bidem.:.. Lettre de Baron du 12 octobre
7. Procès-verbal de la société populaire d’Annonay du {3 octobre 1791, cité par Rostaing. p. 148
heureux des curés constitutionnels », et cependant sa situation n'est ni meilleure, ni pire que celle de la plupart des intrus.
À Valgorge, Déroudilhe est traité de Judas et de Jean Foutre. Le tribunal condamne bien à la prison et à l'amende les plus compromis de ses paroïissiens, mais, pour sévère que soit le jugement, il n'a pas le don de concilier au curé beaucoup de sympathies !. A Annonay, Seguin est poursuivi au cri de Caracaca ou Coquerico, par allusion au chant du coq qui rappelle à St Pierre le reniement prédit par son maître *.
Devant l'hostilité générale des fidèles, les intrus en sont réduits à faire société avec les pires éléments de la population, qui, d’ailleurs, ne les respectent guère et cherchent à les abaisser à leur niveau. Au début, ces amis politiques viennent à la messe et, dans leur ardeur patriotique, veulent contraindre leurs concitoyens à y assister. Le maire de Prades chasse les institutrices des petites écoles, qui ont déelaré que leur conscience ne leur permettait pas cette démarche, et empêche un malade de s'adresser à un réfractaire pour la confession 3. Mais, si leur zèle est actif lorsqu'il s'agit de brimer des adversaires, leur dévotion se lasse vite et bientôt le curé reste seul, abandonnéde tous. Le département, inquiet des conséquences que peut avoir le refus des parents de faire baptiser leurs enfants par des pasteursqu'ils méprisent, crée, dès le mois de novembre 1791, tunétat civil indépendant de l'Eglise. C'était une nouvelle humiliation pour les constitutionnels et ies intrus, ainsi dépouillés du prestige d'officier d'état civil.
Bientôt même, non seulement on reste sourd à leurs réclamations, mais les représentants de l'autorité, qui, en leur for interne, ont peu de sympathie pour eux et qui aspirent à la tranquillité, leur infligent encore de cinglantes leçons. Les commissaires envoyés à St Alban d'Ay pour faire une enquête sur les évènements du 8 octobre s'empressent de déclarer qu'on a exagéré les faits : «les uns parce qu'ilsavaient peur, les autres pour faire peur », et leur rapport se lermine parun affront à l'adresse de Baron. Ils demandent qu'on lui écrive que, « quoique la force publique soit tou-