cf) Mazon. Revue du Vivarais 15-3-1903.
4) Dans les campagnes, les charges locales vers1788 ne dépassent guère 4 à 6% du total des impôts royaux et provinciaux. Les frais de perception, calculés ordinairement sur le pied de 10 deniers'par livre, eontribuaient à grever cetotal de 4 %.